INFAMIE DE LA MAUVAISE FOI
Trois loups avec dix chiens, un jour, se rencontrèrent. Les loups, plus effrontés, aussitôt proposèrent Une société pour chasser en commun, "Et surtout, disaient-ils, rien de plus opportun Que de nous garantir une justice égale. ...
En toutes nos difficultés.
Il faut que les majorités.
Avec une âme impartiale.
Et par une entente loyale.
Respectent les minorités."
A ce noble contrat les nobles chiens promirent Le plus complet assentiment. ...
Avec un tel engagement Tous les confédérés en campagne se mirent. Tout alla bien, fort bien, dans les occasions Où les chiens généreux, tenaient lès rations Par la force du nombre et le nombre des dents; Car s'en tenant à leur promesse.
Ils accordaient avec largesse La part des amis dépendants.
R^virement complet quand les loups hypocrites, Deux ou trois contre un seul, disposaient des marmites.
Car, oublieux de ses mérites,
Ils repoussaient le pauvre chien,
Qui, pour sa part, n'avait plus rien. . .
En vain leur montrait-il combien
Cette injustice de corsaire
Etait odieuse et contraire A l'honneur, aux serments, à la foi des contrats .... Les loups, plus acharnés, en riaient aux éclats,
Faisant fi de toute justice
Et ne cachant plus leur malice
De menteurs et de scélérats.
MORALE
Or, nous n'avons qu'à voir l'humaine politique, Pour être convaincus que cet art satanique De trahir la faiblesse et les minorités, Est aussi bien le fait de nos majorités Que le fait de celles des bêtes.
Ces majorités malhonnêtes, Lisant de leur droit du plus fort, Oubliant le noble support Que nous donnons à leurs confrères, Nous font les plus stupides guerres Et nous accablent de misères !
Au dire de ce monde étroit.
Nous n'avons pas l'ombre d'un droit. . . L'unique moyen de leur plaire Est de sacrifier nos plus chers intérêts : Langue, religion, écoles. . . . vains hochets. . . .
Et même, pour les satisfaire.
Nous faudrait -il mourir comme indignes sujets !
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