ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG H
hémalies et aux leucocytes, elliptiques comme les premiers et transparents comme les seconds; ce sont des g-lobules en voie de transformation.
Chéloniens, tortue. — Les mômes réactifs, en proportion variable doivent être employés pour l'étude desglobules rouges. Uac. acétique dilué est également le réactif applicable aux globules blancs, qui présentent les mêmes caractères que cidessus.
La segmentation du noyau des leucocytes, leur prolifération et leur transformation en hématies ont été aussi observées par M. Sappey; mais ces phénomènes sont d'une étude plus difficile que chez les batraciens.
Oiseaux. — Le cœur a quatre cavités ; l'oxygénation du sang est plus parfaite; le nombre des globules blancs diminue, car ceux-ci opèrent plus rapidement leur évolution et leur transformation.
Cependant, malgré les conditions favorables de la circulation, les globules rouges restent elliptiques et volumineux, le protoplasma prédominant encore sur le noyau; cela tient à la petitesse des poumons qui fait que l'hématose est moins complète encore chez eux que chez les mammifères.
Les hématies des ovipares sont essentiellement constituées par le protoplasma; celles des mammifères et de l'homme sont essentiellement constituées par le noyau.
Les réactifs applicables à l'étude des globules varient suivant les familles et les genres.
Gallinacés. — Comme chez tous les vertébrés, les caractères extérieurs desglobules rouges peuvent être étudiés dans le plasma ou à l'aide de l'acide osmique ou du sérum iodé. Ces globules sont elliptiques; leur noyau est également elliptique et très granuleux; on peut le mettre en évidence par Tac. acét. au 60^
Une solution de bichrom. de potasse et de sulfate de soude, mêlée à l'acide acétique (V. les doses dans l'ouvrage de M. Sapv. 7
pev), montre la situation périphérique du noyau, quand on fait tourner les globules sur leurs divers axes.
Un réactif analogue, dans des proportions différentes, fait voir les granulations du protoplasma.
Les globules blancs seront étudiés au moyen de l'acide acétique. Les uns sont framboises, les autres finement granuleux. Le noyau est parfois en voie de segmentation.
Sur le poulet, au septième jour de l'incubation, les deux formes de globules existent : les rouges avec un noyau arrondi, les blancs avec un noyau plus volumineux que les rouges. Quelques-uns de ceux-ci sont déjà en voie de prolifération (Sappey).
Chez les palmipèdes^ les globules rouges sont un peu plus volumineux que chez les gallinacés; chez \e^ passereaux, ils sont au contraire plus petits.
Les mêmes réactifs, dans des proportions différentes (V. l'ouvrage de M. Sappey), sont applicables à l'étude des parties constituantes des hématies et des leucocytes.
L'étude comparative des éléments figurés du sang chez les oiseaux permet d'observer leurs différents degrés d'évolution et montre que, chez eux aussi, les globules blancs, en se chargeant d'hémoglobine, se transforment en globules rouges.
Mammifères. — Les globules rouges sont plus petits et plus nombreux que chez les animaux précédents; ils pénètrent plus facilement jusqu'aux particules élémentaires de l'organisme et rendent la vie plus active.
Ces hématies sont arrondies, aplaties, déprimées au centre sur chacune de leur face ; elles sont elliptiques chez les caméliens.
C'est la structure de ces éléments qui est surtout intéressante et c'est elle qui doit être étudiée dans les principaux ordres, à l'aide de réactifs spéciaux.
Solipèdes, cheval. — Les granulations sont mises en évidence par une solution de bichromate de potasse (5) et de sulfate
de soude (20) dans 500 gr. d'eau, additionnée, pour 30 gr. de cette solution, de 10 gr. d'ac. acét. à 90°.
Une solution composée des mêmes substances, dans des proportions différentes, fait apparaître dans chaque globule son enveloppe son noyau et, autour du noyau, une même couche de protoplasma.
Le noyau est rouge brun, granuleux et se continue par un point avec l'enveloppe ; c'est par ce point, à mesure que la réaction s'opère, que le protoplasma s'échappe; le noyau en même temps diminue de volume et finit par disparaître. Le globule n'est plus représenté que par son enveloppe.
Le protoplasma est d'un rouge pâle, il accompagne le noyau pendant son retrait et s'échappe par la même voie, molécule à molécule. L'enveloppe garde sa forme et reste intacte.
Les mêmes phénomènes se produisent invariablement chez tous les mammifères et chez l'homme.
Les trois parties constituantes des globules rouges montrent leur analogie de constitution avec les globules blancs qui n'en diffèrent que par l'absence de coloration. Or, on peut faire disparaître la coloration des hématies en les lavant avec l'acide acétique à l^"" : elles sont alors semblables aux leucocytes.
Les globules blancs sont nucléés; chez quelques-uns en voie de prolifération, les noyaux sont divisés en 2,3 ou 4 globulins.
Si l'on traite simultanément les globules blancs et les rouges par l'ac. acét. à 75'', on voit que les hématies pâlissent et que le noyau des leucocytes rougit; on voit aussi que le noyau des globules blancs égale le volume des globules rouges.
Pour que la transformation s'opère du globule blanc en rouge, il suffit que l'enveloppe se rapproche par la disposition du protoplasma; le noyau rougit par l'oxygénation comme
SOUS l'influence de l'acide acétique, et le leucocyte est devenu une hématie (Sappey).
Rimiinants, bœuf et nnoulon. — Les globules blancs ou rouges présentent des caractères semblables. Les mêmes réactifs que ci-dessus leur sont applicables, avec quelques difl'érences dans la proportion des substances employées (Y. l'ouvrage de M. Sappey). On peut, à l'aide de ces réactifs mettre en évidence les granulations, le noyau, le protoplasma et Fenveloppe des globules rouges.
En décolorant ces éléments, on constate que les granulations sont inhérentes à la globuline ; « que ce sont les granulations des globules blancs qui persistent à l'état latent dans les globules rouges » (Sappey).
Parmi les globules blancs, quelques-uns ont leur noyau segmenté, et « des globulins en voie d'éruption oa déjà sortis, ou en voie d'accroissement » (Sappey).
Pachydermes^ porc. — En raison de l'état granuleux et de la structure des globules rouges, non seulement la proportion des substances employées pour le réactif doit être modifiée (V. l'ouvrage de M. Sappey), mais il faut frotter le mélange de sang et de réactif sur le porte objet avec une tige de verre.
On constate très bien, chez cet animal, le retrait graduel du noyau et l'éruption du protoplasma.
La constitution des globules est d'ailleurs la même que chez les animaux précédents.
Chez les rongeurs (lapin, cochon d'Inde et rat) et chez les carnassiers [ohieii, chat, hérisson), les globules rouges et blancs sont formés des mêmes éléments constituants que les réactifs analogues, composés des mêmes substances en proportion différente, mettent facilement en évidence.
Chez tous ces animaux on peut observer la segmentation des noyaux des leucocytes, la prolifération de ceux-ci; on peut constater que chaque élément figuré a pour point de départ un
ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG Hl
globiilin, qui devient un globule blanc et se transforme ensuite en globule rouge.
Homme. — Chez l'horame également, les granulations du protoplasma, le noyau, le protoplasma et l'enveloppe des globules rouges sont rendus visibles par des réactifs semblables.
L'acide acétique dilué est également applicable à l'étude des leucocytes.
Chez riiomme adulte, comme chez les autres mammifères, quelques-uns sont framboises, d'autres finement granuleux. On en voit dont le noyau est segmenté en deux ou plusieurs globulins.
Chez le fœtus humain, comme chez les embryons des mammifères, les globules blancs apparaissent des que le cœur commence à battre. Presque tous les leucocytes sont en voie de prolifération, et on peut observer les éléments « depuis le moment où les globulins sortent de leur enveloppe commune, jusqu'à celui où les leucocytes commencent à se transformer en hématies » (Sappey).
Une semblable prolifération des globules blancs s'observe chez la femme grosse, et la division des noyaux des leucocytes, l'extrême multiplicité des globulins sont, d'après M. Sappey, de bons signes de la grossesse.