‹ Elévations poétiques (volume 2)Chapitre 60 sur 80 · NE JAMAIS DESESPERER · texte numérisé non relu

NE JAMAIS DESESPERER

D'un dilemne effrayant qui semble inextricable,

On peut sortir avec succès :

Témoin ce lièvre des forêts Traqué par une meute haletante, implacable.

Il allait succomber, lorsqu'il vit tout à coup

Une charette sur la route. . . .

Pour mettre les chiens en déroute, Il y saute aussitôt sans regarder beaucoup.

Or, c'était un chasseur portant dans sa voiture

Une montagne de gibiers :

Lapins, ratons, cailles, pluviers.

Qu'il avait abattus en villégiature.

Sans bruit, Jeannot se glisse au plus profond du tas;

Puis il attend la destinée. ...

Voilà que la meute, entraînée Par la piste d^ns l'herbe, arrive avec fracas.

Et se met à fouiller dans fourrure et plumage Qui volent prestement dans l'air; Mais l'homme, prompt comme l'éclair,

Frappe à grands coups de fouet les auteurs du pillage.

Il est aidé bientôt par le maître des chiens. . . . La meute abandonne sa proie ....

' On devine aisément la joie Du lièvre quand il put rejoindre enfin les siens.

Car le danger passé, revenant à la vie,

Cet animal qu'on croyait mort

Avait sauté pardessus bord, Laissant l'homme étonné d'un tel trait de génie.

L'homme n'avait pas vu l'animal arriver

Et se blottir dans sa charette;

Son âme resta stupéfaite, Lorsqu'il le vit soudain bondir et s'esquiver.

Est-ce un coup de génie ou de bonne fortune ?

Coup de hasard assurément;

Mais avouons-le franchement.

La chance parmi nous est aussi fort commune.

On lui doit la vapeur, la gravitation

Un si grand nombre de merveilles, Qu'en des circonstances pareilles,

Jeannot mérite bien notre admiration.

M (êïtnnmWts bans la Crème

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