‹ Elévations poétiques (volume 2)Chapitre 63 sur 80 · VILENIE DES CHARLATANS · texte numérisé non relu

VILENIE DES CHARLATANS

pn renard, à bout de ressource,

Voyant tous ses plans échouer.

Imagina que le gibier

Vers lui se rendrait à la course^^ S'il pouvait seulement se faire médecin.

La bagatelle d'un diplôme Fut l'affaire, pour lui, d'un faux et d'un larcin. Il s'annonce aussitôt comme l'auteur d'un baume

Qui guérissait de tous les maux.

Il n'en fallut pas plus. On vit les animaux,

D'au loin, de toutes parts, venir en nombre immense,

Pour en faire l'expérience.

Le renard, du haut d'un tréteau,

Les haranguait. Rien de pilus beau ! "Messieurs, leur disait-il, de sa voix qui fascine, Sachez que je jouis du don de médecine :

Je guéris infailliblement,

Et soigne gratuitement !

Les pauvres, les petits, voilà ma clientèle. Quant aux gros animaux, j'ai la peine mortelle « De refuser de les soigner;

Car, ayant de l'or pour payer. Ils peuvent s'adresser, aux. docteurs ordinaires

Qui travaillent pour honoraires,"

Ecartant ainsi le danger Que 'les gros et les forts vinssent le déranger, Le bandit, à cœur joie, exploitait ses victimes :

Les dindonneaux, les agnelets.

Les poules, les coqs, les poulets,

Bêtes faibles, pusillanimes, Qui ne comprenaient point les trucs de ce brigand.

Il les introduisait dans des chambres secrètes,

Et les croquait le plus souvent.

Allant dire à la foule, en paroles discrètes,

Qu'il les gardait à l'hôpital.

Pour guérir tout à fait leur mal !

Mais pour entretenir courage et confiance.

Pour empêcher la méfiance.

Il en laissait sortir quelqu'un, de temps en temps,

Trop maigre et trop dur pour ses dents !

Humains, n'est-ce pas là l'image

Des faux médecins, parmi vous.

Qui font un si cruel ravage

De votre vie et de vos sous ?

Quel est donc ce i^enchant d'éternelle sottise Qui vous fait vous jeter dans la gueule des loups ?

Ces vilains charlatans, faut-il qu'on vous le dise ?

Ne connaissent rien, moins que rien !

Vous guérir, ils s'en moquent bien !

Ils vous dupent toujours, et souvent ils vous tuent !

Quand des guérisons s'effectuent,

C'est l'affaire d'un pur hasard

Oii le baimie n*a point de part.

Ces coquins-là s'en attribuent

Avec aplomb, d'un air vantard.

Tout le mérite et l'avantage.

On vous embête davantage :

De plus en plus sots vous voilà !

Et c'est toujours, toujoure. votre argent qui s'en va

Eenarbs ïfauettés nan Humfltés

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