CHANT DE LA SAINTE VIERGE POUR ENDORMIR L'ENFANT JESUS
(Comme le précédent, ce cantique populaire, quoique sublime dans sa conception, est très imparfait dans sa forme connue. On trouvera, dans le développement que je lui ai donné, un épanchement complet du coeur de la Sainte Vierge, tout-àfait approprié à la circonstance. Car la Sainte Vierge, endormant l'Enfant Jésus, devait naturellement, dans son cantique, exprimer d'abord la tendresse de son amour, puis son anxiété à l'égard de l'avenir, enfin son union intime avec le Sauveur du monde et sa résignation parfaite à la volonté du Père Suprême.)
Suspendant leurs flots d'harmonie, Les Cieux étonnés se sont tus :
Car la douce voix de Marie Chante pour endormir Jésus,
Dors, mon Enfant, clos ta paupière, Rej^ose en mes bras tendrement :
Dors, dors sur le sein de ta mère.
Enfant si noble et si charmant !
Enfant que j'aime et que j'adore, O Fils de Dieu, mon divin Roi !
Xe vois-tu pas le Ciel encore ?
Le Ciel n'est-il pas avec toi ?
Hélas ! je sais ta destinée :
Tu n'est venu que pour souffrir. . . .
Et moi, serai-je condamnée
A te voir soulïrir et mourir ?
O cher Agneau, douce victime, Reste en mes bras toujours petit. . . . Préserve-moi de cet abîme Où mon coeur tombe et s'engfloutit !
Restons plutôt dans cette étable Avec les bergers purs et bons :
Oh! combien serait agréable Xotre vie en ces régions !
Vivons toujours loin du Calvaire, Toujours loin de Jérusalem :
Aux bourreaux je puis te soustraire En te cachant à Bethléem !
Mais que dis-je. Enfant adorable ?
L'amour égare mon esprit ! . . . .
De résister suis-je capable A ton sort tel qu'il est écrit ?
Je me résigne à mon partage, A tous les maux que j'entrevois; Mon cœur s'armera de courage Pour te suivre jusqu'à la croix !
Puisque ta mort est nécessaire Au salut de l'humanité, Verse ton sang sur le Calvaire Et que l'homme soit racheté.
A tes indicibles souffrances Unissant mes propres douleurs, Je soutiendrai les espérances.
Les efforts des pauvres pécheurs.
A la volonté de ton Père Je suis donc soumise avec toi :
O mon cher Fils, aide ta mère :
J'ai besoin de force et de foi !
"Il tn larptagtt? st au (Eanaba ^
Poème dédié à M. l'abbé A. -A. Godbout, curé de Saint- François d'Assis.e, par l'auteur, en souvenir de la bénédiction de l'église paroissiale et du sanctuaire de Notre-Dame de Roc- Amadour, par Sa Grandeur Monseigneur Paul-Eugène Roy, auxiliaire de Québec, le 20 juillet 1919.
Roc-Ainadour de la vieille Bretagne, O Sanctuaire illustre et vénéré, Tu revivras dans notre humble campagne, Dajis ce Domaine où le sol est sacré.
Car, ici même, un prodige admirable Eut lieu, jadis, quand vint Jacques-Cartier, Avec sa flotte, à l'endroit mémorable Que nous voulons aujourd'hui glorifier.
Par ce haut fait, premier pèlerinage, Premier miracle au pays canadien.
Le découvreur va montrer son courage Et de Breton et de héros chrétien.
Le scorbut noir a frappé l'équipage Des nobles preux sur les nobles vaisseaux; La mort exerce un horrible ravage.
Les galions sont changés en tombeaux.
Est-ce la fin du voj^ige sublime ? . . . La catastrophe après tant de succès ? . Faut-il ici que le rêve s'aibîmè' Dans une mer de deuil et de reirrets ?
Xon, non ! Cartier n'a-t-il pas une image, Un étendard de cet autel fameux Où la Madone a, là -bas, d'âge en âge, De tous leurs maux guéri les malheureux ?
Il la suspend, cette image bénie.
Au tronc d'un arbre, au fond de la forêt, A Fendroit même où notre colonie Voit le clocher du Domaine Lairet.
"Debout ! En rang !" cria-t-il à son monde, "La Vierge est là, sanctuaire nouveau. Allons-y tous en troupe moribonde.
Allons prier devant l'hiunhle tableau-."
Et réquipage, à ce cri, se ranime . . . Ils s'en vont en grande procession.
Volant, plutôt, dans un élan sublime, Vers l'arbre, objet de leur attraction.
L^ne clameur de .chant et de prière S'élève alors de tous ces pèlerins, Enfants dévots qui disent à leur Mère:
"Secourez-nous, ô Reine des marins !"
Qui nous dira leur angoisse poignante, La piété, la foi de leurs grands cœurs, Combien le cœur de la Vierge clémente Fut attendri par leurs gestes vainqueurs ?
La bonne Mère envoya le remède, Et le fléau disparut aussitôt. . .
Au désespoir l'allégresse succède.
Et de la mort est supprimé l'impôt.
Voilà le fait historique, authentique Dont le récit, le pieux souvenir PeqDétué comme sainte relique.
Devra toujours ici nous réunir.
Xous réunir pour le pèlerinage, Pour la prière et la procession.
Sûrs d'y trouver la force et le courage, De. nos douleurs la douce guérison.
Eoc-Amadour de Saint-François d'^Assise, Trônant si bien sur ton modeste autel.
Règne à jamais sur notre jeune église.
Pour nous sauver et nous conduire au ciel !
W A Noîre-Samf he Eor-Amahour M
Sur l'air de: '■''Nous vous invoquons tou9
Les Bretons de jadis Furent tes premiers fils, Mère d'amour.
REFEAIN
Vive Roc-Amadour, Parmi nous sans retour Ton illustre séjour, Mère d'amour.
De Cartier les marins Furent tes pèlerins, Mère d'amour.
Ils allaient tous mourir :
Tu daignas les guérir, Mère d'amour.
Enfin le Canada Comme eux t'implorera.
Mère d'amour.
Nous-mêmes nous souffrons Sans toi, nous périrons.
Mère d'amour.
Accorde-nous ici Ton merveilleux appui, Mère d'amour.
Jette sur nous les yeux, Entends nos cris, nos vœux, Mère d'amour.
Convertis les pécheurs, Gagne à Dieu tous les cœurs, Mère d'amour.
Dans nos infînnités Montre-nous tes bontés, Mère d'amour.
Guéris-nous de nos maux Par des bienfaits nouveaux, Mère d'amour.
Que chacun puisse voir
Ton immense pouvoir.
Mère d'amour.
Que pour nous ton aut«l Soit la porte du ciel.
Mère d'amour.
Olanttqu^ à i^t-iloa^ptj
(Le refrain de ce cantique est connu. Il est très bien. Les couplets, au contraire, pouvant être améliorés, je leur ai substitué ceux de ma composition. La même remarque s'applique au refrain et aux couplets du cantique suivant.)
Chantons la grancleur et la gloire De Joseph au plus haut des cieux :
C'est le Juste dont la mémoire Vit toujours en nos cœurs joyeux.
REFEAIX
Volez (bis), anges du sanctuaire, A Joseph au plus haut des cieux ; Offrez de notre hum'ble prière Les accents, Thommage et les vœux.
Josei^h, du Sauveur sur la terre X'es-tu pas le noble tuteur ?
De l'admirable Vierge-Mère N'es-tu pas le saint protecteur ?
Joseph, dans ta modeste vie, Nous voyons toutes les vertus !
Tu suis l'exemple de Marie, Tu te rends semblable à Jésus.
Joseph, ô glorieux modèle.
Nous te suivrons à notre tour:
Et notre cœur, à Dieu fidèle.
Brûlera du céleste amour.
Auto (gantiqup à i't-Snspplj ^
Joseph, chaste époux de Marie.
Père nourricier de Jésus.
Xoiis voulons contempler ta vie Miroir de toutes les vertus.
REFEAIX
Xous viendrons, aimable père.
Vous présenter chaque jour.
Avec notre humble prière.
Le tribut de notre amour.
Ton lis qui fleurit dans le temple Te joint à la ^lère de Dieu :
Vous allez vous soumettre ensemble Aux ordonnances du .Saint Lieu.
A Xazareth. c'est Tinnocence.
Le travail, la paix, la douceur; Et c'est aussi Thumble croyance A l'ange envoyé du Seigneur.
A Bethléem, c'est le courage.
C'est l'héroïsme de la foi :
Dans son misérable entourage Tu reconnais ton Divin Koi.
Quand tu fuis en terre étrangère.
Quelle aimable soimiission !
Tu couvres l'Enfant et sa Mère De ta noble protection.
Revenant de la ville sainte, Tu perds, tu retrouves Jésus :
D'amour, de douleur et de crainte Mère et père sont confondus.
En quelle auguste compagnie Tu quittes ce monde mortel !
C'est entre Jésus et Marie Que tu t'élances vers le Ciel !
Là-ITaut, que ta gloire est sublime, Intendant chéri du Seigneur !
Le Ciel, d'un concert unanime, Proclame à jamais ta grandeur.
Pour nous, mortels, c'est ta puissance Qui nous offre le plus d'attraits :
Képonds à notre confiance.
Et comble-nous de tes bienfaits.
Hymne à Ste- Anne, }îatranne bu Canaba &
Nos ancêtres fameux, poussés par leur vaillance,
Par la vertu de leur grand cœur, Quittèrent sans faiblir le beau pays de, France,
Bravant la mer et sa fureur :
Et dans ce nouveau monde, à la rive sauvage,
On les vit aborder un jour, Leurs navires portant de Sainte Anne l'image,
Leur âme portant son amour !
Ah ! c'est que maintes fois, dans son humble chapelle,
Priant et pleurant à ses pieds, Ils avaient reconnu la bonté maternelle
De la Eeine des nautonniers :
Cette admirable foi les inspirait encore
Dans leurs élans vers d'autres cieux, Tant ils voulaient, chrétiens, voir se lever l'aurore
De l'ère chrétienne en ces lieux.
Ils voulaient, en fondant cette noble patrie
Sur leur chère dévotion, En faire pour toujours une terre pétrie
De pieuse religion ....
Sainte Anne à l'avant-garde ! — Et leur âme héroïque
Se retrempant dans cet espoir, Le Canada, pour eux, remplaça l'Armorique
Qu'ils ne devaient jamais revoir.
Ils ne perdirent point, ces croyants des Bretagnes Leur douce Patronne d'Auray : i
Ils la virent encor dominer leurs campagnes, Au sanctuaire de Beaupré. . . .
Nous, fils de ces dévots, de ces preux d'un autre âge, Soyons maintenant généreux :
Gardons avec fierté cet antique héritage :
■' Ce culte saint et glorieux.
Héritiers de leur foi comme de leur mémoire,
Ayons leur esprit et leur cœur; Aimons Dame Sainte Anne et proclamons sa g'ioire
Avec tendresse, avec bonheur.
L'éclat de son amour en notre âme fervente
Sera toujours un feu d'espoir; Et son nom, pour nos yeux, comme une étoile ardente
Brillant, la nuit, dans un ciel noir.
Quand nous invoquerons cette mère chérie
Pour le salut de nos esquifs, La mer apaisera sa houle et sa furie;
Elle aplanira ses récifs.
Et quand nous toucherons à la plage bénie
Oii nous attendent nos aïeux, Notre bonne Sainte Anne et lia Vierge Marie
Nous introduiront dans les Cieux !
Cantique à i^atnlF Knm