NE JAMAIS DESESPERER
D'un dilemne effrayant qui semble inextricable,
On peut sortir avec succès :
Témoin ce lièvre des forêts Traqué par une meute haletante, implacable.
Il allait succomber, lorsqu'il vit tout à coup
Une charette sur la route. . . .
Pour mettre les chiens en déroute, Il y saute aussitôt sans regarder beaucoup.
Or, c'était un chasseur portant dans sa voiture
Une montagne de gibiers :
Lapins, ratons, cailles, pluviers.
Qu'il avait abattus en villégiature.
Sans bruit, Jeannot se glisse au plus profond du tas;
Puis il attend la destinée. ...
Voilà que la meute, entraînée Par la piste d^ns l'herbe, arrive avec fracas.
Et se met à fouiller dans fourrure et plumage Qui volent prestement dans l'air; Mais l'homme, prompt comme l'éclair,
Frappe à grands coups de fouet les auteurs du pillage.
Il est aidé bientôt par le maître des chiens. . . . La meute abandonne sa proie ....
' On devine aisément la joie Du lièvre quand il put rejoindre enfin les siens.
Car le danger passé, revenant à la vie,
Cet animal qu'on croyait mort
Avait sauté pardessus bord, Laissant l'homme étonné d'un tel trait de génie.
L'homme n'avait pas vu l'animal arriver
Et se blottir dans sa charette;
Son âme resta stupéfaite, Lorsqu'il le vit soudain bondir et s'esquiver.
Est-ce un coup de génie ou de bonne fortune ?
Coup de hasard assurément;
Mais avouons-le franchement.
La chance parmi nous est aussi fort commune.
On lui doit la vapeur, la gravitation
Un si grand nombre de merveilles, Qu'en des circonstances pareilles,
Jeannot mérite bien notre admiration.
M (êïtnnmWts bans la Crème