‹ Elévations poétiques (volume 2)Chapitre 47 sur 80 · A MADAME ADELINE ST-ONGE · texte numérisé non relu

A MADAME ADELINE ST-ONGE

A l'occasion de son départ pour la Ville Eternelle en septembre 1905.

Madame Veuve Séraphin St-Onge, née Adéline Delisle, est une des dames les plus distinguées de la ville de Montréal par ses vertus, par ses aumônes, et surtout par ses nombreux pèlerinages à la ville de Rome, où elle eut l'insigne b<^nheur de voir le Pape Léon XIII seize fois en audiences privées et plus de vingt fois en audiences générales. Ce voyage de 1905 à Rome était son cinquième. Elle ne voulait pas mourir sans voir le nouveau Pape. Ses voeux furent plus qu'exaucés: privément et publiquement elle vit le Pape Pie X dix-huit fois! Elle en est enchantée comme de l'autre. Elle n'est pas encore satisfaite. Elle parle d'y retourner. Elle est âgée de 74 ans. Ceci est écrit en 1907. Madame St-Onge a, depuis longtemps, la faveur de l'autel privé dans sa villa des Anges, et, depuis quelques années, le privilège d'y conserver le Saint-Sacrement. — Morte en 1909.

Qui ne connaît Madame, à la villa des Anges.

Dans la cité de Mont-Royal ? . . . .

Ses amis, par milliers, publiant ses louanges.

L'aiment d'un amour sans ésral.

Ses amis, quels sont-ils?... Oh! les grands personnages

De sa ville, de son pays, De la France, de Rome, où ses pèlerinages

Sont toujours si bien accueillis.

On voit en Canada les prêtres, les évêques. D'honorer de leurs compliments ....

Des livres faudrait-il et des bibliothèques Pour raconter ces traits charmants;

Pour raconter aussi tant d'aïunônes discrètes,

Tant de pieuses charités, .Que son cœur généreux, par des routes secrètes,

Prodigue à des cœurs attristés;

Pour raconter au long tant de faveurs insignes

De la part des prélats romains, Qui, devant ses désirs, levant toutes consignes,

Ouvrent les portes, les chemins;

Pour raconter enfin, les sublimes tendresses

Dont Léon treize l'honora, Ou, (pour dire le mot), les papales caresses

Que sur sa tête elle attira ! . . . .

Trente ou quarante fois, à ses pieds prosternée.

Elle put le voir, le prier; Et chaque fois son âme, éprise, fascinée,

Eut lieu de se glorifier.

Le Pape s'écriait : "'Encor la Canadienne ! . . . .

Venez : je vous reconnais bien ! . . . . Que faut-il, en ce jour, à votre âme chrétienne ?

Ai-je pour vous assez de bien" ? . . . .

, On vit, plus d'une fois, la calotte bénie Echoir à Madame en partant

Sa bourse en était bien quelque peu dégarnie ! Mais le cœur était si content ! . . . .

O les beaux souvenirs que Madame conserve, Embaumant sa vie et ses jours ! . . . .

O les cultes divins que votre cœur observe. Si doux, si suaves toujours ! . . . .

Et puis, n'avez-vous pas, sous votre humble demeure, Le cœur même de Jésus-Christ ? . . . .

Dieu pouvait-il vous faire une grâce meilleure, Plus consolante à votre esprit ? . . . .

Quand votre corps, hélas ! est brisé de souffrance,

Votre cœur brisé de chagrin.

Vous ne faites qu'un pas vers le Dieu d'espérance,

Et vous voilà forte soudain !

Car autant vous aimez palpiter au Calvaire

Que tressaillir sur le Thabor. ...

Vous n'attendez qu'au Ciel ce qui pourra vous plaire :

Le vrai bonheur, le vrai trésor !

Jusque là votre joie est de dire sans cesse :

"Mon Dieu, que votre volonté Se fasse et non la mienne!". . . Ainsi dans la sagesse

Votre cœur est réconforté.

Maintenant, vous allez dans la ^^ille Eternelle

Fixer encor votre séjour.

Vous plonger de nouveau dans la source immortelle

De la ferveur et de l'amour.

Pareille à Jésus-Christ montant sur la montagne

Pour voir Jérusalem de loin.

Du haut du Vatican oii Dieu vous accompagne.

Vous cherchez le Ciel avec soin.

Allez donc bravement oii votre destinée

Sollicite encore vos pas. ...

Vers le Pape nouveau votre âme est entraînée....

Un tel voyage a mille appas !

Oh ! vous avez l'espoir d'être l>énie encore

Par le Vicaire du Bon Dieu.

De retrouver intacts. — choses que l'on adore., —

Tous les attraits de ce Saint Lieu.

Donc nous vous souhaitons heureuse traversée.

Heureuse existence là-bas. . . .

Pui.sse de vos amis la prière exaucée

Vous ramener sauve en leurs 'bras ! . . . .

Et <juand vous serez là, dans les doux sanctuaires

Oii vient la grâce par torrents.

Vous penserez à nous, en faisant vos prières

Pour vos chéris et vos parents.

() vous c|ui jouissez d'im si puissant empire

Dans la Sainte Eglise de Dieu, Vous devez toujours voir le Bon Dieu vous sourire.

Quand ^ous formidez rotre vœu.

Peut-être oublierez- vous d'implorer pour vous-même

La grâce de vivre longtemps :

Nous la demandons, nous, cette faevur suprême

Que vous viviez jusqu'à cent ans !

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