A UN AMI QUI S'ETAIT AVENTURE SUR CE TERRAIN SCABREUX
Poète, que fais-tu? Pourquoi toutes ces rimes ? Cette forme bizarre et ce cadre restreint ?. . . Acrostiches, sonnets, ces pièces que tu liines ^ Ont de sévères lois: honni qui les enfreint !
As-tu de la spLniiknir les élans magnanimes ?. . . Des plus rares beautés ton vers e*t-il empreint ? . . . Voyant de ces mignons les finesses sublimes. Plus d'un maître, en suspens, les convoite et les craint.
Pour exceller, briller, en ces petits poèmes, Tu dois les embellir jusqu'aux bornes suprêmes, Car la moindre faiblesse est" une affreuse erreur.
C'est tout l'un ou tout l'autre en la miniature,
Tableau de poésie ou tableau de peinture :
Si ce n'est un chef-d'oeuvre, hélas ! c'est une horreur !
3l0u^urB ht lam^fi
Cette pièce est la simple traduction d'un petit poème en anglais, qui, sous le même titre, fît le tour de la presse américaine, il y a quelques années, excitant la curiosité du public et donnant surtout aux fiers partisans du damier la plus vire satisfaction.
Je les ai vus jouer au^ dames tout l'hiver, Tout le printemps, l'été, sans excepter l'automne : Un tel, un tel, un tel, un tel; et je m'étonne De ne savoir à qui l'exercice est plus cher.
Du premier au dernier, quand l'ardeur les enivre, Je vous dis qu'ils sont bons, savants même et très forts: On les voit fréquemment, pleins de nobles transports, Jouer de longues nuits: le matin les délivre.
Voyez-les de bonne heure, au magasin du coin. S'assembler: une boîte est à l'instant dressée, Le damier mis dessus; et la foule pressée. En cercle autour du jeu. le contemple avec soin.
Il est vieux, ce damier; obscures sont les cases; Et chaque pièce, à l'œuvre, a perdu son vernis. C'est bien par millions, et dans toutes leurs phases. Qu'en ce champ les combats furent livrés, finis.
Soudainement frappés- par des coups de surprise, Les joueurs ont parfois de terribles sursauts. La foule est en délire : un tel jeu l'électrise : Honneur aux combattants dont l'œil est sans défauts !
Et c'est de père en fils que cette ardeur si vive Pour l'antique damier passe fidèlement.
Un vieillard disparaît, un fils de race arrive, Et la gloire du nom se maintient constamment.
On a vu des absents, après nombre id'années, Revenir au pays, et s'écrier, jo^^eux; "Le ma'gasin du coin est toujours là : mes yeux Revoient avec bonheur les foules fascinées
Se réunir autour des braves champions, Comme on faisait jadis, aux jours de mon enfance, Acclamant les vaincpieurs et calmant la souffrance Des joueurs malheureux aux funestes guignons.
Amis, gardez-vous bien d'abolir cet usage Surpassant en attraits le boire et le manger ! Le jour où Dieu viendra du ciel pour nous juger, Ces gens seront encor dans leur cher esclavage !
M A la iïlematrc ïre Ulanche (hameau m
B rutalonent assassinée à Stadacona. Québec^ par des 'bandits inconnus le 22 Juillet 1920.'
Blanche, qui nous dira Tangoisse de ton âme
Quand tu te vis
Par des bandits Aux yeux étincelants d'une infernale flamme.
Dans ton chemin,
Prise soudain.
Liée et bâillonnée, assoupie, endormie,
En gémissant,
En pâlissant. En aspirant la drogue ou le gaz d'infamie
Que les brigands,
T'ouvra nt les dents.
Te firent avaler malgré ta résistance,
Pour t'opprimer
Et consommer L'épouvantable objet de leur malice immense ?
Blanche, qui nous dira le barbare forfait,
L'abominable crime, 'Dont tu fus la victime Et dont le monde entier est resté stupéfait ?
Dans l'histoire du monde,
En horreurs si féconde, On ne peut rien trouver de comparable à toi !
Réduite à l'impuissance,
On t'a fait violence,
Et le ciel et la terre ont palpité d'effroi !
Et te voulant bien morte,
La hideuse cohorte.
Afin que le secret de son iniquité
Comme un sombre mystère.
Descendît dans la terre T'écrase enfin la tête avec férocité.
Blanche, qui nous dira l'auréole de gloire
Dont Dieu, pour cet affront.
A couronné ton front ?
Ici, plus tes bourreaux ont l'âme vile et noire
Digne de l'échafaud,
Plus ton âme, là-haut, Au milieu des élus, est blanche et rayonnante.
Si ton corps fut souillé
Et ton cœur outragé, Ton âme, chère enfant, est restée innocente
Du mal qu'ils ont commis.
Aussi tous les amis.
Les proches, les parents, qui, sans borne et sans nombre,
T'ont chérie ici-bas,
Vers Dieu lèvent les bras.
Jurant que du péché tu n'as pas même l'ombre.
Blanche, qui nous dira les poignantes leçons
Qu'en ce carnage
Trouve le sage ?
Père et mère, sauvez l'honneur de vos maisons !
Ah ! que vos filles, ■ Dans les chemins scabreux ne s'aventurent pas.
Craignant sans cesse
L'impure ivresse De tous les vagabonds friands de tels appas.
Et de bonne heure.
Avant qu'on pleure, -7., Belles, gentilles.
Apprenez sans relâche, apprenez à vos fils
De Dieu la crainte
Pudique et sainte Qui préserve du vice et du sort des bandits.