‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'Ecole nationale et spéciale des beaux-artsChapitre 38 sur 82 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

des toitures vitrées

par rapport

au plafond vitré

Salles françaises des xvii*et xviu* siècles.

Galerie italienne ou des Sept mètres

Je n'ai pas la prétention de dégager de ces constatations des régies chiffrées, mais seulement des indications d'expériences.

Fig. 730. — Éclairage de la Galerie italienne dite Salle des Sept mètres.

Fig. 731.

Plafond vitré et vitrage de toiture.

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Tout d'abord donc, entre le plafond vitré et le châssis de toiture, -^ il faut une hauteur assez grande pour que la lumière du soleil /^*^&^puisse en quelque sorte s'arnortir. Vous voyez que dans les t)^^ bonnes salles du Louvre, cette distance verticale varie de 4 ™ 65 à 6 "^ 50. Si la toiture vitrée est d'une grande étendue, cette distance augmentera encore : c'est le cas du Salon des Champs- Elysées. On admet en général que, de l'extrémité du plafond vitré à la naissance du châssis de toiture, il faut que l'angle A soit au moins de 45° (fig. 731), ou tout au moins que la partie de vitrage de toiture qui serait en contre-bas de cet angle de

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45° ne profite pas à l'éclairage. Il est donc inutile de descendre le vitrage plus bas. .

Les vitrages de toiture doivent être à très peu de chose prés symétriquement disposés par rapport aux plafonds vitrés. En tout cas, la dissymétrie, s'il y en a, ne doit pas projeter sur le plafond vitré un éclairage unilatéral.

La surface des vitrages de toitures doit être plus grande que celle des plafonds vitrés. Il ne semble pas que l'exagération soit ici à craindre; tandis que l'éclairage par le plafond vitré doit être localisé, celui de la toiture doit être général. L'exemple du Palais des Champs-Elysées, où le comble était entièrement vitré,i est rassurant à cet égard.

Les plafonds vitrés ne doivent pas arriver jusque contre les parois d'exposition ; les tableaux doivent être exposés sous des bandes opaques, voussures ou plafonds. ^^^"^ ' 'J

Les plafonds vitrés doivent être constitués en verre dépoli, et bien entendu sans verres de couleur.

Tout cela, je le reconnais, manque de précision : c'est que la précision n'est pas possible en pareille matière. Il y a trop d'éléments variables : le climat et par suite l'intensité de la lumière, l'orientation des salles, leur proportion, le voisinage de bâtiments plus ou moins élevés. Ici, le tâtonnement est inévitable, et il sera toujurs prudent d'expérimenter une disposition de vitrages, avant de l'arrêter définitivement. Ou, si l'on ne peut procéder ainsi, il sera sage de ménager des vitrages qui ne soient certainement pas trop petits, car si l'on peut facilement réduire des vitrages trop grands, il faudrait une démolition, pour augmenter après coup des vitrages trop petits. Dans un châssis de toiture, il sera toujours possible de substituer partiellement des couvertures opaques à la vitre; et quant aux plafonds vitrés, il serait sage de les étudier avec une disposition de cadre ou de rives

qui permette ad libitum l'emploi du verre ou de panneaux. C'est un soin d'études qui peut épargner bien des ennuis. Je ne puis vous montrer tous les exemples de musées; j'en choisirai d'abord un dont l'étude a été très sérieuse, c'est le Musée de Grenoble, construit par Questel (fig. 732, 733 et 734). Vous y verrez des salles de peintures, de sculptures, et aussi de bibliothèque, l'édifice étant destiné à ce double usage; puis le Musée très pittoresque de Toulouse, en partie installé dans les bâtiments d'un ancien couvent, dont le cloître est converti en une sorte de jardin artistique (fig.

Pour les salles à vitrines, recevant des bronzes, des orfèvreries, des médailles, des ivoires, etc., le problème serait infiniment varié. On peut dire ici que l'éclairage pourra tou-

Fig. 732. — Plan du Musée-Bibliothèque de Grenoble.

A, concierge. — B, cabinet du bibliothécaire. — C, salle de

lecture. — D, dépôt de livres. — E, bibliothèque dauphi- '„ „ '^^ T 'M ... 1

noise. - F, musée des copies. - G, bibliothèque. - JOUFS Ctre DOTi, SU eSt abOn-

H, peinture. — I, sculpture. i ».t

dant, s il pénètre partout, qu il soit d'ailleurs demandé à des fenêtres ou à des plafonds vitrés. L'analogie est assez grande avec les Musées de sculpture; toutefois il intervient dans ces salles un élément dont il fout tenir grand compte, l'ombre portée par les jouées ou les tablettes des '|^^)[^ vitrines, qui ne doivent pas être inutilement profondes.

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Mais les conditions d'exposition des objets varient ici suivant le meuble, et il n'y a pas un programme constant comme dans

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Fig. 7} 5. — Coupe du Musée-Bibliothèque de Grenoble.

Fig. 754. — Musée-Bibliothèque de Grenoble.

les salles de sculpture et de peinture. La difficulté est plutôt dans la disposition et le placement de ces meubles. On peut affirmer

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par exemple que les salles de votre École, aussi bien la salle Melpomène éclairée du haut, que les salles sur le quai, éclairées par de grandes fenêtres seraient excellentes pour des objets de vitrines, à condition que les vitrines fussent judicieusement

P'g- 73 5' — Musée de Toulouse. Plan.

Ancien couvent des Augustins. ~ i, l'église. — 2, salles voûtées. — 3, tour. — 4, grand cloître. — 5, petit cloître. CoNSï-RuCTiONS NOUVELLES DU MUSÉE. — 6, vcstibule. — 7, coticierge et administration. — 8, galerie de la sculfiture. — 9, grande salle de la sculpture. — lo, grand escalier conduisant aux salles de la peinture. — li, parties réservées.

disposées. C'est donc plutôt un programme d'ameublement qu'un programme de composition : il suffit à l'architecte d'avoir combiné un éclairage abondant. La faute serait de disposer des locaux où la lumière n'arriverait pas, car une vitrine placée dans un endroit obscur sera obscure a fortiori, et dans tout endroit bien éclairé, une vitrine pourra être bien éclairée. Je ne vois donc

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pas d'autre régie à prescrire que l'abondance de lumière pénétrant partout, sans introduction directe des rayons solaires. Aussi, si la salle est éclairée par des fenêtres, le jour du nord est préférable; et si la salle est éclairée du haut, les conditions seront les mêmes que pour la peinture : lumière diffuse obtenue par les mêmes moyens. >

Je dirai cependant que pour ces sortes de salles on doit se défier de l'éclairage du haut; voici pourquoi : très fréquemment, les salles destinées à des objets de vitrines seront étroites, et c'est naturel puisqu'ici on n'a pas besoin de recul. Lors donc que les nécessités de la composition auront créé dans un plan de musée des salles larges et d'autres étroites, ce sont ces dernières qu'on réservera pour les objets de vitrines. Or une salle étroite s'éclaire mal du haut. Prenons comme exemple extrême le corridor : éclairé du haut, il pourra être très clair comme circulation; mais si l'on dispose contre ces murs des armoires ou de simples tablettes, l'éclairage forcément vertical mettra tous les objets , p

exposés dans l'ombre portée des tablettes. Pour des salles de ^i-»^*^ ' musées, l'éclairage du haut n'est bon qu'à la condition d'avoir une largeur de plafond vitré suffisante pour que cet éclairage puisse être oblique et non vertical. Cela revient à dire que la disposition recommandée pour les salles de peinture est encore nécessaire pour les salles à vitrines, lorsque ces salles doivent être éclairées par un plafond vitré — et par conséquent que ces salles peuvent être étroites lorsqu'elles sont éclairées par des fenêtres, et doivent être larges si elles sont éclairées par des plafonds vitrés. En ce cas, on utilise les parties milieu de la salle par des vitrines horizontales.^

En général, pour des objets de vitrines, le regard n'a pas à s'élever au delà de deux mètres. Une salle de musée sera tou-

jours assez haute pour qu'il n'y ait pas à craindre l'obscurité résultant d'un plafond trop bas. Mais il y a parfois des balcons avec un second étage de vitrines. En ce cas, il importe que le rang inférieur ne soit pas dans l'ombre, et si la disposition ne permet

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Fig. 736. — Salle de musée à deux étages de vitrines (le second en retrait).

Fig. 757. — Salle de musée i deux étages de vitrines superposés.

pas de l'avancer presque à l'aplomb du balcon comme en A (fig. 736), il faut que le balcon soit assez élevé pour que l'éclairage arrive à la partie supérieure des vitrines. Ainsi, dans la coupe B (fig. 737), et si l'on place encore des objets en C, il faut admettre que ce sont des objets secondaires et relativement sacrifiés. Ce sont là des questions d'étude pour lesquelles il n'est pas possible de tracer de régies précises.

Je ne vous ai guère parlé que de sculptures, de tableaux et d'objets de vitrines. Les musées comportent encore d'autres collections, par exemple les antiquités archéologiques, les bronzes

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usuels comme à Naples, les armures comme à Madrid, les dessins et gravures, etc. Vous saisirez facilement les analogies entre ces diverses expositions et celles qui prôcdîdent. Il est évident que les conditions d'éclairage seront les mêmes pour des vases, des tombeaux, des fragments d'architecture que pour des statues. Les dessins, les tapisseries, les gravures seront traités, sauf sans doute les dimensions des salles, comme les tableaux. Mais parfois on a disposé dans les mêmes salles des tableaux et des sculptures, par exemple au Musée des Offices, à Florence. Le musée est par là plus varié, plus agréable; mais il faut que l'éclairage des salles se prête à cette double destination. En général, une salle qui sera bonne pour la peinture le sera aussi pour la sculpture, pourvu que les statues soient judicieusement placées. Il y a enfin les musées d'objets plutôt mobiliers, comme chez nous ceux de Cluny ou de Saint-Germain. La grande variété des objets exposés, depuis le petit bijou jusqu'au grand meuble, ne permet pas d'indiquer pour cette destination une composition spéciale des salles. Toutes devront être bien éclairées, cela va de soi; mais il faudra qu'il y en ait de grandes et de petites, larges ou étroites, les plus grandes avec éclairage du haut sans préjudice des fenêtres, et sous réserve d'aveugler les uns ou les autres de ces jours. Après quoi, il faudra que le placement, tout en tenant compte comme il convient des époques et des classifications, sache disposer les objets en profitant des éclairages mis à sa disposition.

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