‹ [Élev]age des moutons au Canada [microforme]Chapitre 7 sur 62 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'industrie de l'élevage des moutons, au Canada, date des débuts mêmes de l’agriculture. Aussitôt qu’ils le purent, les premiers colons formèrent de petits troupeaux de moutons pour pourvoir à la nourriture et à l'habillement de leurs familles. Même quand les ours et les loups abondaient, le nombre des moutons gardés par les cultivateurs était beaucoup plus considérable qu’à l'heure actuelle,

I n’y a peut-être pas de pays au monde, qui soit mieux adapté que le Canada à l'élevage du mouton; nul pays ne se prête mieux au développement de cette industrie. Les caractères géographiques, le sol, le climat et la population agricole, tout concourt à favoriser la prod-:ction de la meilleure qualité de viande et de laine.

Le Canada, qui produit déjà tant de bêtes à cornes, de chevaux et de porcs vigoureux. peut tout aussi bien élever de bons moutons, et cependant, tandis que le nombre des bestiaux des premières catégories augmentait chaque année, celui des moutons diminuait dans la plupart des provinces de la confédération. De 1881 à 1901, les chevaux, les bêtes à cornes et les pores, sur toute l'étendue du Canada, ont augmenté de 30 à 50 pour 100, et, pendant la même période, le nombre des moutons accusait une diminution de près de 17 pour 100. En 1881, les moutons peuplaient le Canada au nombre total de 3,048,678, et en 1901, année du deryier recensement, ils n'étaient plus que 2,510,259, La réduction s’est répartie également par tout le Dominion, à l’exception des provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan, comprises, jusqu’à ces derniers temps, dans les territoires du Nord-Ouest.

On explique cette diminution de diverses manières. Le cultivateur canadien a la réputation de manquer de persévérance dans l'exploitation de son industrie; en ceci il ne diffère pas des cultivateurs des autres pays. Sans doute, cette tendance, de la part de l’éleveur canadien, suffirait presque pour expliquer l'abandon de l'élevage ovin. Avec l’abaissement des prix de ia viande et de la laine, l'élevage du mouton, conduit sur la plupart des fermes d’une manière peu raisonnée, ne rapportait qu’un bien mince bénéfice. Mais les bons éleveurs ne se sont pas vus contraints d'abandonner leur industrie; ils ont profité des hauts prix qui ont suivi, et se trouvent aujourd’hui en possession de terres plus propres et plus riches. Il est vrai que les chiens ont contribué à décourager un grand nombre d’éleveurs de moutons, surtout près des centres de population. De même, le remplacement, par la clôture en fil de fer, de l’ancienne clôture à claire-voie a découragé un bon nombre d’autres.

Mais il y a d’autres raisons qui expliquent pourquoi l'élevage du mouton n’a pas suivi le même cours que les autres branches de l’industrie animale, qui toutes ont eu des périodes de prospérité et de dépression. La facilité même de l’éle rage ovin a contribué à faire perdre l'intérêt dans cette industrie. On a fait des efforts sans nombre pour venir en aide à l’industrie porcine et à celle de l'élevage des bêtes à cornes, mais les moutons, qui demandent si peu de soins, et qui sont si inoffensifs, ont été l'objet de l'indifférence générale. L’obstination même du porc, la marge étroite des profits par les méthodes ordinaires, ont contribué à stimuler l’éleveur de pores dans son travail. Les difficultés toujours persistantes de la main-d'œuvre dans l'industrie laitière ont de même attiré l’attention sur la vache laitière, tandis que les risques encourus dans l'élevage des chevaux et le lent rapport de cette industrie ont été la “ause même de son amélioration. Mais le mouton, qui rapporte deux récoltes par année, malgré de mauvais abris et une semi-négligence, n’a pas exigé de luttes pour son maintien, et il a souffert en conséquence.

En outre, il semble que l'élevage du mouton prospère le mieux sous deux conditions très différentes. Dans les jours de l’agriculture primitive, le mouton était aussi

nécessaire pour habiller la famille du cultivateur que la vache pour l’alimenter de lait, La plupart des f. rmes, au début de l’agriculture, avaient leur petit troupeau de moutons qui étaient l'objet d'un meilleur traitement qu'un bon nombre de troupeaux ne récoivent à l'heure actuelle, A mesure que la nécessité de produire, sur Ja ferme même, les matériaux d'habillement, disparut, seuls les cultivateurs doués du vrai instinct du berger où d'un bon esprit pratique, conservèrent leur troupeau, Les autres Conditions favorables à l'élevage du mi uton se rencontrent dans l’agriculture Ja plus avancée, telle que celle de la Grande-Br tagne, à l'heure actuelle. Là, les loyers élevés, les impositions et autres frais, exigent impérieusement que chaque pied de terre produise un maximum de rendement, Ces Conditions ont fait reconnaître la valeur du Mouton en agriculture, et l'élevage de cet animal tient aujourd'hui la même place que l'élevage du porc, du bœuf, ou autres animaux, Au Canada, un bon nombre de districts occupent une position int. rmédiaire; sauf dans les sections les plus avancées, l'élevage du Mouton n'est conduit qu'avec peu de VI£ueur. Au fur et à mesure que cette industrie t ndra vers un but mieux défini, qu'elle s'organisera, et qu'elle appeliera l'exercice de }’‘atelligence des meilleurs éleveurs, elle formera une des branches Principales di l’agriculture au Canada, comme en Grande-Bretagne.

L'excellence des troupeaux, dans toutes les parties du Canada, démontre que toutes les provinces conviennent également à l'élevage du Mouton. Les troupeaux bien exploités démontrent également que cette industrie est d'un bon rapport dans toutes les parties du Dominion. Ceci peut se dire de la terre arable de haute valeur, où l’industrie laitière, j'él “age du porc et la culture du blé réussissent également bien. Mais ce n’est pas dans ces conditions que l'industrie est réservée au plus briilant avenir, ou qu'elle trouvera le plus de place pour se développer. (C’est la terre de Pâturage aceide ntée, de culture difficile, qui attend le berger. On trouve, dans Ja plupart des Provinces, des milliers et des Milliers d’acres de terre accidentée qui ne rendent pre sque rien, actuellement. Remplis de moutons, en grands ou en petits troupeaux, la plupart de ces district pourraient rapporter de superbes revenus,

Grâce à l'augm ntation des prix de la laine et de la viande, an cours de ces deux dernières annéees, on ConState, dans bien des districts, une tendance à regarnir et à améliorer les troupeaux, et il est probable que le prochain recensement du Dominion révèlera une aMélioration, sous ce rapport.

Au Canada, l’industrie de l'élevage des moutons est Pobjet d’une attention plus OU moins vive de Ja part d'associations d'éleveurs. Des associations provinciales d'éleveurs de Moutons ont été organisées dans les provinces de Québee et de l'Alberta, Au Manitoba, une association spéciale surveille les intérêts des pores et des moutons ; dans la Colombie-Anglaise, ce sont les associations générales qui prennent ce soin. Les autres organisations d'éleveurs de moutons de l'Ouest sont : Association des Producteurs de Jaine de l'Alberta, dont les quartiers généraux sont à Lethbridge. et l'Association des éleveurs de moutons de l'Ile de Vancouver. Dans les provinces Maritimes, il existe une association pour toutes les catégories de bestiaux, qui exerce, dans les trois Provinces, une légère Surveillance sur l'industrie du mouton. Pendant Lien des années, dans la Province d'Ontario, cette industrie a été contrôlée par l'Association des éleveurs de moutons du Dominion. Bien qu’elle porte le nom de “Dominion ”, cette Organisation n'avait guère été, jusqu’à ces derniers temps, qu’une association de l'Ontario: mais, en 1906, elle obtint, sous Ja loi des généalogies, une reconnaissance légale qui lui confère des droits sur toute l'étendue du Dominion. C'est par cette Organisation que l’enre gistrement des Moutons s'effectue dans les registres nationaux.

Les registres nationaux sont ouverts aux races suivantes : Lincoln, Cotswold, Leicester, Oxford, Shropshire, Southdown, Hampshire et Dorset, Les registres pour les races Cheviot, Black Face et Suffolk, sont en voie d'organisation. On peut obtenir des renseignements sur les règlements d'inscription au registre et sur tout ce qui regarde l’enregistre ment, en s'adressant au comptable des annales nationales du bétail, à Ottawa.

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