DESTRUCTION DES MAUVAISES HERBES PAR LES MOUTONS
Le goût si prononcé des moutons pour une alimentation variée, les ré nd très utiles pour détruire les plantes qui infestent les cultures. cultivateurs qui élèvent des moutons
mais aussi les plus propres, Le
C’est un fait bien connu que les ont non seulement les fermes les plus riches, mouton mange au moins 90 pour 100 des | sibles, et dans ce nombre sont comprises toutes celles qui exigent, des méthodes spéciales de culture. Avec une étre entièrement débarrassée de la plupart des qui resteront seront si bien tenues
ierbes nuipour leur destruction.
exploitation intelligente, la terre peut
auvaises herbes, et les quelques-unes en échec qu’elles ne causeront que peu d’ennuis. Si on ler en donne l’occasion, les moutons nettoieront
les pâturages permanents, le: chemins nrivés, les coins de clôture, et H
eaucoup d'endroits éloignés du chemin, Mis sur le chaume qui suit une récolte de grain, ils br produisent leurs graines que tardivement, et les
On a toujours dit que le
outeront beaucoup des plantes qui ne convertiront en viande,
mouton consomme un grand nombre des mauvaises herbes de la ferme, mais cette déclaration est trop ==
‘importance, Voulant obtenir rience, nous avons consulté
générale pour qu'on y attache beaucoup à ce sujet des indications précises, basées sur Pexpéun certain nombre de bons éleveurs de moutons. Les nées dans les paragraphes suivants:
réponses obtenues sont consig
Les moutons améliorent la qualité du blé.
À. D. Gamley, Griswold. Man.—“ Je suis honteux, après avoir gardé des moutons endant tant d'années, de ne
pouvoir vous donner les noms de toutes les mauvaises rbes qu'ils détruisent, mais si je ne les ai pas remarquées, c'est qu'elles ne m'ont jamais inquiété: il me semble que les moutons les mangent toutes, sauf la bardanette et les chardons, Avant de quitter Brandon, pour m'établir ici, je gardais de 100 à 120 lbrebis portières et J'avais des pâturages illimités où elles restaient depuis 7 heures du matin jusqu’à 5 à 6 heures du soir, même les jours de pluie. On ne voyait jamais une mauvaise herbe dans ces pâturages. En automne, une fois le grain en meules, on les mettait sur la jachère d'été, où les mauvaises herbes avaient une végétation vigoureuse.
Comme je n'avais pas alors de clôtures, je ne pouvais pas les mettre sur jachère avant que la plus grande partie du grain n
e soit mise en meules, En très peu de temps le champ devenait aussi nu qu'une table de billard. Il ÿ a un ou deux ans, alors que l’on retranchait 2, 5, et même 7 boisseaux par charge de blé, tous les certificats de qualité qui me revinrent de Martinville, où j'expédiais mon blé, n’in sauf une seule fois, où l’on me rogna 1 pour 100, Mes jachères d'été couvraient une superficie de 40 à 70 acres, et, à certains moments, il y avait dessus de 170 à 240 têtes, Y compris les agneaux.
liquaient aucun coupage,
“Je veux relater ici un incident. arrivé cet été, et qui m'a appris une leçon,
semés avec la semeuse ordinaire. Je mélangeai la "nine qui avait fortement chauffé dans la grènerie, Je pensais qu’elle ne germerait pas, mais elle germa quand même,
J'avais deux ou trois acres de navette, navette avec de Je n’eus le temps de passer le cultivateur qu'une seule fois. Un jour, les moutons étant ent quai qu’ils mangeaient l’avoine et qu'ils laissaient la n heure chaque jour, jusqu’à ce que je et des mauvaises herbes et
rés dans le champ, je remarrette; aussi, je les y mis une champ fut complètement débarrassé de l’avoine qu'il ne resta plus que la navette.
pour mon champ de pommes de terre et ils le
Je fis la même chose nettoyèrent également. Ils ne mangent pas les tiges de pommes de terre, du moins pas avant la fin de PAA Te à de doute que si une ferme est clôturée de
iÿ tt pas de façon à ce que les moutons puissent être mis 11149—83
| rait les égaler pour détruire les mauvaises herbes, et je suis convaincu que l'élevage du mouton et la culture de l’avoine offrent le seul moyen de résoudre le problème de la folle avoine.
“Quant au foin, les moutons mangeront la plupart des mauvaises herbes qui s’y trouvent, avant le foin lui-même. Ils ramassent les mauvaises herbes d’abord: ils ne raffolent pas du tabouret des champs (stink weed), une plante très gênante, au Mani-
toba; ils le mangent bien quand il est jeune, mais pas après qu’il a monté en graine.
sir CT. 10 eau ésire, rien ne sau
ù ] où on le:
Moutarde sauvage et vipérine.
Richard Gibson, Delaware, Ont.—“ La première fois que je me servis de moutons pour nettoyer la terre, ce fut sur une ferme abandonnée à Long-Island, et sur laquelle venait une quantité de broussailles de seconde pousse, très difficiles à détruire, Nous coupâmes cette pousse de broussailles, et nous mîmes des moutons pour tenir les rejetons en échec, l’année suivante, Nous avions pour cela des moutons mérinos et des moutons anglais importés, des types de boucherie, Les mérinos se montrèrent infiniment supérieurs, sous ce rapport, à mes moutons anglais favoris. Ils continuèrent à travailler, tous les jours, broutant çà et là, partout où un rejeton se présentait; mais les moutons anglais attendaient que leur repas leur fût epporté par des serviteurs. Donnez-leur une bonne nourriture et beaucoup de loisirs ent e les repas, et ils se montrent les rois de leur espèce, mais ne leur demandez pas © travailler!
“Sur ma ferme actuelle, achetée il ÿ a quelques années, les pâturages étaient remplis de vipérine, que l’on appelle ici le diable bleu (blue devil), Un champ de 80 acres n’était qu’une masse continue de fleurs bleues fort admirées par tous les artistes ou les poètes qui passaient. Je doute si l’on trouverait aujourd’hui 100 de ces fleurs sur ces 80 acres, Ce sent les moutons qui ont fait tout le travail, et des Shropshire enregistrés, s’il vous plaît. Ils dédaignent la plante jusqu’à ce que les fleurs aient fait leur apparition, mais alors ils lui mangent le cœur, miel et fleurs, ce qui prouve qu’ils ont bon goût,
“Je crois que les moutons détruiraient la moutarde sauvage si on se servait d'eux intelligemment dans ce but. Je sais qu'ils en sont très friands, à deux phases de sa végétation. Ils la mangent avec avidité, quand elle est très jeune, et aussi quand elle est en fleur. Je ne puis dire d'après ma propre expérience, mais je sais que dans la partie du Lincolnshire où j'habite, la moutarde sauvage était très employée comme plante fourragère, particulièrement pour les brebis portières, en automne.”
Les mauvaises herbes augmentent à mesure que le nombre des moutons décroît.
James Bryson, Brysonville, Qué.—“ Suivant l'exemple que mon père m'avait donné, j'ai gardé des moutons depuis mon enfance. Mon expérience et mes observations me portent à croire que les moutons mangent pratiquement toutes les mauvaises herbes qui n’ont pas de goût amer. Parmi celles qu’ils consomment avec nlus d’avi dité se trouvent le trèfle d'odeur, la marguerite, la laiteron et le chardon canadien Toutes celles-ci sont consommées à l’état vert: mais, converties en foin avant que les tiges ne soient durcies, elles sont mangées de préférence au foin de mil. Il y a quelques années, un de mes voisins dont les brebis étaient très grasses, m’assura qu’elle ne recevaient pas de grains, mais qu’elles étaient nourries entièrement au foin de trèfle avec un mélange de pois sauvages ou de vesces sauvages. (Ces plantes, une fois converties en foin, font une très bonne nourriture pour les moutons. L'année dernière, avais ensemencé un champ situé si bas que les graines de mauvaises herbes y sont apportées ‘aque année par les inondations, au moment du dégel. En même temps que le trè + le mil, une grande quantité de trèfle d'odeur et beaucoup d’autres sortes de mauvaises herbes, firent leur apparition. Il était si sale que je fauchai la récolte, pendant la dernière semaine de juin, et je la fis brûler. Je mis alors des moutons s ce champ et je fus surpris de voir qu’ils mangenient les mauvaises
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F à üii äü, dans ce même champ, mes moutons subsis-
tèrent pendant quelques semaines, au commencement du printemps, sur du trèfle d'odeur qui poussait le long de la rivière. J'ai remarqué dernièrement que les mauvaises herbes paraissent plus répandues qu'autrefois, dans notre district, et je crois que la cause principale de cet état de choses est que nos cultivateurs ne gardent pas autant de moutons qu’autrefois.”
John Campbell, Wooduille, Ont.—“Le moyen le plus rapide d'augmenter les revenus de la ferme et de dim’ 1er les frais de main-d'œuvre, est de garder un bon troupeau de moutons; et ceci, non se- ment à cause du profit direct qui en résultera, mais aussi à cause du rôle très important que jouent ces animaux dans la destruction des mauvaises herbes. A une réunion agricole, dans l'ouest de POntario, l'hiver dernier, un cultivateur me faisait part de son expérience sur ce point. Il y a dix ans, il gardait des moutons et sa ferme était propre, et les mauvaises herbes presque inconnues. La mode étant alors de se débarrasser des moutons, il vendit les siens et bientôt après, les mauvaises herbes exigèrent une attention constante. Les choses allèrent de mal en pis, si bien qu’il se détermina à reconstituer un troupeau. Avec le retour des moutons, les mauvaises herbes disparurent de nouveau en peu d'années, Beaucoup d'autres cultivateurs pourraient en dire autant.”
Ils apprécient surtout les herbes jeunes.
John Jackson, Abington, Ont.—“ Voici quelques-unes des mauvaises herbes que les moutons mangent avec avidité: Laiteron annuel. marguerite, herbe de Saint- Jacques, vesces sauvages, moutarde sauvage, et même les chardons canadiens, quand ceux-ci sont jeunes et tendres, Ils mangent aussi les bourgeons et les fleurs sur les chardons. Je crois que les moutons mangent à peu près 90 pour 100 de toutes les mauvaises herbes qui poussert sur la ferme.”
“Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut mettre les moutons sur le chamn alors que les herbres sont jeunes et tendres et laisser tout paître jusqu’au sol; on les change alors de pâturage, pour permettre aux herbes de repousser; on devra continuer ce système, de façon à ce que les moutons attaquent toujours les herbes quand elles sont encore tendres.”
Walliam Clark, North Wiltshire, I. P.-E.—< Je ne saurais commencer à vous donner une liste de toutes les mauvaises herbes que les moutons détruisent. Toutes les herbes les plus répandues y passent, excepté les chardons; naturellement, ils ne mangeront pas complètement toutes les herbes, s'ils peuvent obtenir en même temps tous les fourrages qu’ils désirent. Je crois qu'ils empêcheront toutes les espèces de mauvaises herbes de pousser sur une ferme.”
W. G, Pettit, Freeman, Ont.—“ Comme exterminateurs de mauvaises herbes, moutons sont très utiles; ils se montrent très friands de la plupart des « spèces, sauf des chardons canadiens et écossais. Ils se montrent aussi très utiles dans le verger, Où ils ramassent les pommes véreuses. Quelque arboriculteurs sont d'avis que les pores et les moutons en liberté dans un verger, font autant de bien que la pulvérisation, pour toutes les sortes d'insectes.”
R. I. Harding, Thorndale, Ont.—“ Je crois que le mouton est le pire ennemi des mauveises herbes. Je n’en connais pas qui lui résistent, Il est friand de coton sauvage (asclépiade}, de bardane, et, quand il manque de nourriture, il mange aussi l'herbe de Saint-Jacques et la marguerite. Je ne crois pas qu’une seule herbe puisse monter en graine dans un pâturage où un troupeau a constamment accès, à partir du moment où les mauvaises herbes commencent à paraître.”
TJ. W. Widdifield, Uxbridge, Ont.—“ La prétention que le mouton est un bon destructeur de mauvaises herbes est bien fondée. Il ne les mange pas toutes, mais il n'y en a que très peu, je crois, qui lui échappent, s'il peut y avoir accès alors qu’elles sont encore tendres. Il empêche les plantes annuelles et bisannuelles de monter en graine
j qu’au bout de leur existence, et les quelques espèces qu'il dédaigne, telles que les diverses bardanes et les n -lènes, ne sont pas difficiles à détruire pur d’autres moyens, Quant au luiteron des champs, annvel où bisannuel, on prétend, dans cette localité, que les moutons aident à le détruire.”
IT. Arkell, Arkell, Ont.—# Les moutons mangent 90 pour 100 de toutes les mauvaises herbes qui poussent, Voici celles dont ils sont le plus friands: moutarde sauvage, nielle, herbe de Saint-Jacques, laiteron, grémil des champs, la patience, rouyre et anglaise, et, quand le pâturage est dégarni, ils mangent aussi le chardon du Canada.”
Les moutons sarclent le champ de blé-d'Inde.
Telfer Bros., Paris, Ont.—“ On ne saurait trop louer le mouton, comme exterminateur de mauvaises herbes, L'herbe de Saint-Jacques est très répandue dans ce pays, et je suis d'avis que si l’on gardait plus de moutons, cette herbe sera’: bientôt détruite, car ils en sont très friands, dans la première phase de sa croissance.
“J'ai fait paître quelques agneaux dans mes champs de blé-d’Inde, et j'ai obtenu de bons résultats. Ils mangent un grand nombre de mauvaises herbes et font peu ou point de dommages au blé-d'Inde. Mes observations me portent à cette conclusion, que les cutivateurs qui gardent des moutons ont des fermes beaucoup plus propres que ceux qui n’en gardent pas; il est à peine une mauvaise herbe qui leur échappe, même quand les pâturages regorgent de nourrit
James Bowman, Guelph, Ont. De, «© J'ai pris cette ferme, où se trouvait un champ infesté de vipérine (blue weed,, j'ai marqué que, quand les moutons ont accès à ce champ à partir du commencement du printemps, la mauvaise herbe n'a pas l’occasion de pousser et jamais celle de monter en graine, Ils sont très friands des bardanes, des pissenlits, et broutent les pousses de saules, et autres broussailles, tant qu’elles sont jeunes et tendres. Aucune herbe ne les attire autant que la moutarde sauvage; ils la préfèrent à la plupart des autres herbes qu'ils peuvent trouver au pâturage.”
John W, Laïdlaw, Wilton-Grove, Ont.— D'après moi, il n'y à pas d'animal, sur la ferme, qui puisse se comparer au mouton, soit pour engraisser la terre, soit pour la débarrasser des mauvaises herbes, D'après mes observations, les principales mauvaises herbes que le mouton consomme sont l'herbe de Saint-Jacques et le mil sauvage, Ces mauvaises herbes apparaissent dans le chaume, après la moisson, et on n’a qu’à laisser un troupeau passer sur le champ, pour les voir bientôt disparaître, et le champ se trouve fumé en même temps.”
La moutarde sauvage est une excellente nourriture pour les moutons.
T. Hardy Shore, Glanworth, Ont.“ On ne saurait douter que les moutons contribuent beaucoup à réduire le nombre des mauvaises herbes, mais je suis persuadé que c'est une erreur de les tenir continuellement dans un champ infesté. On devrait leur faire passer une semaine sur deux dans un champ propre, et ils attaqueront les mauvaises herbes avec plus de vigueur, quand ils reviendront à la pièce infestée, Si J'avais un champ infesté de verge d’or ou de mauvaises herbes vigoureuses de cette espèce, je le diviserais en plusieurs parties, au moyen de cloisons mobiles, et je mettrais les moutons dans ces divisions, en les transférant, de temps à autre, à un bon pâturage,
endre à ce que les moutons se maintiennent en vie seulement avec
des mauvaises herbes, Parmi les pires mauvaises herbes que les moutons aident à
détruire, je mentionnerai les suivantes : verge d'or, chou gras, Marguerite, herbe d Saint-Jacques, framboisier sauvage, carotte sauvage, moutarde, sureau, et il y en a un grand nombre d'autres, Ni favaie un ch Rp inieste de moutarde sauvage, je ferais
de l'argent en m’y prenant de la manière suivante: Je le labourerais et je le herserais,
au commencement du printemps, et, dès que la moutarde aurait 8 pouces de hauteur, j'y lêcherais les moutons; ensuite, je passerais de nouveau la charrue, la herse, et les moutons; cette opération, répétée plusieurs fois pendant l'été, détruira la moutarde et fournira assez de nourriture pour payer le travail. La moutarde engraisse autant que le navet, mais elle ne rend pas autant.”
Laiteron détruit par les moutons.
TJ. W, Clark, Cowansville, Ont.— Comme exterminateurs des mauvaises herbes, les moutons n'ont pas d'égaux, car ils mangent avec avidité la plupart des espèces. [l n'y en a que trois ou auatre qu'ils ne recherchent pas : la linaire vulgaire, l'herbe de Saint-Jacques et l'épervière-orange, et encore ils les mangeront, si le pâturage n'est pas bien garni. Ils sont très friands du laiteron vivace, mais je n'ai pas d'expérience personnelle, à ce sujet. Dans les parties de la province que J'ai visitées, comme conférencier, la plupart des cultivateurs m'ont assuré que les moutons extirpent complètement cette mauvaise herbe, dans les pâturages, en continuant à le manger au fur et à mesure qu’elle pousse, et si près de la surface qu’elle ne peut se maintenir en vie bien longtemps. La marguerite est une autre mauvaise herbe que les moutons empêchent de pousser sur les pâturages. Ils sont aussi friands de plantain et le tiennent en échec. Un bon troupeau de moutons empêchera l'herbe de Saint-Jacques de monter à graine après la rentrée de la récolte; ils en mangeront le dessus de la tige, pourvu que le pâturage ne regorge pas d'autre nourriture, On ne saurait trop les louer.”
Un bon nombre d'autres correspondants confirment, de manière générale, les indications données dans les tres qui précèdent. D'autres déclarent que leur terre est si bien nettoyée par les moutons, qu'il leur est impossible de remarquer quelles espèces ces animaux mangent particulièrement. C’est 1à, probablement, le témoignage le plus frappant que l’on puisse avoir de la valeur du mouton pour tenir la terre propre.
Herbe de Saint-Jacques—La cause de la maladie du bétail de Pictou.
Disons aussi que certaines plantes, nuisibles à la santé des autres catégories do bestiaux, peuvent être consommées par le mouton sans risque et sans incommodité apparents. L'exemple le plus frappant de cette assertion est fourni par l'herbe de Saint-Jacques (senecio Jacoboea), une plante très répandue dans l'Ile du Prince- Edouard et dans les comtés de la Nouvelle-Ecosse qui bordent le golfe du Saint- Laurent, Des essais conduits, il y a quelques années, sur une grande ferme, à Antigonish, Nourelle-Ecosse, par la division de l'hygiène des bestiaux du ministère de l'Agriculture, ont permis de constater que la maladie fatale du bétail de Pictou, est un résultat direct de la consommation de cette mauvaise herbe à l'état sec. D’autres essais ont démontré que, non-seulement les moutons ne sont pas incommodés par l'herbe de Saint-Jacques, mais qu’ils en sont friands à tel point que la plante disparaît bientôt d’un champ infesté pâturé par un troupeau de moutons suffisamment nombreux pour tenir tête à la végétation. Tant que cette herbe sera aussi répandue qu’à l'heure actuelle, on ne pourra se livrer à l'élevage du bétail, dans les localités infestées, sans de grandes précautions et sans encourir un grand risque. Comme on fa trouve sur les collines, les réserves à bois, et autres superficies non cultivables, le mouton fournit lo seule méthode pratique d’'extermination, Heureusement, le pays infesté convient bien à l'élevage du mouton et peut fournir de la nourriture en abondance pour l'hiver, tandis que les pâturages et les autres terres accidentées répondent admirablement aux besoins de cette catégorie de bestiaux. (Comme exterminateurs de mauvaises herbes, les moutons peuvent rendre de très grands services, dans les superficies infestées d'herbe de Saint-Jacques des provinces maritimes.