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OC pfilKClPE DS LA DISTINCTION DS LA DOCTRINE DE LA VpBTU ET DE LA DOCTBINE DC DROIT.
Cette distinction, sur laquelle repose aussi en général la grande division de la doctrine des mœurs , se fonde sur ce que le concept de la liberté, qui est commun à l’une et à l’autre, rend nécessaire la divi-sion des devoirs en devoirs de liberté extérieure et devoirs de liberté intérieure, lesquels seuls appartiennent à l’étbique, — C’est pourquoi cette liberté intérieure doit servir ici de préliminaire (discursus prœliniiiuiris j , comme condition de tout devoir de vertu (de môme
' Dar.tlellHng. — > l'ersinnliclteii.
IXICTRINK IlF LA VERTI'.
qno plus Imiil nous avons présonlé la doctrino do la conscience comme la condition de tout devoir en général ).
UÜARQl'E.
DS LA doctrine de la vertu , comiDtRti d’aprLs le PiinapE DE LA liberl/ IKTtlIEDIE.
Vliahitiidc ' (hahitus) est une facilité d’action et une perfection subjective de Vurhitn' * de l'hoinme. — Mais toute fa- ■■ cilité^ de ce genre n'est pas une libre habitude ( luMtus liber tat is) ; car, quapd eile devient une accoutumance ‘ {asiuetudo) , c'est-à-dire quand la répétition fréquente de l'action nous en fait une nécvsiité, l’iiabitude no procède plus alors de la liberté , et par conséquent ce n’est plus une habitude morale. On ne peut donc dd finir la vertu, l'habitude de produire des actions libres conformes à la loi, mais celle « de se déterminer à agir par l'idée même de la loi ; > et alors cette habitude n’est pas une (|ualité de l’arbitre, mais de la volonté', laquelle est, jiar la régie qu’elle admet, une faculté de désirer* d'où découlent des lois universelles. Il n’y a que cette espèce d’habitude qui puisse être rapportée à la vertu.
Mais la liberté intérieure exige deux conditions : que l’on soit tnailrc de soi ’ dans un cas donné (animas sui compas), et que l’on ait l'empire de soi-même " {imperium in semetipsmn), c’est-à-dire que l’on réprime ses affections, et que l’on commande à ses passions. Dans ces deux états, le caract<’:re • est noble (erecta indotes) ; dans le cas contraire , il est lâche “ {indotes objecta, serra).
< Fertigkeil. — ’ Willkühr, — • Leichtigkeil. — * Angewohnheit.
• Des Willens. — * Begehrungscermbgen. Pour bien comprendre tout ceci , ii faut sc reporter aux définitions que Kant a données des mots arbitre, lolonté, faculté' de désirer, duos l’Introduction à la métaphysique des meeurs. qui précédé la Doctrine du droit. V. trad. franq., p. Ifi. J. B.
’ Sriner selbst Meister. — • L'eber sich selbst Herr 2u seyn. — » Cemùliisart. — •* F.drl. — n Dnedel.
i:»TROm’CTH)K.
LA TIITU Iliei d’ABOIO L’eMPIRE BK AOI-Ktm.
Il y a une différence essentielle entre les affections et les passions. Les affections appartiennent au sentiment, en tant que, précédant la réflexion, il la rend difficile ou impossible. Aussi dit-on qu’elles sont soiidaines* (animus prœceps); et la raison, par l’idée de la vertu, ordonne en pareil cas de se contenir^. Pourtant cette faiblesse dans l’usage de notre entendement, jointe à la force du mouvement de l’âme’, n’est que V absence de la vertu*; c’est, pour ainsi dire, quelque chose de puéril et de faible, qui peut très-bien se rencontrer avec la meilleure volonté, et qui offre encore au moins cet avantage, que la tempête sera bientôt calmée. Un penchant à une affection (par exemple à la colère) ne va donc pas si bien avec le vice que la passion. Celle-ci au contraire est un désir® sensible devenu une inclination constante ( par exemple la haine, par opposition à la colère). Le calme avec lequel on s’y livre laisse place à la réflexion, et permet â l’esprit de se faire des principes à ce sujet, et ainsi , quand l’inclination porte sur quelque chose de contraire à la loi, de la couver, de lui laisser prendre de profondes racines et d’admettre par là (comme de propos délibéré) le mal dans ses maximes, ce qui est alors un mal qualifié, c’est-à-dire un véritable vice.
I Tah oder yaeh. — • Sich fatsen, — » Gemûlhsbewegung. — * l'nlugend. — * Begierde.
tXX'TniKE nF Là VEBTl'.
J-a vertu, en tant qirelle est fondée sur la liberté intérieure, contient donc aussi pour nous un ordre positif, celui de retenir sous nuire puissance (sous l’autorité de la raison , , toutes nos facultés et toutes nos inclinations, par conséquent l’ordre d’avoir l’empire de soi-incnie; cet ordre s’ajoute à la défense de se laisser dominer par ses sentiments et ses inclinalions (au devoir d'apathie); car, si la raison no prend en mains les rênes du gouvernement , ces inclinations et ces sentiments deviennent bientôt les maîtres do l’homme.
Là VEITII Fi)tSL'FFO«l HLCEIgàlREllEHT L'apathie (cOEIlDtRÉK COREE r«K force).
Ce mot est pris en mauvaise part, comme s’il signifiait l’insensibilité *, par conséquent une indifférence subjective l’égard des objets de la volonté; on entend par l(i un défaut. On peut prévenir cette équivoque , en désignant sous le nom d’apathie morale ce genre d’apathie qu’il faut bien distinguer de l’indifférence, et qui est très-nécessaire, car les sentiments qui résultent des impressions sensibles ne perdent leur influence sur le sentiment moral, qu’autant que le respect de la loi devient plus puissant qu’eux tous. — Ce n’est qu’une force apparente et fiévreuse, que celle qui pousse jusqu’à l’affection, ou plutôt y laisse dégénéier le vif intérêt que l’on prend au bien lui -même. Une affection de cette espèce s’appelle enthousiasme ;
> FiMloiigkeil. — * Alfecllotigkeit.
. INTROmXTlOK,
et c’est ici qu’il faut appliquer cette modération , que l’on » a coutume de recommander dans la pratique même des vertus {hisani sapiens nomen fenit , œquus iniqul, lu.- TUA QUAM SATis EST virViicm si pelât ipsam, Horat.), Autrement il faudrait dire, ce qui est absurde, que l'on peut ôtre trop sage, trop vertueux. L’affection appartient toujours à la sensibilité , quel que soit l’objet qui l’excite. La vraie force de la vertu est la tranquillité (Came*, avec la résolution réfléchie et ferme dé pratiquer la loi morale. C’est là ce qui constitue l’état de satué dans la vie morale ; l’affection au contraire , meme quand elle est excitée par la représentation du bien , est un phénomène qui no brille qu’un instant et laisse après lui la fatigue; — Celui-là encore ne possède qu’une vertu fantastique , qui n’admet point de choses indifférentes (adiaphora) à la moralité, qui jonche tous ses pas de devoirs, comme d’autant de chausses-trapes , et quivne trouve pas insignifiant que l’on se nourrisse de viande ou de poisson , de bière ou de vin , quand on se trouve bien de l’un et de l’autre. Introduire de telles minuties * dans la doctrine de la vertu , c’est en faire dégénérer l’empire en tyrannie.
REMARQUE. *
La vertu est toujours progressive et pourtant c’est toujours pour elle à recommencer Elle est toujours progressive, car, considérée objectivement , elle est un idéal inaccessible, mais dont c’est un devoir de so rapprocher tou-
* Das Gemüth in Ruhe,
’ Kant SC sert ici du mot de micrologie. — * Im Fortschreiten. — ^ Heht doch aueh immer ton Vorne an.
I>0CTRINE PF. LA VERTC.
jours davantage. C’est toujours' pour elle à recommencer, car,, au point de vue subjectifs l’influence des penchants dont la nature de l’homme est afTectée ne permet pas à la vertu de goûter un instant de repos et de tranquillité, avec ses maximes admises une fois pour toutes , et elle fait que quand celle-ci n’est pas en progrès, elle décline infailliblement. C’est qu’en effet les maximes morales ne peuvent être, comme les maximes techniques, fondées sur l’habitude (car cela rentre dans le côté physique des déterminations de notre volonté), èt que môme, si la pratique de ces maximes
se changeait en habitude , le sujet y perdrait la liberté du 0* '
choix de ses maximes, ce qui est pourtant le caractère de toute action faite par devoir.