DIFFICULTÉS
Il ne faut pas oublier que les éleveurs de moutons de l'Alberta rencontreront des difficultés. Quoique l’état de santé général du troupeau soit satisfaisant, les moutons de l'Alberta sont sujets aux mêmes maladies qui affectent cette catégorie de bestiaux, dans d’autres districts. La gale a déjà fait son apparition dans une ou deux localités, Cette maladie peut être promptement extirpée par des lavages soigneusement faits avec des insecticides convenables,
Le ver solitaire du mouton n'est pas, non plus, inconnu dans l'Alberta. Il a déjà causé, en certaines saisons, des pertes considérables parmi les agneaux et les brebis, mais ces pertes cessaient presque complètement dès que l'herbe verte avait poussé. Grâce à la meilleure alimentation et aux meilleurs abris qui ont été donnés ces dernière années, les ennuis causés par le ver solitaire disparaissent graduellement.
De méme que dans tous les pays neufs où l'herbe naturelle est la source principale d'alimentation, les plantes vénéneuses sont aussi à redouter. Ce danger est d'autant plus grand que le mouton montre une disposition admirable à manger les mauvaises herbes. On a signalé des pertes de moutons après avoir mangé de jeunes plants de Camas. Un éleveur rapporte avoir perdu en une fois 150 têtes sur un troupeau de 2,000, de cette cause, A mesure que les pâturages et les fourrages cultivés se géné liseront, les pertes causées par les plantes vénéneuses deviendront de moins en moins fréquentes.
L'avortement a aussi causé de grands dégâts dans certains troupeaux; mais cette épidémie est presque inconnue dans un bon nombre de localités. Sur le petit nombre des ranches affectés, les pertes de cette cause varient de 0.01 à 30 pour 100. Ce dernier chiffre est donné par un éleveur qui, du reste, n’a subi aucune perte au cours des deux années suivantes.
Les avortements ont généralement lieu en mars et en avril, mais ils ne sont pas limités à cette période. Les herbes ergotées portent le blâme pour un petit nombre de pertes, mais on considère que les mauvais traitements, les accidents et les conditions défavorables, ont aussi leur part. On recommande, comme remède préventif contre l'avortement causé par la consommation d'herbe ergotée, de faire paître les moutons sur une terre fauchée l’année précédente.
Le coyote, ou loup de prairie, est considéré comme un ennemi du mouton. Cet animal attaque surtout les agneaux, mais, parfois, pendant l'hiver, quand il est poussé par la faim, il peut aussi s’en prendre à des moutons adultes. Il arrive rarement qu'une attaque soit faite sur un troupeau de moutons. Une victime, généralement un animal boîteux ou faible, que son infirmité tient en arrière du troupeau, est généralement l’objet des poursuites. L’antipathie naturelle de l’homme pour un animal de l'espèce du loup, jointe à la prime de $10 par tête pour les loups des bois, et $1 par tête pour les coyotes et leurs jeunes, contribuent puissamment à diminuer les ravages des loups et des coyotes.
Colombie-Anglaise.
11 serait impossible de donner une description exacte des débuts de l’industrie ovine, dans la Colombie-Anglaise, sans parler d'abord de son établissement dans le Nord-Ouest du Pacifique, au nord de la rivière Columbia.
Dans les premières années du XIXème siècle, la Compagnie de la Baie d'Hudson, et, plus tard, la Compagnie d'Agriculture de Puget-Sound, celle-ci largement composée d'employés de la Baie d'Hudson, établirent des fermes au Fort Nisqually, sur les plaines du territoire qui forme aujourd’hui lPEtat de Washington, à quelques milles de la cité actuelle de Tacoma. À cette époque, ce territoire était géré par la Compagnie de la Baie d'Hudson, et la ligne internationale entre les Etats-Unis et les possessions britanniques n’avait pas encore été détermir sur cette partie du contivenant d lifornie, furent achetés par les agents de la compa- E , Cv î è 3 ; ÿ
de race pure, Br
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tagne par les voiliers qui contournant le Cap-
Horn, apportaient aux compagnie leurs courriers annuels et de nouveaux approvision nements de marchandises, contribuèrent à l'amélioration de ces troupeaux, Quand la ligne frontière fut déterminée, ces troupeaux furent vendus, et un grand nombre de moutons furent envoyés dans l'Orégon, où ils servirent de base à la grande industris ovine de cet Etat. De là, ils se répandirent dans tous les ? 3 voisins, On voit done que les premiers colons anglais furent les premiers promoteurs de l'élevage ovin, dans le Nord-Ouest du Pacifique Lors de l'établissement d’un poste de la Baie d'Hudson sur le site actuelle de Victoria, C.-A., à l'extrémité sud de l'Ile de Vancouver, des fermes situées près des et des moutons furent apportés de Fort-Nisqually pour les peupler. Ces moutons, q!
limites actuelles de la cité furent mises en exploitation par ces deux compagnies
étaient principalement des Mérinos, des Southdown et des Leicester, formèrent la base de Findustrie ovine dans la province. Ils réussirent très bien, et, vers 1849, ils comptaient déjà quelques milliers de têtes, malgré les déprédations causées par les panthères, les loups et les ours, et parfois par les chiens errants. Pendant le jour, les troupeaux étaient gardés par des Indiens armés, et le soir, ils étaient renfermés dans
u enclos. Les Indiens d'alors, qui se nourrissaient de poissons et de gibier, donnèrent parfois des preuves de leur appréciation d’un changement de nourriture, en enlevant des moutons. Ce goût pour la viande de mouton fut même la eause d’un épisode de l'histoire de la Colombie-Anglaise: Une bande d’Indiens, sortant de leur village, à une petite distance de Victoria, fondirent sur un troupeau, tuèrent le berger, et emportèrent un grand nombre de moutons. Peu après, leur village fut visité par une canonnière anglaise de Victoria et les meurtriers furent pris et pendus à un arbre voisin. Cette première expérience de la justice britannique fit une profonde impression sur les Indiens et ils en perpétuèrent le souvenir en sculptant une grande figure d’un marin anglais au port d'armes, sculpture qui occupa, pendant bien des années, un endroit en vue dans le village.
Peu après l'introduction des moutons, à Victoria. par la Compagnie de la Baie d'Hudson, les employés de la compagnie, établis autour de Victoria, se montèrent quelques troupeaux privés. Les deux compagnies de la Baie d'Hudson et Puget s’efforcèrent d'améliorer la qualité de leurs troupeaux en important de bons béliers de la Grande-Bretagne. Quelques sujets furent aussi importés des Iles Hawaï. Les premières importations d'animaux de race pure eurent lieu vers 1870: les premiers furent des Leicester de l'Orégon, bientôt suivis de Southdown de l'Ontario.
À peu près vers ce temps, un certain nombre de troupeaux furent établis sur les Iles du Golfe de la Géorgie, et l’on jeta les bases d’un commerce de mouton avec les possession américaines de cette régit. Pendant les premières années qui suivirent le règlement par arbitration du différend des Iles San-Juan, et après que ces îles eussent été cédées aux Etats-Unis, une vaste contrebande y fut entreprise, Le nombre extraordinaire d'agneaux vendus à Victoria que l’on disait provenir de petits troupeaux de brebis sur les îles canadiennes, et qui indiquait une fécondité extraordinaire des brebis canadiennes, étonnait toujours beaucoup ceux qui n'étaient pas au courant de la situation,
Depuis quelques temps, la qualité des moutons s’est bien améliorée et il existe un certain nombre de troupeaux de choix, sur la côte et dans les terres de l'intérieur. On trouve aussi quelques troupeaux industriels. Les troupeaux de prairie ne sont pas aussi nombreux que l’on pourrait s’y at
loppement rapide de l’industrie laitière, ont em
aussi bien qu’elle aurait pu le faire, quoique lé
levage et l'alimentation reçoivent plus
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Fig. 69 — Trois vigoureux agneaux.
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d'attention qu'autrefois. Les riches pâturages de la côte et de l'Ile de Vancouver assurent la réussite de cette industrie et la rendent très avantageuse.
Les chiffres suivants donnent une idée de ce que l'élevage des moutons peut rapporter, près de Victoria. La ferme de M. C. B. Jones représente la moyenne des fermes des districts; elle est partiellement défrichée. M. Jones n’a rien compté pour le pâturage, car ses moutons ont ramassé leur nourriture sur de la terre de broussailles brûlée, et il estime qu'ils ont payé pour ce pâturage en détruisant la seconde pousse. Cette terre, dans son état actuel, avait très peu de valeur, sauf comme pâturage à moutons.
Erar montrant le profit obtenu sur 30 brebis, 1905.
REVENUS. DéBoursés,
42 agneaux à 84.00......,........ . 5168 00 || Nourriture pendant l'hiver... = 30 00 150 livres de laine à 12e................ . 18 00 |! Intérêt sur capital de 8180.00 à 6° 10 80 Perte de deux brebis .... 12 00 Profit net sur 36 brebis. .,,. ..... secs 133 20 $186 00 8186 00
Erar montrant le profit obtenu sur 58 brebis, 1906.
ls
REVENUS. DÉsorrsés.
6 agneaux pour bouc herie à à $41.29 ... 8272 00 || Nourriture pendant l'hiver. ............ $ 60 00 20 brebis conservées à $5........ Er 100 00 |: Ingrédiens chimiq. employés pour lavage. 3 00 240 livres de Jaine à 15e RES 36 00 |! Intérêt sur capital. .............. 21 60 1 agneau-mâle, vendu... ...... : 7 00: Perte de 5 brebis, ..........:........ : 18 00 à rofit net sur 58 brebis.............. s: 312 99
Erar montrant le profit obtenu sur 60 brebis adultes et 20 antenaises, 1907.
REVENUS, Î Déroursés.
60 agneaux pour boucherie à 85.50, $330 00 || Nourriture durant l'hiver, ..,...,... . 8 76 00 27 agneaux conservés à $5.50 ......,..., 148 50 || Perte de trois brebis....... ......... = 30 00 320 livres de laine à 13c...., . .. ....... 41 60 || Intéret sur capital de S460. 00 à 6 Fr PTS 27 60 Ci Re etes 387 M $520 10 3520 10
1905.—Profit net sur 30° :bis: $133.20, ou $4.44 par brebis, ou 74 pour 100. 1906.—Profit sur 58 brebis: 8312.90, où 85.39 par brebis, ou 89 pour 100. 1907.—Profit net sur 60 brebis adultes et 20 antenaises: $386.50, ou $4.85 par brebis.