INTRODUCTION XI
de preuves suffisant pour admettre que l'hématie discoïde soit une sorie de monstruosité anatomique radicalement différente des globules des ovipares el de l'embryon? Est-il bien plus satisfaisant pour l'espi it de la faire provenir des hématoblastes de Hayem, ou de blocs protoplasmiques détachés des cellules de Neumann et Malassez dans la moelle des os, que d'admettre que nous nous trouvons en présence d'un élément anatomique vieilli, qui s'est modifié dans des conditions encore inconnues pour la plupart?
Nous nous rallions à cette dernière opinion qui s'appuie sur un ensemble de considérations logiques et sur les faits directement constatés par M. le professeur Sappey.
Les leucocytes sont les seuls éléments figurés du sang des invertébrés ; l'hémoglobine est le plus souvent diifuse dans le plasma, parfois cependant concentrée partiellement dans les leucocytes chez ces animaux. Les combustions ont une activité moindre que chez les vertébrés et la fonction du transport de l'oxygène ne s'est pas encore spécialisée dans les hématies.
Chez les ovipares et les mammifères, les leucocytes ne représentent probablement que des formes de transition, que des éléments incomplets en voie de métamorphose.
Le fait est tout à fait certain chez les ovipares où l'on suit toutes les phases de transformation de certains leucocytes (leucocytes primaires de Pouchet) en globules rouges. M. Hayem s'est efforcé en vain d'assigner des caractères différentiels entre les hématoblastes des ovij-ares et les jeunes leucocytes.
Chez les mammifères, les données que nous possédons sur le passage des globules blancs à l'état d'hématies discoïdes ne sont pas aussi positives.
Peut-être les éléments auxquels on donne le nom de
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leucocytes de Semmer ou de cellules éosinophiles d'Ehrlich nous montrent-ils une des phases de cette métamorphose?
La manière dont se comportent les granulations desleucocytes de Semmer avec les réactifs nous indique que ces granulations sont très voisines de l'hémoglobine.
Les travaux modernes nous ramènent à Tancienne opinion de Warthon-Jones, de Donné, de Kolliker, de Reklinghausen, sur la transformation des globules blancs en globules rouges.
Tout porte à croire, néanmoins, qu'il faut établir des distinctions entre certaines variétés de leucocytes. — Tous ne sont pas invariablement destinés à devenir des hématies.
A côté des leucocytes uninucléés qui deviendront globules rouges, il en est d'autres plus volumineux qui sont polynucléés. Cette segmentation du noyau est un indice de l'activité vitale de ces éléments et de leur apiitude à se multiplier par fractionnement. La prolifération des leucocytes par division directe ou par division indirecte a été observée dans le plasma sanguin ou lymphatique.
Nous sommes donc bien loin de connaître encore dans leurs détails les rapports qui unissent les globules blancs aux globules rouges.
Les difficultés sont bien autrement grandes quand il s'agit de déterminer les origines même des éléments figurés du sang ; la question de l'hématopoièse est presque entièrement pendante.
L'apparition embryonnaire des premières hématies dans faire vasculaire a été assez bien observée. Les hématies sont des cellules mésoblastiques faisant partie intégrante des cordons pleins des premiers capillaires ou des amas cellulaires connus sous le noms d'îlots de Wolf. — Ces cellules mésoblastiques se libèrent par interposition du plasma et conservent, pendant les premières périotles du développement