CHAPITRE V
LES SALONS
SOMMAIRE. — Origine du salon. — Anciennes salles d'assemblée. — Les salons dans l'appartement. — Emplacement. — Grands et petits salons. — Successions de salons. — Enfilades. — Salles de réception. — Galeries. — Salles de fêtes et de danse.
Le mot salon (anciennement sallotï) est relativement moderne; mais il a eu dans le passé son équivalent avec les expressions : grand salle, parloir, salle dassemblée, ou simplement la salle. Vous trouverez même dans l'ancien langage et jusqu'au xvii^ siècle le mot chambre employé pour désigner un salon véritable, par exemple la fameuse Chambre bleue où M™^ de Rambouillet réunissait les précieuses : mais dans cette acception on ajoutait ordinairement chambre de conversation.
Cependant, il est certain que si l'on a toujours été à même de recevoir ses amis, — et même au besoin ses ennemis, — l'affectation particulière d'une ou plusieurs pièces à la réception s'est accentuée depuis un siècle ou deux. Nous voyons, par exemple, que les grandes dames du xvii^ siècle et même encore du xviif recevaient leurs visites dans la chambre à coucher principale, parfois même restant dans leur lit : de là, toutes les significations du mot raelle qui joue un si grand rôle dans la littéra-
ture. c( Propos de ruelle », cela voulait dire commérages, médisances, nouvelles du jour. Les nouvellistes « couraient les ruelles ». Les réceptions du petit lever du roi avaient lieu dans la chambre de parade. Du reste, Blondel, que je vous ai déjà cité, dit de cette sorte de chambre : « la dame de la maison y reçoit les visites de cérémonie. »
On faisait donc dans la chambre une partie de ce que nous faisons dans le salon; mais le salon existait sous le nom de salle d'assemblée.
Dans la maison antique, le salon n'existe pas; la réception avait lieu, comme je vous l'ai dit, dans Yatrium et le tablimim. Réception d'ailleurs qui n'avait rien de commun avec la nôtre : peu ou point de femmes, hiérarchie de patron à cHents. Cela serait plutôt analogue à ce que sont chez nous les réceptions d'audience d'un homme public, ou encore se retrouverait par analogie dans les habitudes du xvii^ siècle, alors qu'on allait faire sa cour, se montrer au maître. Quant aux réunions intimes, la maison antique les admettait dans le péristyle, le triclinitim, les parties élégantes et non publiques de la maison.
Avec le Moyen-âge apparaît la grand salle, ou parloir. En général, l'habitation seigneuriale comportait une vaste salle commune, où l'on faisait de tout un peu. On y mangeait, on y jouait, on y faisait la veillée, on y dormait. Telle est, par exemple, la grande nef ou salle du château de Pierrefonds (fig. 579). Cela ne ressemble pas à nos salons.
Dans la maison bourgeoise, il y avait aussi la grande salle, plus modeste bien entendu, mais servant aussi à des usages multiples; arriére-boutique et atelier si le bourgeois était un marchand; salle à manger et sans doute aussi cuisine; salle à veiller entre voisins et compères. Cette salle formait souvent le rez-de-chausées de lamaison, et au-dessus étaient les quelques chambres de la famille.
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Cette disposition est celle des maisons bien connues de Cluny, d'Orléans (fig. 580), de Montferrand, etc.
f^'g- 579- — Grande salle du château de Pierrefonds. Coupe et plan.
C'est à mesure que l'existence devient plus raffinée et plus élégante qu'on éprouve le besoin d'avoir des pièces diverses pour les diverses fonctions de la vie. Alors, les pièces se spécialisent, et on voit dés lors des salles à manger, des bibliothèques, etc., et en particulier des salles d'assemblée ou de conversation. Ce sont nos salons.
Je n'ai pas besoin de vous dire que le salon ou les salons concentrent la richesse et les éléments de la représentation de l'habitation. C'en est la partie la plus décorée, la plus théâtrale. Chaque salon est aussi beau que possible, i^ I mais s'il y en a plusieurs, la disposition doit être telle qu'ils se complètent les uns les autres. Là se justifient les grandes enfilades et les longues perspectives. Les salons s'étudient avec la pensée de la réception et de la fête, des toilettes, de la musique, de la danse. Comme nous avons fait pour les chambres, voyons md'une°mai- d'abord kur place logique dans l'appartement.
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Plan d'une mai son à Orléans
Ici, à l'inverse de la chambre, c'est à l'étranger, à l'hôte, qu'ils faut penser d'abord. Venant de l'antichambre, soit qu'il s'agisse d'une visite de jour ou d'une réception de soirée, il devra passer directement de l'antichambre aux salons, sans avoir à traverser de dégagements quelconques. Aussi faut-il rejeter absolument la distribution, fréquente autrefois, qui obligeait à traverser la salle à manger pour arriver au salon : soit qu'on dresse le couvert, soit qu'on desserve, à plus forte raison si l'on est encore à table, cette servitude de passage est inadmissible.
Les salons seront groupés : les grands salons formeront un ensemble, les petits salons seront rejetés aux extrémités. Les petits salons, en effet, abritent des conversations intimes, des tables de jeux, un isolement relatif au milieu du bruit : ce serait
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donc une faute de les interposer entre des grands salons : ils ne seraient plus qu'un lieu de passage. Au contraire un petit salon sera une transition toute naturelle entre les salons et la chambre principale ou un cabinet de travail, une bibliothèque, etc.
Une question très grave se pose à propos de l'emplacement du groupe des salons, ou plutôt de leur 1 f,^ exposition sur telle ou z'f ■ i, telle façade. Dans les anciens hôtels, entre cour et jardin, nulle difficulté :
la réception absorbant tout un étage — le rez-dechaussée, — et l'habitation, ou plutôt les chambres, étant au premier étage, on disposait naturellement les salons à la plus belle place, sur le jardin, et sur la cour on plaçait les vestibules, escaliers, vestiaires, pièces de service, etc. Telle est la disposition de tous les plans d'hôtels des xvii'^ et xviii*^ siècles; telle est par exemple celle du palais de l'Hlysée ou celle du joli hôtel de Salm, aujourd'hui Palais de la Légion d'honneur (fig. 581). Au-dessus de cet appartement de réception ainsi disposé, et lorsqu'il y a un premier étage, les plus belles
Fig. 581. — Plan de l'hôtel de Salm.
(Actuellement de la Légion d'honneur).
A, entrée et porte. — B, galerie circulaire. — C, loge du suisse. — • D, loge du concierge. — E, passage des voitures. — F, grande cour. — G, péristyle. — H, vestibules. — I, antichambre. — K, salle de musiaue. — L, salon. — L, petit salon. — M, salle à nunger. — NN, chambres À coucher. — N'^N"*, petites chambres i coucher ou boudoirs. — O, cabinets. — PP, cabinets de toilette. — Q., garde-robe i l'anglaise. — R, grande galerie. — SS, cabinets particuliers, — T, petit cabinet de travail. — V, salle de billard. — VV, remises. — XX, écuries pour trente chevaux. — Z, petite cour.
chambres sont à leur tour orientées sur le jardin, leurs dépendancea sur la cour : loin d'être contradictoires, ces deux dispositions se complètent et se confirment l'une l'autre.
Mais lorsque l'habitation d'une même famille ne comporte qu'un seul niveau — ce qui est le cas de beaucoup le plus fréquent, celui de tous nos appartements — il y a un côté principal, un côté secondaire : par exemple la façade sera sur une belle avenue, avec de l'espace, de la vue, du soleil ; le reste sera sur une cour : quel parti prendre ? Le plus souvent, on place les salons en façade ; on aime à les faire voir, on veut que les soirs de fête de nombreuses fenêtres soient richement éclairées. Mais les chambres sont sacrifiées, et pourtant les salons servent rarement, les chambres toujours. En tous cas, il faut ici encore faire la part des sacrifices, et la question est grave, car le parti à prendre entraîne des conséquences sur lesquelles on ne pourra plus revenir.
Eh bien, c'est là une question de programme; c'est à votre chent et non à vous de savoir et de décider ce qu'il préfère sacrifier, de l'apparat ou de l'intimité.
Dans une succession de salons, il faut chercher la variété : variété de forme et de décoration. C'est ainsi qu'à Versailles, pour prendre l'exemple le plus grandiose, aux deux extrémités de la Galerie des Glaces, vous trouvez des salons carrés, dont la décoration est absolument différente (fig. 582, Salon de la Guerre, à Versailles). Cette variété a toujours été recherchée; à des salons en longueur s'opposent des salons carrés, parfois ovales; à côté des voussures existent des plafonds, à côté des lambris, des tentures ou des peintures.
Cependant, il y a des éléments qui se trouveront dans tous les salons : en premier lieu une cheminée. Les salons auront de
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larges portes à deux vantaux en enfilade, de façon à assurer la circulation facile un jour de réception nombreuse.
Dans le salon comme dans la chambre, vous devrez éviter les
portes dans des milieux. D'abord, dans les murs de refend perpendiculaires à la façade, c'est une place réclamée par la cheminée; non seulement l'usage le veut, pour que les personnes assises devant le feu ne soient pas à contre-jour, mais dans la plupart des cas la construction l'exige. Entre le mur de façade et un mur intérieur qui lui est parallèle, vous avez une largeur constante et ce sont ces deux murs qui porteront la construc-
F'g' 5^3' — Grand Salon, d'après Blondel.
tion de vos planchers, que les poutres soient apparentes ou non ; or, cette construction des planchers serait précaire s'ils devaient être portés par un mur criblé de tuyaux de cheminées. Si au contraire vous vouliez faire porter les planchers sur les murs de refend perpendiculaires à la façade, il vous faudrait partout des murs et 'non des cloisons, et d'ailleurs vous vous interdiriez ainsi les grandes dimensions de salons, dont la longueur ne pourrait excéder les portées admissibles pour vos poutres.
Plaçant donc la cheminée contre un de ces murs de refend (fig. 583), les portes seront nécessairement latérales; et ce sera
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.se
au grand profit de l'effet ; car en face de la cheminée, vous aurez une place de milieu pour un meuble principal, ou pour une glace qui répétera celle de la cheminée. Comme vous aurez un ou plusieurs lustres dans l'axe de votre plafond, ces lumières se réfléchissant dans l'enfilade des glaces multiplieront l'aspect brillant de la fête. Et ce sera plus commode aussi, car rien ne serait plus gênant dans un salon qu'une circulation qui le couperait . en deux. Il faut considérer la circulation par l'enfilade des portes comme un véritable portique intérieur où les allées et venues ne doivent pas troubler les réunions de personnes assises dans le salon autour de la cheminée. Parmi les plus beaux salons de l'architecture française était celui du château de Bercy (fig. 584 et 585), aujourd'hui démoli.
^^^ Mais aurez-vous une ou deux enfilades de portes ? Cela dépend et cies dimensions, et du programme implicite du salon. Si les dimensions sont restreintes, deux portes disposées de chaque côté de la cheminée ne laisseraient aucun espace pour la conversation, et le salon ne serait plus qu'un lieu de passage. Le parti de deux portes n'est donc réellement possible qu'avec des dimensions assez vastes, comme par exemple le beau salon ^Hercule à Versailles. Autrement on en arrive à ces salons comme on en voit parfois, où il n'y a que des portes, et pas de place pour des meubles, des tableaux, etc.
Quant au programme, j'entends par là que des salons peuvent être destinés à une foule ou à des réunions assez peu nombreuses. Voici un exemple saisissant de ces différences.
Les salons de Versailles (fig. 586) sont assurément très vastes, bien dégagés par les enfilades de portes de large ouverture. Mais en somme le Palais de Versailles a été fait pour des réunions de la cour, c'est-à-dire d'un personnel plus choisi que nombreux. Aussi n'y a-t-il de porte qu'entre la cheminée et le
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mur de façade : là se faisait la circulation, et le surplus du salon constituait un espace tranquille, réservé à la conversation, avec
Fig. 586. — Grands appanements du château de Versailles.
des sièges suffisamment espacés, et où l'on n'était pas dérangé. C'était la réalisation parfaite du programme. — En 1878, on a voulu donner dans ces salons une fête pour laquelle on avait lancé plus de dix mille invitations; on s'y écrasait, nulle circula-
8o ÉLÉMENTS ET THÉORIE DE l' ARCHITECTURE
tion n'était possible, de nombreux accidents ont eu lieu, et la fête a pris presque les proportions d'un sinistre. C'est que les salons de Versailles n'ont pas été conçus pour des foules; et dans les réceptions telles qu'on les comprend maintenant, où l'on ne peut que circuler sans s'asseoir, le salon devient un lieu de passage et non de séjour; il faut alors avant tout la circulation, et avec la disposition des portes doubles, cette circulation se canalise d'elle-même en chaque sens. Telle est, par exemple, la disposition des salons de l'Hôtel de Ville de Paris (fig. 587). Il faut donc bien voir à quel programme on doit satisfaire et l'accepter tel qu'il est, en se gardant bien seulement de faire des hors de proportion : un salon de palais et un salon de maison sont choses différentes, et rien ne serait ridicule comme une imitation en petit des salons de Versailles.
Ai je besoin de vous dire que dans l'habitation le salon a toujours offert le programme artistique par excellence. Car il faut comprendre sous cette appellation toutes les salles qui dans les Palais, les hôtels, les maisons, servent à se réunir et à recevoir; ce sont des salons, ces magnifiques salles du Vatican ennobHes par Raphaël (fig. 588), ou encore ces salles des appartements Borgia, d'une si belle décoration; ces salles du Palais Pitti à Florence (V. plus haut, fîg. 464), du palais des Doges à Venise; ces anciennes salles du Louvre, et cette succession des grands appartements de Versailles.
Comme pour les chambres, je ne puis que vous engager à voir. Rien n'est plus varié que le salon, car rien n'est plus libre : au fond, c'est tout simplement une pièce assez vaste, qui n'a d'autre objet que de contenir à l'aise un certain nombre de personnes. C'est une pièce de luxe et de représentation. Aussi ' en voyez-vous qui empruntent tous les éléments et tous les
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Hig. 587. — Salle des fctcs, à l'Hôtel do Ville de Paris. (Disposition primitive par Lesueur. )
tUmenti et Théorie de VArchiteclure. — II.
moyens de l'architecture, les voûtes ou les plafonds, les marbres ou les boiseries, les peintures, les tentures de tapisserie ou de
Fig. 588. — Chambre du Vatican.
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soierie, les dorures et les camaïeux : mais toujours avec le wii/»v>*'''''^-^ouci de la commodité de disposition, et du placement judi- "'j^ cieux des meubles nécessaires.
Nos petits salons correspondent dans le langage contemporain à ce qu'on appelait jadis boudoirs et parfois cabinets.
Vous pouvez voir de nombreux exemples de beaux salons; à Versailles notamment, les salons des grands appartements, et les salons plus restreints des petits appartements; au grand Trianon, les beaux salons boisés qui ne sont pas inférieurs à ceux de Versailles ; au petit Trianon, le salon et le boudoir de Marie-Antoinette, et le salon du Pavillon français (fig. 589), qui servait surtout de salon de jeux; le pavillon de musique, etc.; à Fontainebleau, de nombreux salons tous remarquables à divers titres; pour les désigner particulièrement, il faudrait presque une nomenclature de tout le château, car les grandes chambres peuvent aussi justement être qualifiées salons; les salons du château de Vaux, etc.; à l'hôtel Soubise, de beaux salons du xviii^ siècle; à Rambouillet, au i^"" étage du château, la suite des salons dans l'aile droite de la cour d'honneur : deux salons principaux, un petit salon, et un boudoir, tous du temps de Louis XV et d'un art élégant et gracieux, surtout le petit boudoir qui termine la suite de ce bel appartement.
C'est peut-être à propos des salons qu'il convient de parler des cheminées qui jouent un si grand rôle dans leur décoration, bien que cet élément soit commun aussi à la chambre, à la salle à manger, etc. Vous connaissez ces grandes et belles cheminées monumentales de l'hôtel Cluny, de Saint-Germain, de Fontainebleau, de Blois, etc., dont l'architecture s'élève jusqu'à la voûte ou jusqu'au plafond, si diflérentes de nos cheminées modernes. Vous êtes-vous demandé pourquoi? C'est que dans ces monuments le tuyau de cheminée est toujours adossé
au mur; on n'avait pas imaginé de l'encastrer dans [l'épaisseur
Fig. 589. — Pavillon français, à Trianon.
de ce mur. Parmi les plus remarquables sont les belles cheminées du château de Cadillac.
Cette disposition est excellente, car elle laisse au mur toute
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sa solidité; mais elle exige de la place dont nous sommes aujourd'hui plus avares. On imite souvent ces cheminées, mais lorsque leur architecture spéciale n'est pas motivée par la saillie du coffre, motivant lui-même le manteau, ce n'est plus qu'une fantaisie décorative.
Mais, comme le dit Blondel, ces grandes cheminées sont assez encombrantes, et sous Louit XIV et Louis XV, on est arrivé à restreindre leur largeur et leur développement architectural, à en faire moins un monument spécial, à les unifier davantage avec l'étude et la tenue générale de la pièce.
On a fait les foyers moins hauts, la peinture et les glaces les ont "reliées aux encadrements ou aux boiseries. 11 est intéressant de comparer aux cheminées
Fig. 590. — Cheminée du Salon d'Hercule, à Versailles.
monumentales que je rappelais tout à l'heure, celle très grande aussi, très artistiquement étudiée, mais déjà plus intime, du salon d'Hercule à Versailles (fig. 590); puis, dans ce même Palais, celle du cabinet de Louis XV, surmontée d'un élégant cadre de glace et accompagnée des belles boiseries de cette jolie salle (fig. 591).
Dans nos habitudes de construction, la cheminée ne motive plus, dans les conditions les plus fréquentes, de saillie au-dessus Jy^^' if^ de sa tablette; ce qui la surmonte, glace ou décor quelconque, s'applique contre le mur même, le tuyau de fumée étant dans le
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Fig. 591. — Cbeminé« du Cabinet de Louis XV, i Versailles.