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ÉLÉMENTS FIGURÉS DU SANG DES VERTÉBRÉS

Amphioxus. — Le sang est en quantité très minime et ne renferme pas de globules rouges (deQuatrefages, Sappey) ; ses éléments sont des globules blancs, transparents, sans noyau, parsemés de quelques granulations brillantes. Ces globules sont sphériques ou légèrement ovoïdes, petits (5 à 8 mill. de mm.) (Robin). — C'est, d'après Sappey, le seul animal dont les globules blancs ne renferment pas de noyau.

Poissons. — Chez ces animaux, le cœur est veineux.

P. cartilagineux.

Raie. — Sang extrait de l'oreillette, après ligature des veines qui s'y rendent.

Globules rouges. — Elliptiques, réguliers, aplatis, avec un noyau pâle, également elliptique.

Par l'action du sérum iodé, ou mieux du liquide suivant, on voit les granulations du protoplasma et du noyau :

Bichromate de potasse 2 gr.

Suif, de soude 10 gr.

Eau distillée 200 gr.

Mêler 30 gr. de ce mélange avec 15 gr. d^ac. acétique a 90**.

Quand on traite le sang par une goutte de ce mélange de bichromate de potasse, suif, soude et ac. acétique, on constate que le noyau présente un contour très accusé et est granuleux, que le protoplasma prend également un aspect granuleux. On peut obtenir le même résultat avec un mélange à parties égales de suif, de soude à saturation et d'ac. acét. ordin.

Quand on traite le sang par une goutte du mélange suivant ;

Sol. de bichrom. pot, et suif, soude. 30 gr.

(comme précédemment) Ac. acét. à 90« 20 gr.

on voit le protoplasma se rétracter et l'enveloppe du globule se détacher et s'isoler.

Globules blancs. — Volumineux, mais de volume variable, sphériques, granuleux, noyau périphérique, uni à l'enveloppe, également granuleux. On peut les étudier avec avantage dans les ganglions œsophagiens, macérés dans Fac. acétique au 10^

Squales. — Éléments semblables aux précédents; doivent être traités par les mêmes réactifs.

Lamproie. — Les globules rouges sont sphériques. Pour mettre le noyau en évidence, on se servira du liquide suivant :

Bichrom. pot 2 gr.

Sulfate de soude 2 gr .

Eau distillée 500 gr.

Mélanger :

Liquide précédent 45 gr.

Ac. acétique à 90° S gr.

Par ce réactif, on met en évidence les granulations du protoplasma et du noyau, et le contour de celui-ci. On voit pendant la rotation des globules que le noyau se continue avec Tenveloppe et occupe toujours une situation périphérique.

Les globules blancs sont semblables à ceux des autres poissons.

Chez la lamproie, les blancs elles rouges se distinguent seulement par une différence de coloration.

Poissons osseux. — Par leur configuration et leur composition, les globules blancs et rouges ressemblent à ceux des poissons cartilagineux.

Tanche. — Globules rouges, elliptiques, aplatis, un peu plus petits que ceux des poissons cartilagineux. Pour montrer le noyau, se servir du réactif :

Biclirom. pot 2 gr.

Suif, soude au 100'^ 47 gr.

Acid. acétique ordin 1 gr.

Les globules deviennent alors spbériques, et, par la rotation, on voit le noyau à la périphérie.

Pour montrer les granulations du protoplasma :

Bichrom. pot 1 gr.

Suif, soude 6 gr.

E. distill 500 gr.

Mêler 40 gr. de cette solution et 8 gr. d'ac. acét. ordin.

Si au lieu d'ajouter 1/6 d'ac. acétique, on ajoute 1/3, le noyau et toutes les granulations deviennent très manifestes. On obtient le même résultat avec ce réactif :

Suif, soude à saturation 1 gr.

Acid . acét 2 gr .

Les globules blancs seront traités par l'ac. acét. au 150°; quelques-uns sont en voie de prolifération.

Anguille, — Globules rouges semblables aux précédents. Noyaux et granulations rendus visibles par :

Suif, soude 1 gr.

Ac. acét 3 gr.

Globules blancs traités par ac. acét. au 100^ Après trois excisions de la queue (7,10, 12 avril)^ le nombre des globules blancs augmente, quelques-uns sont en voie de prolifération; mais la segmentation des noyaux, sous l'influence des hémorrhagies, est moins accusée que chez les batraciens.

Carpe. — Globules rouges semblables aux précédents; mais les réactifs qui leur sont propres exigent des proportions

spéciales (comme d'ailleurs chez tous les vertébrés, d'après Sappey).

Réactif des globules rouges :

Bichrom. pot 1 gr.

Suif, soude 6 à 10 gr.

Eau distillée 500 gr.

Mêler 30 gr. de cette solution et 15 gr. ac. acét. ordinaire. Globules blancs étudiés avec Tac. acét. au 60^.

Perche. — Pour montrer le noyau :

Bichrom. pot. au 500^^ 1 gr.

Suif, soude au 100^ 48 gr.

Ac. acét. ordin • . . . . 1 gr.

Les globules deviennent sphériques et on voit le noyau périphérique.

Les deux réactifs suivants montrent les granulations et le noyau :

1° Bichrom. pot. au 500^ 4 gr.

Sulfate soude au lOO'' 42 gr.

Ac. acét. ordin 4 gr.

2* Sulfate soude à saturation 1 partie.

Acide acét. étendu d'eau 1 partie.

Sur de très Jeunes perches, M. Sappey a pu observer un phénomène plus fréquent encore chez les têtards, c'est la diapédèse du noyau des globules rouges.

En traitant une goutte de sang par une solution de curare au 400% on voit, au bout d'une demi ou une minute, les noyaux sortir lentement des globules. On rend la diapédèse plus prompte en ajoutant sur le bord de la lamelle une goutte d'ac. acét. au oO\

Pour l'étude des globules blancs, se servir d'ac. acét. au 50"" ou au 100°.

En résumé, chez les poissons, les deux ordres de globules présentent la même constitution et sont formés des trois mêmes éléments. Les granulations du protoplasma existent dans les rouges comme dans les blancs; mais elles sont à l'état latent et n'apparaissent que sous l'influence des réactifs. Les rouges sont, enefl'et, la deuxième période de développement des blancs.

Batraciens. — Le cœur a trois cavités et les deux sangs sont mélangés dans le ventricule unique ; les conditions de la circulation sont donc moins favorables que chez les poissons pour la transformation des globules blancs en rouges, car chez ces derniers les deux sangs sont distincts.

Et, enefl'et le nombre des leucocytes est, proportionnellement aux rouges, beaucoup plus considérable que chez les poissons : chez les batraciens, le nombre des globules blancs est aux rouges : : d : 50. Chez les poissons osseux, il est : : 1 : 200 ou 250. C'est chez les batraciens qu'on peut le plus facilement modifier le nombre des globules blancs par des hémorrhagies répétées ; c'est chez eux aussi qu'on observe le mieux la transformation des globules blancs en rouges.

Ti'iton. — Globules rouges, volumineux, elliptiques, aplatis, avec noyau elliptique; celui-ci est rendu plus visible par le réactif :

Bichrom. pot. au 500'' 1 gr.

Suif, soude au 100« 48 gr.

Ac. acét. orJin 1 gr.

Pour voir les granulations du noyau, on emploiera soit un mélange de suif, soude à saturation et d'ac. acét. ordinaire ;

Soit

Bichrom. pot 1 gr*

Suif, soude 10 gr.

Eau distillée 500 gr.

Mêler 30 grammes de celle solution avec 20 grammes d'ac. acét. à 90^

Pour voiries grauul. da proloplasma :

Bichrom. pot ^ ë^-

. Suif, soude 6 gr.

E. distillée 50 gr.

Mêler 30 grammes de cette solution et 15 grammes ac. acét. à 90".

Globules blancs. — Le réactif qui leur est propre est l'acide acétique au 150® et même plus dilué. Les uns sont très volumineux et framboises, les autres sont finement granuleux et laissent voir leur noyau. Quelques-uns sont elliptiques et ressemblent aux globules rouges, moins la coloration. D'autres sont très petits, ce sont des globulins.

Certains globules, en proportion plus ou moins considérable, ont leur noyau en voie de segmentation et divisé en deux, trois, quatre, cinq globulins ; ces globulins-noyaux sont entourés de fines granulations, vestiges du proloplasma. Dans quelques globules, les globulins s'échappent de la cellule ; on en voit en train de sortir, d'autres déjà libres, et on voit à côté d'eux des cellules vides.

Il est très facile, chez le triton, à la suite d'hémorrhagies abondantes, d'observer la segmentation des noyaux, la sortie de ceux-ci à l'état de globulins et la prolifération des globules blancs. On voit alors, à l'aide de l'ac. acétique au 50*, chaque globulin s'entourer d'abord d'une enveloppe, puis d'un corps cellulaire ou protoplasma, qui se charge de granulations, et devenir des globules blancs, mais jamais des hématies, contrairement à l'opinion de M. G. Pouchet.

Ultérieurement, chaque globule blanc s'allonge, devient elliptique, se teinte d'une couleur d'ambre et présente tous les caractères propres aux hématies ; puis l'hématie, après avoir

servi à la nutrition, devient sénile, se dissocie peu à peu et disparaît dans le plasma sanguin.

Tous ces faits ont été établis par de nombreuses expériences de M. le professeur Sappey.

Grenouille. — Les éléments figurés du sang ressemblent à ceux du triton. Les globules rouges sont seulement un peu plus nombreux et moins volumineux.

Le noyau et ses granulations sont mis en évidence par un mélange de sulfate de soude et d'acide acétique : les granules du protoplasma sont rendus très nets par une solution de bichromate de potasse et de sulfate de soude, unie à l'acide.

Les globules blancs sont remarquables, comme chez tous les batraciens, par les expansions sarcodiques qu'ils présentent à leur sortie des vaisseaux. Pour l'étude de leur constitution, on peut employer soit l'acide acétique dilué depuis le 50*^ jusqu'au 600*^, soit une solution de bichrom. de potasse, de sulfate de soude et d'acide acétique.

Les hémorrhagies produisent sur la segmentation des noyaux des leucocytes, sur l'issue des globulins, sur la multiplication des globules blancs et sur leur transformation en globules rouges, les mêmes effets que ceux que nous avons mentionnés chez le triton. Ces faits, déjà indiqués dubitativement par M. Yulpian ont été péremptoirement démontrés par M. Sappey.

Crapaud. — Les globules rouges et blancs sont semblables aux précédents, les réactifs propres à leur étude sont composés des mêmes substances, en proportion un peu différente (Y. l'ouvrage de M. Sappey). On peut suivre aussi chez eux la prolifération des globules blancs et leur transformation en globules rouges.

Têtard, — Un têtard de 6 à 8 millimètres immobilisé par une solution de curare au 500*^, par l'eau chloroformée ou par l'acide cyanhydrique au 300® permet d'observer au microscope la circulation pendant la vie. On voit alors les globules rouges allongés former d'abord une colonne au centre du capillaire ;

puis quelques-uns adhérents à la paroi, s'engagent au travers d'elle, la traversent en s'étranglant peu à peu et finissent par s'échapper en dehors. Ainsi se produit la diapédèse des hématies. Les leucocytes sphériques nucléés ont parfois leur noyau en voie de segmentation, car la prolifération des globules blancs se montre dès le début de la vie. Les leucocytes participent à la diapédèse des hématies qui est caractérisée par les mêmes phénomènes.

Vus hors des vaisseaux, ces éléments rouges ou blancs ne diffèrent pas de ce qu'ils sont chez l'adulte ; mais, sous l'influence de divers poisons, ils deviennent le siège de phénomènes remarquables.

A. Sous l'influence de l'eau chloroformée, de l'acide cyanhydrique au 100® ou du curare au 300% on voit le protoplasma des globules rouges pâlir, leur noyau s'avancer vers la périphérie, s'engager dans l'enveloppe du globule, la traverser et devenir libre en conservant sa forme arrondie. M. Sappey a observé ces faits sur les têtards de la grenouille, du crapaud et du triton.

B. Sous l'influence de l'eau chloroformée de l'acide cyanhydrique au lOO"" ou 200** ou du curare au 200''-600*' on voit parfois le protoplasma s'accumuler en une petite masse qui pousse le noyau devant elle et sort avec lui; l'hématie reste alors vide et représentée seulement par son enveloppe. On rend le phénomène plus visible en ajoutant sur le bord de la lamelle une goutte d'acide acétique au oO''.

C. Parfois aussi, sous l'influence de l'acide cyanhydrique au 100% particulièrement chez le têtard du triton, c'est la matière colorante seule qui traverse l'enveloppe du globule, sous forme de poussière, et qui se répand dans le liquide qu'elle colore en rouge. Les hématies sont alors décolorées.

Reptiles, — Le cœur a trois cavités, ou au moins les deux ventricules communiquent et permettent le mélange des deux sangs, excepté chez les crocodiliens, chez lesquels les deux

ventricules sont distincts ; mais les deux sangs se mélangent au sortir du cœur, après la naissance des artères céphaliques.

Les éléments figurés du sang sont semblables dans les trois ordres : ophidiens, sauriens, cheloniens: ils sont elliptiques avec noyau ; mais les réactifs propres à leur étude diffèrent suivant les genres.

Ophidiens. — Chez Torfe^, le noyau et les granulations des globules rouges apparaissent très nettement par un mélange aa. de sulfate de soude a. satur. et d'acét. ordinaire. Les globules blancs doivent être traités par l'ac. acét. au 75^, qui montre bien leurs trois parties constituantes.

Chez ]diCouleuvre,\Q^ mêmes réactifs que ci-dessus sont applicables pour les globules rouges et pour les blancs. Pour les rouges, on peut employer aussi la solution de bichrom. de potasse et de sulfate de soude, combinée à Tac. acétique. (Y., pour les doses, l'ouvrage de M. Sappey).

La multiplication des globules blancs par segmentation des noyaux se fait comme chez les batraciens (Expériences de M. Sappey).

Chez les fœtus de couleuvre, les globules rouges sont déjà bien caractérisés avec leurs trois éléments.

Les globules blancs sont deux fois plus gros que les rouges et comparativement plus nombreux; ils sont très granuleux et cachent le noyau, qu^on met en évidence par les réactifs ordinaires.

Sauriens, lézard. — Les parties constituantes des globules rouges, qui sont semblables à ceux des autres reptiles, sont mises en évidence par les réactifs (bichromate de potasse, sulfate de soude et acide acétique), combinés dans des proportions différentes (Y. l'ouvrage de M. Sappey).

Le réactif propre aux globules blancs est Tac. acétique au 40*^ ou au 50®. Le noyau de ceux-ci est parfois segmenté en deux, trois ou quatre globulins.

On trouve aussi chez eux des globules intermédiaires aux

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