HABITATION LA CHAMBRE AVANT L'ARCHITECTURE MODERNE
SOMMAIRE. — Origine. — La chambre dans l'antiquité. — Maison grecque, romaine, gréco-romaine. — Pompéi. — La chambre au Moyen-âge — à la Renaissance.
La première habitation fut, dit-on, la caverne; puis la hutte, la cabane : tout cela c'est l'abri primitif. La maison, si simple qu'elle soit, appartient à une civilisation déjà supérieure. Mais son but reste avant tout l'abri, l'habitation de famille. Si elle sert aussi à la réception, ce n'est pas son objet principal : elle a été le foyer où, de père en fils, on naissait, on vivait, on mourait; nos mœurs ne s'accommodent plus guère peut-être de cette pérennité ni de ce culte antique de la maison paternelle. Il est permis de le regretter. Mais, que nous habitions une maison de famille ou une maison banale, les éléments n'en varieront que par la poésie des souvenirs : matériellement, ils seront les mêmes. Et tout d'abord, nous trouverons le foyer intime, le premier organe de l'habitation : la chambre.
Je ne vous ferai pas son histoire, ce n'est pas mon rôle : si vous voulez d'ailleurs étudier ce vaste sujet à travers les siècles, Hsez le livre attrayant de Ch. Garnier et Amman, L'Habitation
humaine. Mais pour vous montrer cependant quel est le point de départ et quels progrés ont été réalisés par l'architecture, permettez-moi de vous lire ces quelques passages de YOdyssée, qui vous donneront une idée de l'habitation d'un roi de peuplade grecque au temps de la guerre de Troie :
Ulysse est revenu à Ithaque, dans sa maison, et il vient d'y massacrer les prétendants. Cependant, est-ce bien Ulysse ? Telle est la question que se pose encore la prudente Pénélope avant de reprendre cette vie commune interrompue depuis vingt ans. Et alors elle lui tend un piège :
« ... Va, Eurykléia, étends hors de la chambre nuptiale le lit compact qu'Odysseus a construit lui-même, et jette sur le lit dressé des tapis, des peaux et des couvertures splendides.
« Elle parla ainsi, éprouvant son mari; mais Odysseus irrité dit à sa femme douée de prudence :
« O femme ! quelle triste parole as-tu dite ? Qui donc a transporté mon lit ? Aucun homme vivant, même plein de jeunesse, n'a pu, à moins qu'un Dieu lui soit venu en aide, le transporter et même le mouvoir aisément. Et le travail de* ce lit est un signe certain, car je l'ai fait moi-même sans aucun autre. Il y avait, dans l'enclos de la cour, un ohvier au large feuillage, verdoyant et plus épais qu'une colonne. Tout autour, je bâtis ma chambre nuptiale avec de lourdes pierres : je mis un toit dessus, et je la fermai de portes solides et compactes. Puis je coupai les rameaux feuillus et pendants de l'olivier, et je tranchai audessus des racines le tronc de l'olivier, et je le polis soigneusement avec l'airain en m'aidant du cordeau. Et l'ayant troué avec une tarière, j'en fis la base du lit que je construisis audessus, et que j'ornai d'or, d'argent et d'ivoire, et je tendis au fond la peau pourprée et splendide d'un bœuf.... » ÇOdyssée, Rhapsodie XXIII, traduction de Leconte de Lisle.)
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Vous voyez qu'il ne faut pas se figurer les palais des premiers Grecs avec les interprétations de la poésie ou de la peinture des derniers siècles. Ils devaient plutôt être analogues à ces métairies des rois mérovingiens, constructions rurales dans une enceinte palissadée.
Vous n'ignorez pas d'ailleurs que chez les Grecs, les femmes habitaient une partie retirée de la maison, le gynécée, prélude du Jxirem musulman. Vous voyez donc combien les mœurs différaient des nôtres, et quelle erreur ce serait de chercher dans la maison grecque une inspiration directe pour notre habitation.
Nous connaissons bien peu d'ailleurs la maison des Grecs au temps de leur splendeur. Que pouvait être la maison de Périclés ou celle d'Aspasie ? Je l'ignore absolument; on sait seulement que même pendant ce grand siècle, l'habitation resta modeste et conserva ce double caractère de la maison hellénique : la vie à l'intérieur, dans une maison, qui, du dehors, ne présentait qu'une porte dans un mur; et la réclusion de la femme dans le gynécée. Et ce mot de réclusion n'a rien d'exagéré; on sait par des fragments de comédie que le mari sortant enfermait sa femme en cadenassant la porte unique du gynécée; il en faisait autant le soir, et — bien mieux — les plus raffinés défendaient cette porte par une bande de toile fixée par deux cachets. La femme était ainsi mise sous scellés.
Autant qu'on peut le conjecturer, les diverses parties de la maison grecque ouvraient toujours sur une cour; à droite et à gauche les pièces de service et de provisions, ou encore les écuries et étables, porcheries, etc.; au fond, les quelques pièces — ordinairement trois — à l'usage du maître ; au premier étage, le gynécée; cet étage seul avait quelques fenêtres ouvrant sur la façade.
Quant aux chambres, qui nous occupent plus spécialement
en ce moment, ce n'étaient que des compartiments, très petits, sans communication avec quoi que ce soit autre que la cour, et pour aération et éclairage la porte seule que sans doute on ne fermait pas; il est d'ailleurs probable que, comme les Athéniens modernes, les anciens Grecs allaient pendant la plus grande partie de l'année dormir en plein air sur leurs terrasses. De tout cela, il ne reste que des vestiges trop incertains pour que je puisse vous présenter des plans qui ne soient pas purement hypothétiques.
^ Avec le monde romain, le programme change un peu : la
femme est plus libre. Mais la maison romaine est d'abord la maison étrusque : on entre dans Yatriitm, ensemble de la partie en quelque sorte publique de la maison. Au centre est le cava:dium, salle hypétre, qui sert à tout : réception, cuisine, boulangerie, salle à manger, oratoire. Le cavoedium est recouvert par quatre pans de toitures, formant une pyramide tronquée dont le sommet est en bas; le centre est une ouverture carrée à ciel ouvert, dite compluvium, au-dessous de laquelle est V impluvium, ■ bassin recevant l'eau de la pluie, et souvent unique ressource de la maison comme approvisionnement d'eau. De chaque côté du cavœdium les pièces de service, au fond les pièces du maître, et aussi retirées que possible celles de la mère de famille, de ses filles et de ses esclaves.
Cela c'est la maison primitive; puis vient l'influence grecque, le goût du bien-être et du luxe, et alors apparaît la maison grécoromaine dont nous avons à Pompéi de si intéressants exemples, en premier lieu peut-être la maison de Pansa dont je vous ai déjà montré le plan (vol. I, fig. 36) et dont je vous donne ici la coupe (fig. 542). J'y joins encore un fragment du plan de Rome antique, gravé en marbre et conservé au Capitole, qui
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montre bien que les maisons romaines et celles de Pompéi étaient identiques (fig. 543).
Vous pouvez d'ailleurs le comparer aux nombreux plans que vous trouverez dans l'ouvrage de Mazois.
Le vieil atrium avec son cava'dium, soit toscan, soit tétrastyle (je vous dirai plus tard le sens de ces appellations) subsiste toujours à l'entrée de la maison, avec ses pièces de service; au fond est le tahlinum ou sorte de salon de réception ouvert sur le cava'dium, dont on peut l'isoler par des rideaux; puis derrière tout cela, la cour grecque, le péristyle réservé à l'intimité. Là est le grand luxe de la maison, et là est l'habitation véritable : car, vous le voyez, il y a dans la maison de Pompéi deux parties bien tranchées : la réception et l'intimité. De V atrium (réception) on passe au péristyle (intimité) par le tablinum et par des corridors de service, et c'est autour du péristyle que nous trouvons les chambres.
Eh bien, ces chambres, c'est encore le compartiment, la cellule sans fenêtre, où il y a la place d'un lit et d'un coffre qui sert à la fois d'armoire et de siège. Les chambres sont
souvent nombreuses, les riches Romains ne concevant pas comme nous la chambre à divers usages. Ils avaient la chambre pour coucher, la chambre pour se vêtir, peut-être la chambre aux chaussures, etc.
Il est vraiment curieux de voir combien à certains égards cette civilisation romaine, dont nous procédons sous tant de rapports, était différente de la nôtre. Si je me laissais aller à
causer avec vous de ce su-
F'g. 543' — Fragment du plan antique de Rome.
jet très intéressant, je vous montrerais ces chambres avec leurs murs nus, leurs carrelages froids ; la cheminée inconnue, et le brasero Ip>^'^'^ seul permettant de réchauffer un peu ces chambres, au prix de quelles émana-
tions délétères, vous pouvez l'imaginer; la vitre, objet de luxe princier : et que faire pour l'habitation sans la vitre ? Vous verriez ces chambres sans aucune dépendance; et si à Pompéi on a trouvé des cabinets d'aisances, savez-vous bien où ? Dans la cuisine, au moyen d'une simple niche, où l'on ne pouvait même pas s'isoler. Il est probable d'ailleurs que ce n'étaient que .wV' de simples déversoirs d'immondices, où venaient se vider des """"^ ^jM^ vases portatifs, comme ceux qui suffisent encore aux Napolitains de la vieille roche. »l^i*e M '>Jji*i'
Si donc tout cela est curieux historiquement, curieux aussi au point de vue philosophique en nous montrant combien ces époques si raffinées sous certains rapports — la table notamment — étaient restées primitives à certains autres égards, cela ne nous offie rien d'autre part qui puisse être utilisé comme
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théorie de l'habitation moderne; je dois donc laisser de côté ces études plutôt historiques, afin de chercher avec vous ce qui peut nous donner des indications utiles pour la solution de nos programmes tels que les siècles les ont faits.
Mais voyez cependant l'influence des cléments de construction ; nous constatons ici des mœurs et surtout des habitudes à
Fig. 544. — Chambres de la Tour de l'Abreuvoir, à Guérande.
l'opposé des nôtres, une manière de vivre que nous n'admettons pas : et cependant, je le répète, les Grecs et les Romains sont les ancêtres de notre pensée et de nos idées presque en toute chose : ce contraste étonne donc. V Mais si vous réfléchissez qu'ils ne connaissaient pas la vitre, au moins comme usage courant, tout s'explique alors, et entre un plan de Pompéi et un plan moderne, il y a certes de grandes différences de temps et de coutume, mais il y a surtout cette différence matérielle : ils ne connaissaient pas la vitre !
Au Moyen-âge, je trouverai peu de chose encore à vous
Fig. 545. — Coupe du château de Kérouzéré (Finistère).
dire à propos de la chambre. Nous la connaissons cependant beaucoup mieux que la chambre antique. Et nous y trouvons
LES ÉLÉMENTS DE LA COMPOSITION
les éléments nouveaux, la vitrerie et la cheminée : ajoutez-y, souvent, un troisième élément, des murs très épais. Je vous en montrerai deux exemples groupés, l'un tiré de la Tour de V Abreuvoir à Guérande, l'autre du château de Kérouzéré (Finistère) (fig. 544 et 545). La chambre est d'ailleurs plus grande, on sent qu'elle est une partie importante de l'habitation. Et à certains égards, elle est très bien conçue, cette chambre; mais elle subit encore les inconvénients d'une construction trop rudimentaire en ce qui concerne le bien-être et ce que nous appelons le confortable.
Dans cette chambre du Moyen-câge, souvent vaste, et dont le plan ci-joint, reproduit d'après Viollet-Leduc, vous montrera la disposition normale (fig. 546), les murs épais défendent de la chaleur ou du froid; mais les châssis de croi-
Fig 546. — Plan d'une chambre du Moycn-àge.
A, lit. B, ruelle. C, chaire. D, carreaux. E. dreuoir. F-F, bancs fixes. G, cheminée. X, armoire.
sées ferment mal; ouvrant à charnières et à un seul vantail, ils'^^^V se logent simplement en feuillure; ou bien, lorsque les croisées sont nombreuses et rapprochées, séparées parfois par de simples 'menaux, il fitut éviter les ouvertures en charnières qui encombreraient la chambre de châssis ouverts d'équerre au mur, et battant au vent. On a alors les châssis dits depuis à guillotine, divisés en deux sur la hauteur, la partie basse remontant à ^^ couHsse devant la partie haute laissée fixe. Ce système demande une manœuvre facile, et par conséquent du jeu, et ces sortes de châssis ne peuvent jamais fermer, comme nos croisées modernes, à noix et à gueule de loup.
Ajoutons que les portes de ces chambres, ouvrant en général sur des corridors ou des escaliers glacés, n'étaient guère non plus une défense sérieuse contre le froid.
Aussi le combattait-on par la cheminée, cheminée très vaste,
où s'entassaient des bûches énormes ; et certes la veillée au coin de ces feux vraiment riches devait avoir un grand charme. Mais vous savez ce qu'étaient ces cheminées :
un foyer béant au pied d'un large conduit de fumée; du feu au pied d'un mur, avec issue pour la fumée, comme on en voit un exemple très rustique dans la salle dite des chevaliers, au Mont Saint-Michel (fîg.
547); motif qui d'ailleurs a donné lieu à de très belles œuvres, entre autres la grande cheminée en pierres et briques du château de Saint-Germain (fig. 548).
Or, tout feu consomme de l'oxygène, et beaucoup lorsqu'il est vif. Il faut donc de l'air nouveau en remplacement de l'air brûlé : quoi qu'on fasse on n'échappera pas à cette loi. Et si l'air de la pièce se remplace par de l'air du dehors, qui entre en sifflant sous les portes et les fenêtres, le feu ne réchauffe pas vraiment la pièce, il ne chauffe que les objets que son rayonnement frappe directement. C'était le cas de ces cheminées primitives.
Fig. 547. — Cheminée au Mont Saint-Michel.
lig. 548. — Cheminée du château de Saint-Germain.
Et alors malgré tout, il fallait se défendre du froid ; pour cela on se tenait dans le rayon d'action de la cheminée, s'abritant du mieux possible au moyen de paravents. Les lits étaient généralement constitués par quatre colonnes et un baldaquin, avec des rideaux tout autour, non seulement pour l'ornement, mais surtout pour se défendre du froid, disons mieux du vent qui régnait
Fig. 549. — Chambre du Moyen-àge avec lit à colonnes et baldaquin. (D'après Viollet-Leduc.)
dans ces chambres (iig. 549). Le Ht était en quelque sorte une chambre close dans la chambre peu close.
La vitrerie avait eu de son côté cette conséquence immédiate : pouvant se clore et cependant voir, on a recherché la vue, le soleil ; les fenêtres des chambres se sont de préférence ouvertes sur l'extérieur, sauf dans les châteaux forts où des raisons de défense ont maintenu les chambres, souvent du moins, sur les cours intérieures. Mais en général, au Moyen-âge, toute chambre éclairée sur le dehors était moins ouverte que celles qui s'éclairaient sur des cours intérieures. Et alors, comme les murs exté-
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rieurs étaient en général les plus épais, on se tenait volontiers pour travailler ou lire dans les embrasures même des fenêtres, où des bancs étaient souvent disposés à cet effet (fig. 550).
Avec le Moyen-âge apparaît la tenture. Vous connaissez les belles tapisseries qui nous restent de cette époque, et leur nombre était prodigieux. C'est que la famille du Moyen-âge, vivant bien plus chez elle que la ûimille de l'antiquité, a cherché le bien-être sous toutes ses formes, et l'a trouvé autant que possible dans les tapisseries, sorte de vêtement intérieur de la chambre :
souvent ces tapisseries n'étaient que suspendues, et les chroniqueurs parlent parfois de tapisseries agitées par le vent. Le lambris boisé, qui ne paraît pas avoir été mis en œuvre par l'antiquité, apparaît aussi avec le Moyenâge.
C'est que, pour toutes sortes de raisons, au Moyen-âge on restait bien plus chez soi. Dans le monde antique, l'agora et le forum, la place publique, appelaient dés le matin les hommes hors de la maison, soit pour les ^'g- 55° affaires, soit pour le simple bavardage; quelque chose de ces mœurs s'est conservé dans les pays méridionaux. C'est là qu'on se rencontrait, comme ces gens qui n'ont pas de domicile et qui se rencontrent sur nos promenades. On restait chez soi pour trois choses : les repas, la sieste,
— Ëbrasement de fenêtre du Moyen-^e.
la nuit. Au Moyen-âge, les seigneurs étaient cantonnés dans leurs châteaux, quelquefois plus qu'ils ne l'auraient voulu; et quant aux bourgeois, hommes de métiers, ils exerçaient leur métier chez eux, puis le soir se réunissaient parfois entre compères chez l'un d'eux, les tavernes étant plutôt pour le menu peuple des
artisans.
Avec la première Renaissance, le programme de l'habitation ne se modifie pas très sensiblement. Si le goût est différent, le gros œuvre reste à peu de chose prés le même ; on ne trouve pas à cette époque d'invention marquante dans la disposition et la conception de l'habitation. L'expression est très différente, mais c'est toujours la chambre assez vaste avec ses châssis petits et multipHès, sa grande cheminée, devenuebeaucoup plus riche qu'au Moyen-âge, par exemple au château de Lésigny (fîg. 551), ou dans un caractère plus rustique celle du Salon de Mars à Saint- Germain (fîg. 552), ses boiseries et ses tapisseries : seulement, entre la chambre et le dehors, s'interpose parfois un portique ou loggia comme au château, aujourd'hui démoli, de Madrid, près de Paris (fig. 5 3 3-5 54)-
C'est plus tard, vers l'époque de Henri II, qu'il s'est produit
Fig. 551. — Cheminée du château de Lésigny.
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je le crois du moins — dans l'architecture française une
Fig. 552. — Cheminée du Salon de Mars, à Saint-Germain. Éléments et Théorie de l'Architecture. — II,
innovation capitale, déjà préparée en Italie : je veux dire la pratique des portes et des croisées à deux vantaux. Simple question
^ de menuiserie, dira-t-on.
Sans doute; mais la solution de cette question de menuiserie permettait la chambre de Henri II au Louvre :
vous devez voir combien subitement la chambre change
D^ir-a
Fig- 553-
■ Plan du château de Madrid, près Paris (démoli).
d'aspect avec ces grandes et larges baies au lieu de petits châssis, avec cette lumière abondante et cette belle allure intérieure. ■ Comme expression d'art, et comme solution particulière d'un programme spécial, la chambre n'avait plus de progrès à réaliser en elle-même. Mais il restait fort à faire sous le rapport de la
Fig- 554- — Élévation du château de Madrid, près Paris (démoli).
distribution générale, des communications, des dépendances. Cela resta longtemps incommode, et sous Louis XIII, Louis XIV, si nous rencontrons de très beaux exemples de chambres, nous
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ne trouvons pas d'amélioration sérieuse de l'appartement. Qu'il me suffise de vous dire qu'à Versailles, ces magnifiques appartements n'avaient pas de cabinets d'aisances : la chaise percée était la seule ressource du grand roi et de sa famille ou de ses courtisans; puis les laquais montaient cela dans les combles, d'où c'était précipité dans un abîme aussi profond que les fondations du château.
Et telle était, s'il faut en croire Mérimée, la destination réelle de ces trous profonds, qu'on vous montre dans la plupart des châteaux sous le nom d'oubliettes, à grands renforts de légendes sur les malheureux à qui elles étaient destinées : à moins encore que les deux affectations ne fussent pas contradictoires !