‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'Ecole nationale et spéciale des beaux-artsChapitre 45 sur 82 · PLAN DU SOUS-SOL · texte numérisé non relu

PLAN DU SOUS-SOL

I» dépdt des titres. — 2, dépôt da portefeuille. — 5, dépôt de la caisse principale. — 4, caisse mobile. — -5, resserres. — 6, générateurs (chauffage i vapeur i basïe pression). — 7, réfectoire. — • 8,8, cuisine et ofîîce. — 9, cuisine du concierge. — 10, puits. — 11, ascenseurs. — 12, monte-charge. — iî»i3' fosses mobiles. — I4»i4) magasins. — 15, poste d'eau.

PLAN DU RBZ-DB-CHAUSSÊB

17, porche. — 18, concierge. — 19, vestibule. — 20, bureaux. — 2o\ caissier principal. — 21, grande salle — ai', cour d'honneur. — 22, gardiens. — 2), poste militaire. — 24, ascenseur. — 2$, monte-charge. — 26, poste d'eau. — 27.2", courettes avec urinoirs et cabinetsd'aisances — 28, grand escalier. — 29,29, passage de porte cochére.

un travail dont rien ne doit transpirer. Le cabinet est donc un ensemble administratif plus particulièrement groupé autour du chef.

D'autre part, ce chef reçoit, donne des audiences. Pendant qu'il est avec l'un, les autres attendent. Ces autres, ce sont sou-

vent des personnages importants, qu'on ne fait pas attendre dans une antichambre. De là le salon d'attente, ou mieux les salons d'attente, car il y a souvent le salon réservé aux privilégiés qui passent avant leur tour.

Vous voyez quel ensemble complexe peut désigner ce simple mot « cabinet ». Je vous ai montré un Ministère; je vous mon-

Hig. 768. — Picfcaure de Grenoble. Plan Ju i" étage.

Batihknt principal I, palier rormant vestibule. — 2, antichambre. — 5, premier salon. — 4, salon principal. — 5, chambre d'honneur. — 6, cabinet de toilette. — 7, chambre. — 8, salle de bains. — 9,9, bureaux du secrétaire particulier. — 10, salle d'attente. — II, petit salon. — 12, cabinet du préfet. — 13, arrière cabinet. — 14, chambre du préfet. — 15, 15, chambres à coucher. — 16, chambre de madame. — 17, boudoir. — 18, salle à manger. — 19, office.

Annexes. — ao, vestibule. — 21, garçons de bureau. — 22, — cabinet du secrétaire général. — 23, chef de la i'* Division. — 24, première Division. — 25, comptabilité. — 26, archives. — 27, chef delà 3" Division. — 28, troisième Division.

Appartement du secrétaire général. — 29, antichambre. — 30,30, chambres à coucher. — 31, salon. — 32, salle ik manger. — 33, cuisine. — 34, chambre du cocher. — 35, magasin à avoine. — 36, grenier à fourrages.

trerai aussi une Préfecture, celle de Grenoble, très heureusement composée pour son objet (fig. 768).

Toute administration a ses services généraux : ainsi partout l'amas, toujours de plus en plus considérable, des archives. Souvent on dispose les archives dans un bâtiment à part : on évite ainsi les communications qui peuvent être une cause d'incen-

die; souvent aussi les archives sont dans les combles, dans des entresols, un peu partout. Dans tous les cas, on doit se prémunir contre le danger d'incendie, et aussi contre celui du poids trop considérable imposé aux planchers. Ainsi il a fallu des travaux importants pour que les archives de la Cour de Paris ne compromissent pas les voûtes de la salle des Pas-Perdus du Palais.

Les archives sont toujours placées sous la garde d'un archiviste responsable; les communications autorisées se font dans un local spécial. C'est souvent un service très important : vous pouvez vous foire une idée de ce que peuvent être les archives de certains ministères : la Guerre, les Affaires étrangères, la Marine, ou de ce qu'étaient avant leur destruction les archives de la Ville de Paris.

Matériellement, un local d'archives comporte des casiers facilement accessibles : c'est assez analogue à ce que je vous ai exposé à propos du dépôt de livres dans les Bibliothèques. Au contraire, tout accès possible de l'extérieur doit être évité. C'est ainsi que la belle façade du Ministère des Affaires étrangères sur la rue de l'Université ne présente d'autres fenêtres que celles qui éclairent un dégagement central (fig. 769).

Les dépôts d'archives, comme les dépôts de livres dans les Bibliothèques comportent des étages nombreux et peu élevés. Telle est la disposition du nouveau dépôt des archives de la Cour des Comptes, rue Cambon (fig. 770 et 771), qui comporte deux étages de sous-sol, et dix étages, comble compris, audessus du sol.

Et ne croyez pas que ce soit là un programme tout à fait exceptionnel. Sans compter les édifices qui renferment dans leur périmètre propre des salles ou des bâtiments d'archives, c'est une tendance de plus en plus marquée de créer des constructions spéciales pour les archives. On peut ainsi sur des terrains moins

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coûteux concentrer ce qui demanderait trop de place au cœur de la Ville, et assurer des dispositions plus commodes en ellesmêmes ; avec d'ailleurs la facilité des transports et des communications, on se préoccupe moins de la distance. Je vous montrerai un exemple de ce genre de constructions avec le bâtiment des archives du Crédit Lyonnais à Paris (fig. 772).

Je n'ai rien à vous dire des Bibliothèques ou des Collections annexées à des Administrations.

Il faut toujours des dépôts assez importants pour le matériel, notamment pour les imprimés administratifs, la lingerie, etc.

Le chauffage est une question qui excite beaucoup de passions dans le monde administratif. Je crois bien que dans les pays voisins on n'em-

ploie guère que le calorifère. Chez nous, le chauffage soulève une question de hiérarchie. La cheminée et le bois à brûler sont des marques de considération. Aussi chacun en veut-il, et vous connaissez les formidables fournitures de bois qui se font aux

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Fig. 770. — Archives de U Cour des Comptes. Plan du 8* étage.

Fig. 771. — Archives de la Coor des Comptes. Coupe.

ministères. Question de programme, et non d'initiative de l'architecte. Ce qui n'empêche que si, plus tard, il faut faire une canalisation après coup dans un édifice où lors de sa construction on l'aura énergiquement interdite, c'est l'architecte qu'on accusera d'imprévoyance.

En dehors de ces données générales, le champ des particularités serait immense. Je ne puis vous faire un répertoire de toute l'architecture administrative, et je vous l'ai déjà dit nous n'en-

seignons pas des recettes qui seraientd'ailleurs surannées lorsque vous vous en serviriez. J'appellerai cependant encore votre attention sur une famille d'édifices d'un caractère très moderne, qui sont à la fois administratifs et industriels : tels sont souvent des parties importantes des bâtiments de chemins de fer, de grandes manufactures, etc. Les délimitations sont un peu confondues, le travail de bureau se fait alors dans des locaux qui ne sont à certains égards que des travées d'un édifice dont la destination principale n'est pas purement administrative. Ainsi, l'une des constructions les plus intéressantes qui aient été faites récemment dans cet ordre d'idées est le dépôt central des Postes et des Télégraphes, par M. Scellierde Gisors (fig. 773), qui est avant tout un dépôt, mais où cependant le travail administratif comporte aussi une place importante.

Pour en revenir au bureau ordinaire, vous avez déjà vu que le moyen de communication est

Fig. 772. — Archives du Crédit Lyonnais.

ici par excellence le corridor. Il importe qu'il soit clair, chose facile lorsqu'il est en façade, moins facile lorsqu'il faut qu'il desserve des pièces de travail de chaque côté. Mais même dans ce cas, il faut qu'il soit suffisamment éclairé pour qu'on puisse s'y bien diriger, lire les inscriptions sur les portes, et en un mot savoir où on va. Une grande administration est facilement un dédale, la clarté des communications y est le fil conducteur. 11 en est de même des escaliers, ils doivent être faciles et clairs, non seulement pour la sécurité, mais aussi parce que dans les escaliers il y a toujours des tableaux indicateurs des services qu'on trouve à chaque étage.

On a commencé, notamment à l'Hôtel de Ville de Paris, à desservir les bureaux par des ascenseurs. Cette commodité exceptionnelle ne tardera certainement pas à être réclamée partout; l'ascenseur a d'ailleurs l'avantage de permettre l'installation dans les étages supérieurs de services importants que sans lui on hésiterait à y placer. Il est donc sage de le prévoir, lors même qu'on ne le réaliserait pas immédiatement, car plus tard on pourrait à cette occasion rencontrer de graves difficultés.

Il nous faut voir maintenant quelle expression motivera en façade cette architecture de bureaux. Il va sans dire que, exception faite des services disposés dans les grandes salles vitrées du haut, les bureaux se logent toujours dans des étages superposés et ordinairement nombreux. Dés lors, pour ne pas faire des édifices de hauteur exagérée, ces étages doivent être assez peu élevés, trois mètres environ, et à part peut-être le premier étage qui peut être réservé à des services plus importants, à des salles de commissions, etc., il n'y a pas de raison pour que ces nombreux étages aient des hauteurs sensiblement différentes. Les pièces doivent être bien éclairées par des fenêtres larges, les pièces pas trop profondes doivent être disposées pour que le tra-

vail de rédaction, écriture, calculs, puisse se faire prés du jour : on ne peut guère supposer deux rangs d'employés. Le fond et les parois latérales sont presque constamment garnis de casiers à cartons. L'entre axe des croisées résulte de la disposition même d'un bureau, où ces employés peuvent travailler à des tables simples ou accouplées (fig. 774). La largeur d'entre axe varierait donc théoriquement suivant ces dispositions, mais comme dans les étages superposés il faut admettre que, soit d'après la nature du travail, soit d'après des différences d'idées à ce sujet, il y aura des unes et des autres, il faut que les entre 1 Q D Q D 1 axes des façades se prêtent à ces deux dis- | I

positions, c'est-à-dire satisfossent à celle qui demande le plus de largeur. Il est évident que c'est celle par tables accouplées, et la distance ne peut guère être moindre de 3 mètres à 3 ■" 50, tandis fig- 774. - Bureau» avec taWes

, ,, .... I , d'employés accouplés ou isolés.

quelle serait inutilement plus grande.

De toutes ces nécessités, il résultera des façades essentiellement monotones, si bien qu'on hésite le plus souvent à aborder ce programme de front, qu'on ruse presque toujours avec ses exigences. Souvent d'ailleurs l'étendue des bâtiments a permis de n'avoir pas d'étages très nombreux, puis il y a des nécessités de raccordements de hauteurs entre les lignes des bâtiments de bureaux et celles de bâtiments principaux. En ce cas, ce sont les pauvres bureaux qui sont généralement sacrifiés, et trop fréquemment vous en verrez qui sont trop élevés — ce qui n'est qu'un petit inconvénient — ou trop bas, ce qui est beaucoup plus grave; mal éclairés, par des fenêtres parfois au niveau du sol et ne montant que jusqu'au milieu de la hauteur de la pièce. Tout cela est fâcheux, et l'architecte doit faire tous ses efforts pour

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l'éviter : toujours, dans la méthode d'étude, la coupe commandant la façade, et non l'inverse.

La réception joue souvent un grand rôle dans les édifices administratifs, mais nous en avons parlé à propos de l'habitation. Il me reste toutefois à vous parler d'un élément que nous rencontrons ici pour la première fois, la salle de délibérations.

En tant que spécialisation, c'est certainement une création moderne. L'antiquité, le Moyen-âge, les siècles derniers avaient évidemment des réunions délibérantes; mais vous avez déjà vu qu'alors les destinations des salles étaient moins spécialisées : de même qu'à Fontainebleau et à Versailles il n'y avait pas de salle à manger proprement dite, de même que les chefs-d'œuvre de Corneille, de Racine, de Molière se représentaient dans un des salons de Versailles, de même dans les maisons communes du Moyen-âge ou dans les palais féodaux ou royaux, on délibérait dans la grande salle. A Venise la salle du grand Conseil au Palais ducal est simplement le plus grand des superbes salons de ce palais unique.

La plus modeste de nos salles de délibérations est la salle de commissions. Quelques personnes autour d'une table, de la clarté, voilà tout le programme. Cependant, ces salles deviennent importantes lorsqu'il s'agit par exemple des réunions de Sections du Conseil d'Etat (fig. 775) ou de la Cour des Comptes, ou des grandes commissions — du budget par exemple — delà Chambre ou du Sénat. Telles sont encore les salles du Conseil dans un grand nombre d'administrations ; telles encore les salles dites de Conférences dans les Parlements, salles qui peuvent se prêter à divers usages et qui dés lors ne peuvent recevoir d'installation permanente.

Toutes ces salles en général se caractérisent, par rapport aux

grandes salles de délibérations, par une différence essentielle : leur sol est de plain-pied. Ainsi, dans le plan du Conseil d'État que je vous montre ci-après, toutes les salles de sections administratives sont de plain-pied, tandis que la salle des assemblées

^'S- 775- — Conseil d'État. 1" étage.

I, escalier d'honneur. — 2, escalier des bureaux et sections. — }, escalier public du contentieux. — 4, antichambre. — 5,>, salons d'attente. — 6, antichambre du cont..*nticux. — 7, salle des assemblées générales. — 8, section de l'intérieur. — 9, section des Travaux publics. — 10. section de Législation. — 11, section des t^in.inccs. — ta, section du contentieux. — lî, section supplémentaire du contentieux. — 14, bibliothèque, — 15, cabinet du président. — t6, 16, cabinets des présidents de sections. — 17, secrétaire général. — 18, 18, dépenlanccs du contentieux. — 19, bureaux.

générales est en gradins. Quant aux salles du contentieux, leur destination les rattache plutôt à l'architecture judiciaire. En réalité donc nous trouvons ici des espèces de salons, répondant bien aux exigences de leur dcstiniition si l'espace est suffisant, la lumière abondante, le chauffiige assuré — par des calorifères de préférence, sauf à disposer une grande cheminée pour l'apparat plutôt que pour le chauffage. Vous remarquerez dans ces salles

la disposition des tables en fer à cheval. C'est aussi celle de la salle du Conseil à l'École des Beaux-Arts. Cette disposition est en effet la plus commode, parce qu'elle permet aux employés ou garçons de bureau de distribuer les documents ou de les reprendre sans gêner personne, comme lorsqu'on se fait vis-à-vis des deux côtés d'une table. Elle exige plus de place, mais lorsqu'elle est possible, elle est certainement préférable.

L'éclairage doit se faire plutôt par le long côté de la salle au moyen de grandes fenêtres. Quant à l'éclairage du soir, il peut être demandé à diverses combinaisons, pourvu qu'il soit assez diffus pour se répandre partout sans ombres portées violentes. Souvent on l'assure par des lampes électriques posées sur la table même; on peut ainsi donner à chacun un éclairage abondant, mais ces lampes sont gênantes et pour la direction des délibérations par le président, et pour la vue réciproque des personnes délibérantes. Le système des lustres, mais plutôt restreints et assez nombreux, paraît préférable.

Ces salles peuvent avoir un beau caractère, surtout si elles ont une histoire. Caractère grave et sérieux, relevant en premier lieu de la peinture historique ou des portraits. Les exemples en sont nombreux : sans chercher loin, je vous citerai la salle du Conseil de votre École, les salles des grandes commissions de l'Hôtel de Ville, plusieurs salles de section du Conseil d'État au Palais- Royal, etc. Mais vous reconnaîtrez que ces salles sont toujours en réalité un salon, dont seulement la décoration est plus grave et moins intime que celle d'un salon d'habitation.

Il est à peine besoin d'ajouter que ces salles comportent toujours des dépendances, soit particulières à chaque salle, soit communes à plusieurs : vestiaires, lavabos, dépôts divers. Souvent même elles doivent être accompagnées de cabinets pour le président, le secrétaire, de bureaux accessoires. Questions de pro-

gramme qui doivent être traitées au préalable, car rien n'est plus difficile ni plus illusoire que de vouloir réformer ou amplifier un programme après coup.

Les salles dont nous venons de parler ne comportent pas en général une assistance nombreuse : trente à quarante personnes au plus, mais bien à l'aise. Voici, à titre d'indication, les rapports de surface et du nombre de personnes existant pour les salles des sections administratives du Conseil d'État prises comme types :

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