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soit en moyenne 4 •" 075 par personne. D'où vous pouvez conclure qu'une salle de délibérations ou commissions largement installée exige quatre métrés superficiels par personne.
SOMMAIRE. — Salles de séances des assemblées politiques. — Relations de ces salles avec les dépendances. — Disposition des salles d'assemblée. — Accès, surveillance, chauffage, éclairage, ventilation.
Nécessités à observer dans la composition générale. — Dimensions possibles, dimensions excessives. — Caractère. — Le respect historique.
Avec les grandes salles de délibérations, par exemple celles des assemblées politiques, les conditions ne peuvent plus être celles que nous venons de voir pour les édifices administratifs. Il est évident que là où il doit y avoir place pour 500 personnes, on ne peut donner à la salle 2.000 métrés superficiels. Il est donc nécessaire que l'assistance soit plus tassée : on doit alors reprendre sur les circulations, les tables, les espacements de sièges. Ainsi, dans le même édifice, la salle des assemblées générales du Conseil d'Etat, qui reçoit 120 personnes, plus quelques employés (50 présidents et conseillers, 30 maîtres des requêtes, 35 auditeurs, 5 secrétaires), mesure 11 ■" 50X 17™= 195.50™', soit I *"' 625 en moyenne par personne.
Nous trouverons la surface proportionnelle moins grande encore dans les grandes assemblées.
La salle des séances du Conseil municipal de Paris et du Conseil général de la Seine (fig. 776), composé de 88 membres,
ÉUmcnls et Théorie <ie l'Archiltcture. — 11. l8
est également rectangulaire. Ses dimensions sont de 14™ 35 de largeur sur ai'" éo de longueur, non compris la tribune publique, soit une superficie de 309"^' 96 ou 310 métrés, ou en moyenne 3"' 52 par personne. Les places des conseillers n'occupent d'ailleurs que les trois cinquièmes au plus de la salle, le surplus étant affecté au bureau, à la tribune, aux sténographes et aux places des administrateurs et secrétaires.
Ici, les places contiguës sont par deux au plus. Chaque place, mesurée sur son petit bureau, a o "^ 70 de large ; l'espacement d'un rang à l'autre est de I "^ 25, dont o™ 40 pour la profondeur du petit bureau, et le surplus, soit 0^85, pour le siège et le jeu nécessaire. La place est donc plus Fig. 776. - Salle des séances du Conseil municipal grande Icl que dans k grande
de l'Hôtel de Ville de Paris. g^JJg J^ CoUSCil d'État. Mals
A, présîient et secrêuires. — B, tribunes, C,C, sténo- ^^^,,„ «^«^ .,«^., „— .r^„ ™.,^ 1^ rf^^ —
graphes. -D,prcfcts« secrétaires généraux. -E,K,dir«- VOUS Temarquerez que le LOtt"
teurs. — F, F, secrétaires de l'administration. , ij-r' i
seil d btat comporte des personnes de grades différents, et que le corps délibérant proprement dit y est presque moitié moins nombreux qu'au Conseil municipal. Puis il a été fait dans les anciens bâtiments du Palais-Royal, ce que les locaux permettaient de faire, et certainement cette salle pourrait facilement être plus vaste qu'elle ne l'est.
La salle du Conseil municipal est légèrement en pente; vous pouvez voir d'ailleurs par le plan que les accès des places y sont
faciles : l'espace le permettait. Elle est d'ailleurs accompagnée de nombreuses dépendances, tout le service du Conseil municipal formant dans l'Hôtel de Ville un service important.
'. Pour les salles de grandes assemblées délibérantes comme celles du Sénat ou de la Chambre des députés, le programme est beaucoup plus complexe : il faut dire tout d'abord, qu'ici je n'ai pas d'exemples nombreux à vous proposer. La salle de la Chambre des députés est si insuffisante à tous égards qu'on a le projet de la remplacer; celle de Versailles (Sénat) est l'ancienne salle de théâtre du Palais, et celle de la Chambre dans ce même palais a dû être installée dans une ancienne cour; ce ne sont pas des salles conçues vraiment pour leur objet. Seule celle du Sénat à Paris est plus satisfiiisante, et pourra nous servir de motif d'étude (fig. 777). Mais pour que vous puissiez vous rendre compte des nécessités parfois contradictoires que comporte ce programme, il hut d'abord que nous examinions ensemble ce qui s'y fait et comment cela s'y foit.
Pour qu'une délibération se fasse avec ordre et ne dégénère pas en vacarme confus, il faut qu'elle soit dirigée, et que la disposition mêrne de la salle rende, sinon impossibles, du moins exceptionnelles les violences toujours à redouter dans des assemblées nombreuses et passionnées. Il faut aussi que l'orateur soit entendu — je suppose ici qu'on veut bien l'écouter; enfin nos lois veulent que ces séances soient publiques, mais à condition que le public, placé dans des tribunes, reste silencieux. Toute la police de la salle et des tribunes appartient au Président.
Après des essais inexpérimentés, des tâtonnements éphémères, ces considérations fondamentales ont amené partout à une même conception de la salle d'assemblées publiques dans son programme intérieur : les places des députés ou sénateurs sont
personnelles; l'orateur parle à la tribune et non de sa place; le président est placé de façon à pouvoir diriger la séance et surveiller toutes les parties et tous les éléments de la salle ; les tribunes du public ou des invités sont bien en vue, sous la surveillance du président, mais desservies par d'autres accès que
Fig. 777. ■ — Salle du Sénat, à hi hauteur des tribunes.
I, bureau du président, secrétaires, etc. — 2, tribune de l'orateur. — 3, ministres. — 4, membres des commissions. — 5, sténographes — 6, entrées des sénateurs. — 7, entrée du président.
la salle elle-même. Voilà la théorie, laquelle doit d'ailleurs s'accommoder à des habitudes dont j'aurai à vous parler tout à l'heure. Voyons maintenant les relations de ces salles avec le dehors. Elles sont multiples.
Le travail législatif se prépare dans ce qu'on appelle les bureaux et les commissions. La chambre est divisée par le sort entre les bureaux (actuellement au nombre de onze), et les propositions, projets de lois, etc., sont d'abord soumis aux bureaux, qui les
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discutent sommairement, et nomment un commissaire — parfois deux ou trois par bureau. La commission est ainsi composée de ] I, 22 ou 33 membres, lesquels, après délibération, désignent à leur tour un rapporteur.
Ce travail de bureaux et de commissions exige des locaux spéciaux, qui doivent être à proximité de la salle, car les allées et venues peuvent être fréquentes.
Non moins prés de la salle doivent ou devraient se trouver SCS grandes dépendances : la bibliothèque — car souvent, pendant la séance même, pour vérifier ou contester une assertion, il fout aller consulter des documents; — les archives, pour des motifs analogues ; — les salles de conférences, où se réunissent des groupes; — la salle des Pas-Perdus, grand vestibule où fréquentent des hommes politiques ne faisant pas partie de l'assemblée.
Puis, le voisinage immédiat de la salle doit encore offrir : la buvette, dont le rôle est des plus importants comme vous le savez; le vestiaire des députés; des lavabos, des cabinets d'aisances.
Mais ce n'est pas tout : il faut aussi, et toujours le plus prés possible de la salle, quelques pièces pour les membres du bureau de la Chambre; — une salle où les ministres puissent se réunir; — une salle où les sténographes traduisent en clair les notes qu'ils viennent de prendre; — une salle où les orateurs puissent corriger les épreuves de leurs discours..., etc.
De tout cela résuhe une conception nécessaire de la salle : que ces habitudes soient bonnes ou mauvaises, il faut que les députés ou sénateurs puissent facilement et sans trop de désordre quitter leurs places, y revenir : c'est une réunion d'allants et venants. Souvent, vous le savez, pendant une discussion, il n'y a pas dans la salle le quart des membres, puis sur-
vient un incident, un discours attendu, ou un vote important : on va partout chercher les absents, les appeler et les rappeler, la salle se remplit, pour se vider de nouveau lorsque cette affluence n'a plus sa raison d'être.
Et pour permettre cette mobilité, il faut que toutes les places soient facilement accessibles, qu'elles soient desservies par de nombreux dégagements. On voudrait qu'il n'y eût jamais plus de deux sièges en ligne : chacun alors est rendu libre par un dégagement à droite ou à gauche. En voulez-vous un exemple? Lorsque la Constitution créa le Sénat, je fus chargé de son installation à Versailles, dans l'ancienne salle du théâtre du Palais. Les sénateurs arrivaient quelques jours d'avance, et leur premier soin était de désigner à la questure les places qu'ils voulaient occuper. Or, tous les sièges contigus à un dégagement furent les premiers marqués, sans exception. Les autres, bien qu'il n'y eût pas en général plus de quatre sièges en ligne, échurent aux retardataires.
Il faut donc des dégagements faciles, dans un emplacement d'ailleurs restreint. Ainsi, la salle de la Chambre des députés, construite autrefois pour un nombre d'occupants moitié moindre, peut être vue avec fruit comme exemple de disposition à éviter. Tous les députés entrent et sortent par deux portes ouvrant de chaque côté du bureau du président; et comme il a fallu entasser des banquettes jusqu'à toucher le mur cylindrique du pourtour, il n'y a dans ce mur ni portes ni accès. II faut donc que le député entrant se rende d'abord dans ce qu'on appelle l'hémicycle, c'est-à-dire la partie libre au pied de la tribune, et de là remonte à sa place par l'un des chemins rayonnants d'ailleurs beaucoup trop étroits; de même en sens inverse pour la sortie. Si un député veut aller parler à un autre, il faut qu'il descende jusqu'à l'hémicycle et remonte par un autre rayon du cercle. L'hémi-
cycle sert ainsi de lieu de passage continuel, et s'y rencontrant on y séjourne, on y cause ou on s'y dispute, au grand détriment du bon ordre. Il fiiudrait donc, outre les circulations rayonnantes, avoir aussi des circulations annulaires, au moins une vers le milieu des gradins, et surtout une au sommet, communiquant par des portes avec un pourtour extérieur. Sans cela, la bonne tenue d'une assemblée n'est pas possible.
Cependant, il ne faut pas que les salles soient trop grandes, ni pour le bon ordre, ni pour la facile audition. Les places sont donc plutôt exiguës, les tables ou pupitres sont réduites au minimum. Comme il arrive bien souvent, les données sont contradictoires. Questions de tact et de mesure pour arriver à concilier autant que possible ces exigences opposées. En somme, étant donné un nombre d'auditeurs, vous devez, d'une part, restreindre autant que possible les dimensions de la salle, et, d'autre part, constituer des places aussi aisées que possible, des dégagements aussi nombreux que possible. Je le répète, c'est contradictoire, et ce n'est que par une appréciation judicieuse des sacrifices et des concessions que vous pourrez arriver à une solution acceptable. Je ne puis — vous le comprendrez facilement — vous donner de recettes pour composer une salle dont la composition laissera toujours à désirer ; voici seulement, à titre de renseignements, quelques indications empruntées à la Salle des séances du Sénat.
Nombre des places (non compris celles des ministres,
des commissions et du bureau) 300
Nombres de places du bureau 7
Superficie générale de la salle, environ (non compris les tribunes) 412" 50
Surface moyenne par sénateur J"" 37
Dimensions du banc des ministres 6
p.. . . , , -1 11'. ( tablette.. i" 78X0™ 40
Dimensions de la tribune de 1 orateur ]
( parquet.. i" 70X1"' 25
Dimensions du bureau du président 6"' 60
Distance des places de dos au dos i"" 15
Largeur moyenne des dégagements entre les rangs
de places o"' 80
Surface moyenne par auditeur dans les tribunes
publiques (o™ éo X o™ 75) o™ 45
Pente des gradins, par mètre o™ 135
Il faut observer toutefois que ces dimensions, à part celles du bureau et de la tribune, sont trop exiguës. La salle avait été composée pour le Sénat de l'Empire, soit 150 membres; il y en a aujourd'hui 300, et il a bien fallu réduire, surtout pour pouvoir ainsi doubler le nombre.
Mais, en dehors de ces questions générales de dimensions, il se pose encore d'autres questions en grand nombre. Quelle forme sera la plus convenable ici ? Il semble bien que la forme traditionnelle en hémicycle soit la plus rationnelle. Il faut qu'un orateur, placé à un point central qui est ici la tribune, soit entendu de tous; il faut que tous soient également vus du président. Ce que nous avons vu à propos des salles de cours a encore ici son application; et si pour des raisons de composition la salle ne pouvait pas être demi-circulaire, il faudrait au moins qu'elle fût sensiblement circonscrite au demi-cercle. Telle est la salle de la Chambre des députés à Versailles, que je vous montre non pas tant pour la salle elle-même que pour sa disposition heureuse au centre de tous les services qui lui sont nécessaires (fig. 778). Une salle en profondeur, comme une église, serait tout à fait défectueuse.
Bien qu'elle soit restée à l'état de projet, je crois intéressant de vous faire voir aussi la salle qui a été récemment projetée
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