DE LA MORALE FATAUSTS
comme une chose si facile notre réconcilinlinn avec Dieu après la chute. — On ne peut méconnaître ici la bonne intention de l’auteur. Il veut éliminer le remords purement expiatoire et par conséquent stérile, que l’on recommande pourtant si souvent comme étant par lui-même un moyen de réconciliation, et mettre à la place la ferme résolution de mener une meilleure vie. 11 cherche à défendre la sagesse et la bonté de Dieu par le progrès de ses créatures vers la perfection et le Imnheur éternel, quoiqu’il n’y suive pas la voie ordinaire ; — à ramener la religion de la foi oisive à l’action, et enfin à rendre les peines civiles plus humaines et plus utiles pour le bien particulier comme pour le bien général. — D’ailleurs la hardiesse de ses assertions spéculatises ne paraîtra pas quelque chose- de si eJfrayant à (juicf)nque sait ce que Priestley, ce tliéologien anglais si estimé aut;ml pour sa piété que pour scs lumières, a soutenu dans le même .sens qm; notre auteur et même a exprinni avec plus de hardie.sse, et ce que maintenant encore beaucoup d’acclésiastiques en Angleterre répètent après lui sans diüiculté, quoique avec moins do tident, comment enfin tout récemment M. le professeur Ehlers a défini la liberté de la volonté, la faculté qu’a l’être pensant d’agir toujours conformément à sa dis/josilimt actuelle d’esprit ‘.
Cependant tout lecteur impartial et surtout suflisamment exercé dans ce genre de spéculation ne manquera pas de remarquer que le fatalisme universel, qui dans cet ouvrage est le principe le plus important et affecte violemment toute la morale (puisqu’il convertit toute action humaine en un pur jeu de marionnettes) détruit entièrement l’idée de Vobligation. Le devoir au contraire ou l’impératif, qui distingue la loi pratique de la loi naturelle, nous transporte en idée tout à fait en dehors de la chaîne de la nature; car, si nous ne concevions notre volonté commelihre, il serait impossible et absurde, et nous n’aurions plus alors qu’à attendre et à observer les résolutions que Dieu effectuerait en nous par le moyen des causes naturelles, sans que de nous-mêmes nous en pussions ou devions prendre aucune. Une telle doctrine produit natu-
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