ENSEIGNEMENT LITTÉRAIRE
latéral et vertical.
latéral et vcnicâl.
bilatéral, unilatéral.
Littéraire .
Id.
long, II" 00 larg. 9" 00
long. Il" 00 larg. 9"" 00
unilatéral, bilatéral.
Le tracé, purement schématique, les plans de ces diverses salles (fig. 676 à 681) vous rendra compte de leur disposition, et vous en fera comprendre les motifs pratiques auxquels il faudrait cependant pouvoir ajouter ceux qui provenaient des nécessités d'une composition générale, à laquelle il faut parfois subordonner dans une certaine mesure les exigences propres d'un programme spécial.
Ainsi donc, suivant les cas, vous ferez des salles de cours semi-circulaires ou rectangulaires : d'ailleurs, vous ne vous déciderez qu'après vous être bien mis d'accord avec l'enseignement intéressé, et, laissez-moi ajouter, après vous être assuré la constatation de cet accord.
Ceci établi, quant à la forme de la salle de cours, il vous restera de nombreuses questions à résoudre.
Tout d'abord, quelle sera, dans une composition générale, la position relative de cette salle de cours?
Ici, la réponse sera toujours la même, mais c'est surtout en pensant aux cours de sciences que vous en trouverez la démonstration : il faut que l'enseignement et les auditeurs aient chacun des accès distincts. Dites-vous bien en effet qu'une disposition comme celle de l'Hémicycle de notre École (fig. 682) — qui est d'ailleurs une salle exquise — peut convenir pour des séances officielles, à la rigueur pour un cours qui n'a besoin d'aucune dépendance : et encore l'entrée des auditeurs par des portes pratiquées dans le mur auquel s'adosse l'orateur est une grande cause de trouble et de confusion. Mais si la salle de cours, comme c'est toujours le cas, doit être accompagnée de dépendances nécessaires à l'enseignement; si même, comme c'est la vérité aujourd'hui dans l'enseignement scientifique, la salle de cours n'est réellement qu'une annexe des laboratoires, vous devez comprendre l'impossibilité radicale d'un accès
LES HDlHICnS d'enseignement SUPÉRIEUR
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unique. Cela serait aussi illogique que si, dans un théâtre, le public entrait et sortait par le mur de la scène.
Ainsi donc, un accès pour les auditeurs, et à l'opposé un accès pour l'enseignement.
L'accès du professeur sera généralement facile, car sa place sera de plain-pied avec l'étage. Cette entrée aura toujours lieu par une porte latérale.
L'accès des auditeurs est plus difficile à étudier. Si la salle de cours est en gradins, comme c'est toujours le cas pour les salles
importantes, T'accès aura généralement lieu par le haut des gradins, et dés lors nécessitera des escaliers. Or, c'est une grande faute, que nous voyons souvent dans vos plans, de supposer ces escaliers dans la salle. Dans ces Fig. 682. - pun de l'hémicycle de condltlons le brult des allées et venues rÉcoiedesBeaux-Ans. ^^^ intolérablc, et il est nécessaire que
les escaliers soient en dehors des salles. Quant aux entrées des auditeurs, il est bon, si la salle est grande, qu'il y en ait plusieurs, et avec des tambours. Il faut éviter qu'un auditeur pour gagner sa place ou en sortir ait à déranger plusieurs personnes. Dans les salles rectangulaires, la meilleure disposition serait assurément celle que nous avons vue dans les classes des écoles, par petites tables de deux places. Dans les salles demi-circulaires, cette disposition ne peut être réalisée; il faut au moins que les passages soient assez nombreux pour que les rangées d'auditeurs ne soient pas très longues.
Quant à la pente des gradins, il est nécessaire pour la bien étudier de tracer une épure de coupe (fig. 683). Vous verrez par là que les premiers rangs peuvent avoir une pente peu prononcée, tandis que, à mesure qu'on s'éloigne du professeur,
LES ÉDIFICES d'eNSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
cette pente doit augmenter. La section générale sera donc courbe, et ce n'est que pour plus de simplicité que j'ai employé plus haut le mot conique. Cette courbe est nécessaire aussi bien dans les salles rectangulaires que dans les hémicycles. Dans le premier cas, elle détermine une surface réglée, qui est cylindrique; dans le second cas, c'est une surface de révolution, qui donne à peu prés l'illusion d'un cône, mais qui n'en est pas un en réalité. Vous verrez même que, avec certaines données du problème, la courbe, très rapide au sommet de l'amphithéâtre, devient tangente à l'horizontale à sa partie inférieure, et va jusqu'à se relever en approchant de l'estrade. C'est le résultat presque paradoxal qu'on obtient par l'étude précise d'un parquet de théâtre, par exemple.
... •»• • Fig. 683. — Pente de gradins.
Ainsi, et j insiste encore sur ce point, à propos de la disposition des gradins et de la coupe de salle qui en résulte, vous devez vous demander avant tout dans une salle de cours quel sera son objet visuel : professeur, tableau, table d'expériences : cette disposition en dépendra. Je veux vous citer à cet égard un exemple très curieux et très probant. A la Sorbonne, pour la chaire de physiologie, il y a une salle de cours, très petite, pour 30 ou 40 auditeurs au plus. Sa destination, c'est de faire, en présence des étudiants, des expériences de vivisection. Il faut donc, pour que la démonstration requise ait lieu, que tous les étudiants puissent voir au moment même le phénomène à démontrer, par exemple la pulsation d'une artère. Or, la distance visuelle ne peut guère
pour cela dépassser 2"^ 50. Le problème est ici bien spécial. Voici comment il a été résolu :
La salle dont je vous donne un croquis schématique de coupe (fig. 684) est circulaire ; au fond est la table sur laquelle est assujettie la victime, cette table est montée à pivot, au centre d'un petit espace circulaire, juste de la grandeur nécessaire pour recevoir cette table et l'opérateur. Un premier gradin, élevé, reçoit un premier rang d'étudiants, debout, accoudés à une
balustrade qui surplombe. Un second gradin, plus élevé, reçoit un deuxième rang d'étudiants, également debout, également accoudés à une balustrade en surplomb. Ici donc, le professeur est au fond d'un entonnoir dont les parois sont constituées par trois rangs circulaires de spectateurs, dont les têtes forment un cône très raide. Le tout est éclairé par un seul jour vertical à plomb du cercle inférieur. Disposition exceptionnelle comme le programme qui la motive : avant tout, il faut voir et voir de près : ici, on ne prend pas de notes, on regarde une opération forcément assez courte, on écrira ensuite. Rien ne peut mieux vous montrer combien à chaque variété d'enseignement doit au besoin correspondre une variété spéciale de disposition.
De même, des dispositions spéciales sont nécessaires pour les salles de cpurs où il faut montrer des expériences dont la préparation doit être immédiate : physique, chimie, etc. Autrefois, — je vous parle des cours de Pouillet, de Despretz, etc., — des garçons de salle apportaient l'objet d'expériences par une porte qui reliait la salle à un laboratoire plus ou moins voisin : s'il
Fig. 684. — .\iiiphillié.itre de vivisection.
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s'agissait de chaleur, par exemple, vous jugez combien l'expérience pouvait être compromise par le refroidissement de ce transport — à la grande joie, j'en conviens, des auditeurs pour qui une expérience manquéc était un régal de fête. Maintenant CCS amphithéâtres sont en communication immédiate par de larges parties ouvrantes avec la hotte du laboratoire de préparation, l'objet passe instantanément du laboratoire à la table de démonstration. Souvent mêrne la salle de cours a sa hotte à elle et l'expérience se prépare sous les yeux même du public. Il faut cependant un tableau noir, bien en face lui aussi du public. Rien de plus simple : le tableau est devant la hotte, il la ferme lorsque besoin est, le professeur ayant tantôt à montrer l'expérience, tantôt à écrire des formules au tableau. Pour cela, le tableau monte et descend, comme un tablier de cheminée. Si le tableau est de petites dimensions, on le manoeuvre à la main; il est équilibré par des contre- poids. Tel est celui de la salle où je parle. Si le tableau est très grand, il est mû soit par l'action hydraulique, soit par un mécanisme électrique : il suffit de presser un bouton. Il en est de même du châssis à projections. L'amphithéâtre de physique de l'École Polytechnique (V. plus haut, fîg. 672) est un exemple de cette disposition.
Je vous citerai enfin une forme particulière de salle de cours, adoptée par L. Ginain, à l'École pratique de médecine. Dans une salle demi-circulaire, il est certain que les places trop latérales, aux extrémités du diamètre parallèle à la table ou au tableau d'enseignement, ne sont pas bonnes, et que la voix y parvient mal. L'amphithéâtre dont je vous parle est donc constitué par une partie en quelque sorte angulaire, avec un mur courbe en avant du sommet de l'angle droit, et par un autre arc de cercle concentrique aux gradins (fig. 685). C'est presque l'un des cunei (coins) des théâtres antiques. Cette forme est très judicieuse.
Dans tout cela, il faut bien voir; pour bien voir, il faut que la salle soit bien éclairée. De grâce, pensez-y bien, et ne faites pas de salles de cours qui soient obscures.
Défiez-vous des plans qui enferment une salle de cours dans une opacité de bâtiments compacts. Une salle de cours est une salle qui a des fenêtres, je suis presque honteux d'avoir à vous le dire.
Comme pour les classes, l'éclairage sera unilatéral si la salle est restreinte et si sa hauteur peut être au moins les deux tiers
de sa largeur, toujours avec les fenêtres à la gauche des auditeurs. Les fenêtres doivent monter aussi haut que possible, et descendre assez bas, N-.*. :«J>'^>;~-<^4| î:.i^ V car si les appuis sont trop ^ I • '^^^f^'^^,^"'"'' r élevés, les auditeurs voisins . J î ^ y des fenêtres sont dans l'ombre
des appuis. Si la salle dépasse 7 à 8 métrés de largeur, l'éclairage bilatéral s'impose. Enfin pour les grandes salles il vous faudra le jour du haut, mais sans préjudice des fenêtres. Ainsi, pour les salles en hémicycle, il sera généralement nécessaire d'avoir un plafond vitré dans sa partie centrale, mais il y aura aussi des fenêtres. Remarquez d'ailleurs que les fenêtres sont le meilleur moyen de renouveler l'air entre les leçons. Mais cela n'empêche pas l'emploi des moyens de ventilation artificielle nécessaires pendant les leçons mêmes, surtout pour la chimie, l'anatomie, etc.
Le meilleur éclairage pour une grande salle de cours est la lumière diffuse, celle qui vient de tous les côtés à la fois : d'en haut, de droite, de gauche, d'en face. Si le soleil est momenta-
Fig. 685.
- Salle de cours de TËcole pratique de médecine.
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némcnt gênant, on peut toujours s'en défendre par des stores.
L'éclairage du soir est facile, surtout avec la lumière électrique. Des lampes nombreuses disséminées en des points multiples du plafond constituent un très bon éclairage.
Enfin, il faut à volonté pouvoir produire l'obscurité, pour certaines expériences d'optique, et pour les projections. Pour cela, les fenêtres et le plafond vitré, s'il y en a, sont munis de stores épais qui s'abaissent devant les fenêtres ou s'étalent horizontalement sous les vitrages des plafonds. Une manoeuvre électrique commande instantanément cette obturation.
ÉUmenIs cl Thiorit de l'Arcbitature. — II. t8