PENSÉES
SDt LA MOET PAÉMATDAÉB
BK ■. JEIB riiBilIC fil rDlE,
adressées dans une lettre
1 ■«DIRE UNES ÉLISUETH,
V«un dn eapiUiiM de cavalerie De Fmk , née De Dorihiien , héritière des hiena de Kayven et de Kahren en Goorlande,
Hàmi AnrxjsÉB do Dircvr,
PAI H. IMMiNEEl UNT,
Frolaasenr de philosophie t l'icsdimle de Kouigahert.
CONSOLiTION AMISSÉI A IMI HÈRE.
Si In hommes s’accoutumaient a méUn- parfois au tumulte de leurs affaires et de leurs distractions de sérieux instants do réflexions instructives, comme les y invite le spectacle que le sort de leurs concitoyens leur donne chaque jour de la vanité de nos projet», leurs joies seraient peut-être alors moins bruyantes, et elles foraient place à ce calme serein d'une âme pour qui il n’y a plus d’accidents inattendus. Alors une douce mélancolie, ce tendre sentiment dont se nourrissent les nobles coeurs , lorsque , dans le silence de la solitude , ils pèsent le néant de ce que nous U'nons d’ordinaire pour grand èt important, leur apporterait plus de véritable bonheur que les transports de gaité des esprits légers et le rire éclatant des fous.
Mais le plus grand nombre des hommes se mêle avec la plus vive ardeur à la foule de ceux qui , sur le pont jeté par la Providence sur une partie de l’abime de l’éternité et que nous appelons la vie, courent après quelques bulles d’ean, sans se donner la peine de prendre garde aux bascules qui font tomber l’un après l’autre, à côté d’eux, leurs compagnons dans l’abîme, dont l’infini est la mesure, et qui finira par les engloutir eux-mêmes au milieu de leur course impétueuse. Un poète ancien (I ) retrace un trait touchant du tableau de la vie humaine, en représentant l’homme qui vient de naître. L’enfant, dit-il, remplit aussitôt l’air de ses cris plaintifs, comme il convient â une personne entrant dans un monde où l’attendent tant de maux. Dans la suite des années cet homme joint à l’art de se rendre malheureux celui de se le cacher à lui-même, en jetant un voile sur les objets tristes de la vie, et il s’applique à se montrer léger et insouciant à l’endroit de la foule des maux qui l’entourent et qui ne manquent pourtant pas de produire en lui à la fin un sentiment beaucoup plus
(I) Lucrèce.
CONSOLATION
douloureux. Quoique de tous les maux la mort soit celui qui l’effraye le plus, il semble pourtant ne pas prendre garde aux exemples que lui en offrent ses concitoyens, à moins que des relations plus étroites n’éveillent particulièrement son attention. Dans les temps où une guerre furieuse ouvre les portes du noir abîme, d’où s’échappent toutes les calamités pour fondre sur l’espèce humaine, on voit quelle froide indifférence inspire à ceux mêmes qui en sont menacés l’aspect habituel de la misère et de la mort ; c’est à ce point qu’il font peu attention au malheur de leurs frères. Mais, quand, dans le calme et la paix de la vie civile, ceux qui nous touchent de près ou que nous aimons, et qui, ayant devant eux autant ou plus d’espérances que nous-mêmes, poursuivaient leur desseins et leurs plans avec une égale ardeur, quand, dis-je, ces personnes, frappées par le décret de celui qui est le maître tout-puis-sant de toutes choses, sont emportées au milieu du cours de leurs efforts, quand la mort s’approche, dans un solennel silence, du lit de souffrance du malade, quand ce géant, devant qui tremble la nature, s’avance d’un pas lent pour l'envelopper dans ses bras de fer, alors il faut bien que la sensibilité se réveille chez ceux qui cherchent à l’endormù: au sein des distractions. Une émotion douloureuse fait sortir du fond de notre cœur ce que la foule des Romains accueillit autrefois avec tant d’applaudissements, parce que cela répond à un sentiment universel : Je suis homme , et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. Un ami ou un parent se dit à luimôme : je me vois engagé dans le tumulte des affaires et dans l’embarras des devoirs de la vie, et mon ami se trouvait aussi il y a peu de temps dans le même cas ; je jouis de la vie tranquillement et sans souci, mais qui sait combien cela durerai Je me divertis avec mes amis et je cherche parmi eux' celui que j’avais l'habitude d’y voir,
Hais l’éternité , d’un bras vigoureux ,
Le retient dans le lieu sombre ,
Qnl ne laisse rien échapper.
Hallek.
Telles sont les graves pensées qu’éveille en moi , madame , la mort prématurée de monsieur votre digne fils, que vous pleurez si justement. Je sens cette perte, comme un de ses