AVANT-PROPOS
mais il contient un si grand nombre de remarques judicieuses, fines, élevées , exposées avec tant de lucidité et parfois d’une manière si piquante, qu’on le lira en France beaucoup plus volontiers que la mftaphjsique des mœurs. On y retrouvera, en plus d’une page, l’auteur des Observations sur les sentiments du beau et du sublime. Mais, comme j’ai dû m’y arrêter dans le travail qui va suivre, je n’ai pas besoin d’en parler ici davantage.
Viennent ensuite trois opuscules de Kant‘, qui, se rattachant à la morale, trouvaient ici naturellement leur place : 1” sous ce titre : D'un prétendu droit de mentir par humanité, en réponse à une théorie de Benjamin Constant, la discussion d’un point de casuistique, déjh indiqué dans la Doctrine de la vertu*-, j’ai dû m’en occuper aussi dans mon analyse critique de ce grand ouvrage ; — 2“ un examen de la première partie d’un livre de Schuiz , prédicateur 'a Gielsdorf , intitulé : Essai d'une morale applicable à tous les hommes sans distinction de religion ’ ; Kant y combat le fatalisme et lui oppose cette invincible démonstration de la liberté morale qu’il avait développée un an auparavant dans la Critique de la raison pra-
tique des mœurs, en les dégageant des remarques ajoutées par Rink. J’ai suivi leur exemple et leur texte.
■ Dans l'édition de MM. Rusenkranz et Schubert, septième partie, 1’* division , ces trois opuscules sont réunis , sous le titre de Morale et Politique, à ceux dont J’ai publié la traduction h la suite de la Doctrine du droit.
* Cette discussion fut publiée par Kant dans la Rerue mensuelle de Berlin , la même année que la Doctrine de ta vertu, en 1797 ; elle passa de là dans le recueil de Tieftrunk, .V vol. , p. 367-368.
» Cet examen parut en 1783 , dans un catalogue raisonné qui se publiait à Kœnigsberg. Borowski l’inséra ensuite dans sa biographie de Kant , p. 238- 2.60 , et Nicolovius le reproduisit plus tard dans son recueil , p. 371-378.
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AVANT- l’KUPUS.
tique; — 3" une Consolation adressée à une mère au sujet de la mort de son fils. Celle lellre, qui remonte k l’année 1760', esl vraiment une méditation philosophique , et par la noblesse des idées qu’elle exprime , par la haute moralité qu’elle respire , par le ton religieux qui y règne , elle méritait de figurer parmi les œuvres morales de Kant. On sentira , en la lisant, que chez ce grand philosophe le génie n’avait point étouffé le cœur.
Juillet 1855.
Jules BARNl.
' Publiée séparément cette même année, elle passa dans le recueil de Rink en 1800, et dans l’édition qu’en publia plus tard Nicolovius, p. 24-33.