‹ Éléments et théorie de l'architecture; cours professé à l'Ecole nationale et spéciale des beaux-artsChapitre 57 sur 82 · CHINE · texte numérisé non relu

CHINE

à Paris. Plan gcncral.

»>rvîce des bains (bAtîmcnts élevés d'tin rcz-de-chausséc seulement). — G, cuisine et dépendances. — H, lingerie et contmanauté. — L, service des morts.

ÉLÉMENTS DE l'aRCHITECTURE HOSPITALIÈRE 547

Les services généraux, cuisines, magasins, lingerie, buanderie, etc., etc., constituent dans un grand hôpital un ensemble très important, que je ne fais qu'indiquer quant à présent.

Tout cela est régi par Y Administration, groupe de bureaux et de logements, auquel on peut rattacher la pharmacie et les habitations des internes logés.

Enfin, un hôpital se complète par le service des morts.

Parmi les hôpitaux dont la construction est assez récente, je vous signalerai le plan de l'hôpital Tenon (fig. 833). Ce n'est pas que ce plan soit idéal — il n'y en a pas de tel — et on y voit bien les sacrifices qu'il a fallu faire à l'économie et à l'insuffisance de terrain. Mais il vous donnera une idée assez juste de ce qu'est un hôpital complet.

Sans entrer dans le domaine de la composition personnelle, je puis du moins vous dire ce qu'on réclame expressément pour la position de ces divers groupes.

L'Administration doit être à portée immédiate de la voie publique. C'est là que doivent se rendre toutes les personnes qui ont affaire à l'hôpital, et qui ne doivent pas pénétrer dans la partie des malades.

Les consultations doivent également être accessibles de la rue. Formant d'ailleurs un ensemble à part, elles peuvent, si le terrain s'y prête, ouvrir sur une rue latérale.

Les services généraux, facilement accessibles pour les transports, doivent être à proximité des bâtiments des malades, notamment pour éviter les longs transports depuis la cuisine. Aussi sont-ils ordinairement placés au centre même de la composition. Ils ne sont pas d'ailleurs forcément groupés, il est même bon que certains services comme la buanderie ou la désinfection ne soient pas agglomérés avec les autres.

Quant aux malades, la disposition préférée consiste à les

répartir par pavillons, c'est-à-dire par bâtiments isolés. Ces bâtiments ont le plus souvent un rez-de-chaussée élevé sur soubassement et un premier étage. Avant tout, on doit éviter les rencontres de bâtiments avec angles rentrants : il faut que l'air puisse faire le tour du bâtiment des malades; et lorsque par exception, comme à l'Hôtel-Dieu, on n'a pas adopté cette disposition, c'est faute de place et à regret. En réalité, un hôpital doit vous apparaître comme un ensemble de bâtiments isolés, et isolés par de larges espaces, reliés au rez-de-chaussée seulement avec les services généraux par des portiques métalliques très ouverts, garantissant de la pluie, mais n'interceptant pas l'aération. Cela revient à dire que pour tout hôpital il faut un vaste terrain. Sur un terrain trop exigu, il n'y a pas d'ingéniosité qui puisse venir à bout de disposer un bon plan d'hôpital. Entre la surface d'un terrain et le nombre de malades à prévoir, il y a une question de proportion, trop délicate pour pouvoir être chiffrée, mais qui doit précéder l'œuvre même de l'architecte. Ainsi, ce fut une erreur administrative et non architecturale de vouloir sur le terrain de l'Hôtel-Dieu hospitaliser un nombre de malades hors de proportion avec le terrain. Et cet exemple n'est pas le seul : entre les besoins de l'hygiène et les considérations budgétaires, politiques parfois, il y a presque toujours conflit. Heureux l'architecte si on lui laisse la possibilité de disposer un plan clair, aéré et vraiment hygiénique. Son hôpital sera alors sur des proportions plus ou moins considérables une sorte de cité sanitaire où l'air circulera partout, où chaque bâtiment pourra être étudié pour lui-même, tout en conservant à la composition générale l'ordre sans lequel il n'y a pas de disposition pratique. C'est la tendance que vous constaterez dans nos édifices hospitaliers modernes.

Et ne croyez pas que ce soit là une conception seulement

ÉLÉMENTS DE l'aRCHITECTURE HOSPITALIÈRE

française. A l'étranger, les mêmes lois d'hygiène ont conduit à des solutions analogues, ainsi que vous pouvez le voir sur le plan de masse du Grand Hôpital de Hambourg (fig. 834), ou,

Fig. 834. — Grand hdpital de Hambourg.

A, administrition. — B, administrateur. — C, directeurs. — D,D, services de chirurgie. — E, pavillon des opérations. —

F,F, services de médecine. — G, bains. — H, amphithéllre. — I. agités. — J, désinfection. — K,K, isolement en

temps d'épidémie. — L, proviseur. — M, cuisine. — N, chaudières. — ô. buanderie. — P,P, économat et magasins.

sur des proportions plus restreintes, mais encore considérables, à l'hôpital Saint-Étienne à Buda-Pesth (fig. 835). A l'étranger comme en France, vous le voyez, c'est la pensée de l'aération qui préside à la composition.

Fig. 8jî. — Hôpital Saint-Étienne à Budapest.

ÉLÉMENTS DE l'aRCHITECTURE HOSPITALIÈRE 55 I

L'orientation des bâtiments de malades — lorsqu'elle est libre — varie suivant les localités. Comme les salles de malades doivent être toujours éclairées de deux côtés opposés, on cherche surtout à être aéré par les vents régnants. Ainsi, à Paris, on préfère l'exposition des fenêtres à l'est et à l'ouest : par analogie, on doit préférer en Provence celle au sud et au nord.

Lorsqu'il y a des pavillons d'opérations, de contagieux, en un mot des pavillons spéciaux, on cherche à les isoler, en les plaçant de préférence derrière des rideaux d'arbres.

Le service des morts doit être loin des salles, dérobé à la vue des malades. L'entrée et la sortie des convois nécessitent un accès spécial, sur une rue latérale ou postérieure, de sorte que jamais les voitures ou le matériel ni le personnel des pompes funèbres ne puissent être aperçus de l'hôpital.

Tout cela, bien entendu, est subordonné comme place aux exigences du terrain. Mais les conditions ci-dessus sont impérieuses; et si un terrain donné ne permet pas l'indépendance des services et l'aération des bâtiments, c'est que ce terrain est trop petit ou impropre pour une raison quelconque à l'établissement d'un hôpital.

Après cette exposition générale, je puis aborder les diverses parties du programme, en commençant par les Pavillons de malades.

Page 1