Tome IV
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Fig. 1560. — École militaire, à Paris. — Façade principale.
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Fig. 1561. — École militaire, à Paris. — Coupe transversale.
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Fig. 1562. — École militaire, à Paris. — Coupe longitudinale.
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sous l'ancienne monarchie le recrutement des officiers. Mais en la voyant ainsi, dégagez-la par la pensée de tout ce qui est venu la surcharger et l'étouffer, concevez-la avec son Champ-de-Mars qui en était le complément pour l'instruction, et vous en rapporterez une impression analogue à celle que j'ai cherché a vous produire à propos des Invalides. Par sa destination, l'École militaire devait être le monument le plus aristocratique de l'architecture militaire : il est noble sans apparat, il est grandiose, mais il est simple et sévère.
Je vous ai parlé plus haut de la caserne, â propos de l'habitation collective, et vous ai fait voir comment se dispose un pavillon de casernement : sécurité, hygiène, et rapidité de mouvements, voilà ce qu'on y cherche avant tout. Quant à la composition d'ensemble, elle sera évidemment subordonnée à l'emplacement, aux niveaux, à la dépense aussi. On peut cependant indiquer quelques prescriptions qui sont toujours applicables. La caserne n'a en général qu'une entrée, accompagnée de bâtiments pour corps de garde, plantons, casernier. La surveillance y doit être partout facile. Ordinairement, les bâtiments de casernement, consistant autant que possible en pavillons séparés, sont répartis autour d'une- grande cour, aussi vaste que l'espace le permet, où se font les exercices, les revues d'inspection, etc. Dans les casernes de cavalerie, on évite de superposer les chambrées aux écuries, et même d'y annexer les dépôts de fourrages; on préfère avoir des bâtiments distincts pour ces trois destinations : logement des hommes, écuries, fourrages. Clarté partout, surveillance partout; et aussi, sécurité extérieure. Parmi les soldats, il y a des indisciplinés : il ne faut pas que, la nuit par exemple, on puisse remplacer la sortie par la porte bien gardée par une évasion que faciliterait un mur trop bas. Il vaut mieux aussi que les fenêtres
Éléments et Théorie de V Architecture. — IV. 8
ne s'ouvrent pas directement sur la voie publique : les colloques avec l'extérieur sont toujours regrettables, surtout lorsque dans un moment de troubles les troupes sont consignées. Aussi, sans être astreinte à un programme aussi rigoureux que la prison, la caserne doit, elle aussi, se soustraire aux communications extérieures ; le chemin de ronde et de sérieux murs de clôture y sont fort utiles; d'ailleurs, la caserne doit être à l'abri d'un coup de main, et parmi les moyens d'attaque il faut compter l'incendie, rendu plus facile par la contiguïté des bâtiments et de la voie publique.
En général, les officiers n'habitent pas la caserne, ils y ont seulement quelques salles pour le rapport et le séjour temporaire. Cependant, dans les casernes de sapeurs-pompiers, les officiers doivent trouver eux aussi le logement, afin d'être à toute heure prêts à courir au feu. Cette habitation comporte des appartements disposés, quand faire se peut, dans un pavillon spécial. Telle est, par exemple, la caserne des pompiers de la rue Carpeaux, à Paris (fig. 1563 et 1564).
Dans certains corps, tels que la garde de Paris, les sous-officiers et soldats mariés trouvent à la caserne même le logement de leur modeste ménage. Ce sont de petits logements de deux à trois pièces, suivant le grade ou le nombre d'enfants, et bien entendu on cherche à les grouper dans un même bâtiment, avec des accès faciles depuis l'entrée de la caserne.
Quant aux casernes blindées, casemates, etc., cela relève entièrement de la fortification. Je n'ai pas à traiter ici ce sujet.
Par l'uniformité même du programme, la caserne se prêtait à la conception théorique du type, qui d'ailleurs est bien une idée militaire. Ses éléments même sont prévus comme chose invariable, et l'officier du génie les trouve tout cotés dans son carnet. Il va sans dire cependant que bien des circonstances,
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'ig. 1563. — Caserne des pompiers de la rue C.irpe.iux, à Paris. /
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Fig. 1564. — Caserne des pompiers de la rue Carpeaux, à Paris.
configuration et superficie du terrain, nivellements, voisinages, peuvent faire varier ces compositions. Je crois utile néanmoins de vous montrer — à toutes fins utiles — ce qu'est le type de
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Fig. 1565. — Caserne d'un régiment de cavalerie (type de génie).
1, corps de garde. — 2, casernier. — 3, casernement des hommes. — 4, écurie dock pour 84 chevaux. — 5, écurie dock pour 224 chevaux. — 6, cantine. — 7, cuisine. — 8, réfectoire. — 9, fourrages et sellerie. — 10, magasin et atelier.
— n, infirmerie. — 12, latrines. — 13, punitions. — 14, chevaux blessés. — 15, manège. — ié, hangar aux voitures.
— 17, hangar. — 18, forge. — 19, hangar aux opérations. — 20, chevaux contagieux. — 21, pharmacie. — 22, abreuvoir.
la caserne la plus compliquée, celle d'un régiment de cavalerie
Ici, comme pour l'architecture hospitalière, la plus rigoureuse simplicité est indispensable; elle n'est pas exclusive de l'idée d'art. Art et somptuosité ne sont pas nécessairement synonymes; architecture et économie ne sont pas des termes inconciliables, il s'en faut ; et je vous ai montré, à propos de la prison Mazas, comment un artiste loyal a pu sur ce programme, en res-
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tant dans la simplicité la plus absolue, donner à son œuvre un caractère que ne lui aurait jamais donné un constructeur autre qu'un artiste, créer ainsi un modèle et un type. Pour l'architecture militaire, il faut comprendre aussi que l'économie est la règle absolue. Aujourd'hui, les établissements militaires forment un ensemble énorme, et les dépenses militaires sont pour la nation un fardeau excessif. L'exagérer serait un crime, et dans ces programmes, s'il faut tout ce qu'il faut, il ne faut rien de plus. Qu'il s'agisse de casernes, de magasins, d'arsenaux, les exigences sont précises, le but doit toujours être la solution du programme avec le moindre effort. Croyez bien que cette loyauté de l'artiste peut et doit être récompensée par le caractère de l'œuvre. Nous pouvons faire l'architecture militaire aussi simplement — plus simplement — que n'importe qui, et avec plus d'expérience. Et c'est un beau programme, croyez-le bien, que celui qui se prête à l'affirmation d'un caractère aussi nettement déterminé, à des solutions modernes qui sont encore à trouver, et que l'artiste seul peut trouver dans sa loyauté et son dévouement.