‹ Elements Metaphysiques de la Doctrine de la VertuChapitre 42 sur 52 · DE LA MOHALI FATALISTE · texte numérisé non relu

DE LA MOHALI FATALISTE

la nature de l’ânie. — Cet enchaînement se reproduit

dans toute connaissance. Entre l’erreur et la vérité il n’y a pas de différence spécifique, mais celle seulement du plus petit au plus grand ; il n’y a pas d’erreur absolue, mais toute connaissance est vraie pour l'homme, dans le temps où elle s’éveille en lui. Corriger une erreur n’est autre chose qu’ajouter les idées qui manquaient encore ; la vérité d’aujourd’hui deviendra elle-même plus tard une erreur par le seul progrès de la connaissance. Notre connaissance n’est qu’erreur, en comparaison de celle d'un ange. La raison ne peut se tromper; toute force a sa route tracée. ,4ussi la condamnation de la raison n’a-t-elle pas lieu de soi-même, au moment où l’on juge, mais plus tard, quand on est déjà placé à un autre point de vue et que l’on a acquis plus de connaissances, il ne faut pas dire qu’un enfant se trompe, mais qu’il ne comprend pas encore aussi bien qu’il comprendra plus tard, quand U sera devenu raisonnable ; son erreur n’est qu’un moindre jugement. La sagesse et la folie, la science et l’ignorance ne méritent donc ni louange ni blâme; un doit les considérer simplement comme les progrès successifs de la nature , en face de laquelle je ne suis pas libre. — Four ce qui est de la volonté, toutes les inclinations et tous les penchants sont renfermés dans un seul, qui est l’nmour de soi; mais chaque homme à cet égard a sa disposition particulière, quoique cette disposition ne puisse jamais s’écarter de la destination générale. L'amour de soi est toujours déterminé par toutes les sensations ensemble, mais de telle sorte que ce sont ou les plus obscures on les plus claires qui y ont la plus gi ande part. H n’y a donc jmis de volonté libre, mais la volonté est soiunise à la loi rigoureuse do la nécessité ; seulement, lorsque l’amour de soi, au lieu d’être déterminé par des repn-sentations claires, l’est simplement par la sensation, on dit alors que l'action n’est pas libre. Tout remords est chimérique et absurde, car le criminel ne juge pas son action d après sa disposition précédente, mais d’après sa disposition actuelle. Si cette disposition s’était alors manifestée, elle aurait sans doute empêché l’action ; mais il suppose faussement qu’elle aurait dû l'empêcher, puisqu’elle n'existait réellement pas antérieurement. Le remords n’est qu’une fausse manière de concevoir comment on peut mieux agir à l’avenir, et dans le fait la nature n’a par là d’autre but

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que l’amélioration de l’homme. — Ici se place la solution de la difficulté de savoir comment Dieu peut être l’auteur du péché. — La vertu et le vice ne sont pas essentiellement distincts. (Sur ce point encore la différence spécifique admise généralement est convertie en une simple différence de degré.) La vertu ne peut exister sans le vice, et les vices ne sont que des occasions de devenir meilleur (de s’élever ainsi un degré plus haut). Les hommes ne peuvent pas s’accorder sur ce qu’ils nomment vertu, excepté sur celle sans laquelle il n’y a pas de bien possible pour l’homme, c’est-à-dire la vertu universelle; mais dé s'écarter de cette vertu, c’est ce qui est absolument impossible à l’homme, et celui qui s'en écarte n’est pas vicieux, mais fou. L’homme qui se rendrait coupable d’un vice universel agirait contre l’amour de soi, ce qui est impassible. Par conséquent le chemin de la vertn universelle est si exactement fermé des deux côtés que tous les hommes y doivent nécessairement rester. II n’y a que la disposition particulière de chacun qui constitue ici une différence entre eux ; s’ils échangeaient leurs positions, celui-ci agirait comme fait celui-là. La bonté ou la méchanceté morale ne signifient rien de plus qu’un degré sup)érieur ou inférieur de perfection. Les hommes sont vicieux en comparaison des anges, et ceux-ci en comptaraison de Dieu. — C’est pourquoi, puisqu’il n’y a aucune liberté, toutes les punitions vengeresses sont injustes, piarticulièrement la peine de mort; piour atteindre le but des lois pténales, il suffirait de mettre à la place, non pas le moins du monde un simple avertissement, mais uniquement la réparation et l’amélioration. Décerner des éloges pwur un acte utile, c’est faire preuve de peu de connaissance des hommes ; l’homme y était tout aussi bien prédéterminé et entr^né que l’incendiaire à brûler une maison. La louange n’a d’autre but que d’encourager l’auteur de l’action et ses semblables à faire d’autres bonnes actions du même genre.

L’auteur appelle cette doctrine de la nécessité une salutaire doctrine *; il soutient |que la morale conserve excellemment p»r là sa valeur propre , et il remarque à ce propMs qu’il faudrait faire main basse snr ces docteurs qui nous peignent

> Eûm stligt Lehre.

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