‹ Elévations poétiques (volume 2)Chapitre 51 sur 80 · COMPLAINTE DE BLANCHE GAKNEAU · texte numérisé non relu

COMPLAINTE DE BLANCHE GAKNEAU

Pièce précédente remaniée de manière à ce qu'on puisse la • ,

chanter sur l'air du "Condamné à i'échafaud", page 176 de notre "Nouveau Chansonnier Canadien-français".

Qui nous dira l'angoisse de ton âme Ouand tu te vis arrêtée en chemin Par ces démons aux yeux rouges de flamme Qui lâchement t'assaillirent soudain ?

Les scélérats, malgré ta résistance, Par quelque gaz ou liquide infernal, Ne t'ont-ils pas fait perdre conscience, P()ur te plonger dans l'abîme du mal ? — ^bis

Qui nous dira les horreurs de ce crime. De tous les temps le plus sombre forfait, Ignoble assaut dont tu fus la victime.

Meurtre hideux dont on est stupéfait ?

Un tel outrage à rien ne se compare. . . A peine ont-ils immolé ton honneur, Que du talon et d'un geste barbare.

Ils t'ont brové la tête avec fureur. — bis

Qui nous dira combien, fille innocente,

A tout ce drame étrangère tu fus i

Ton âme au ciel, est blcinche et rayonnante.

Car ainsi Dieu couronne les vertus.

Tes meurtriers, à l'âme vile~et noire.

On les voudrait déjà sur l'échafaud;

Mais toi, martyre au front nimbé de gloire,

Nous t'acclamons bienheureuse là-baut.^ — bis

Qui nous dira la tragique morale Que cet exemple olïre à tout l'univers ? Voyez, parents, l'imprudence fatale De votre fille en des chemins déserts : Gardez-la donc sous votre égide sainte, Et constamment apprenez à vos fils L'horreur du mal et du bon Dieu la crainte, Pour ne pas vivre et mourir en bandits. — bis

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