‹ Elévations poétiques (volume 2)Chapitre 62 sur 80 · HIDEUR DE L'HYPOCRISIE · texte numérisé non relu

HIDEUR DE L'HYPOCRISIE

"Je m'en vais en pèlerinage", Disait le renard, d'un air bon ; Pour mieux jouer son personnage, Il aA^ait pris sac et bâton.

"Ce sont mes péchés que j'expie.

J'ai le cœur plein de repentir; Hélas! j'ai honte de ma vie.

Je veux enfin me convertir.

Je me donne la discipline Et je jeûne tous les matins; Pour apaiser l'ire divine.

Je vais chez les Bénédictins,"

Par aussi perfide manière, Il trompait les plus fins limiers, Et iaisait, hors de sa tanière.

Bombance aux dépens des fermiers.

A la fin, son hypocrisie

Fut chose claire à tous les yeux;

Et partout, avec frénésie.

On se rua contre le ffueux.

Ck)nnu, traqué, le misérable Se cache depuis ce temps là; Montre-t-il sa face exécrable, On crie aussitôt: le voilà !

C'est fini. — Mais les hypocrites Se voient toujours sur les chemins, Exerçant leurs ruses maudites Parmi les crédules humains.

Non plus des renards, mais des hommes Avec leurs visages masqués; Et, trop souvent, dupes nous sommes De tous ces pèlerins manques.

Etre malfaiteur et perfide.

C'est être méchant doublement; Cœur noir et Aasage candide.

Quel infernal accouplement î

A l'œuvre donc ! Sachons combattre La perfidie autour de nous; C'est un monstre qu'il faut abattre :

Ne lui ménageons pas nos coups. ■

Tout menteur est un hypocrite : ,

Si c'est un enfant qui grandit.

Il faut le reprendre au plus vite, Au moindre mensonge qu'il dit.

S'il ment encore après l'enfance.

Qu'on le regarde, avec horreur.

Comme un renard en pénitence.

Un incorrigible trompeur !

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