CONCLUSION
La vieille chanson Vwe la Canadienne à cause de son air si éveillé, si doux et si tendre à la fois, est toujours considérée par la messe du peuple canadien comme ' notre chanson nationale j^ar excellence.
Mais c'est l'air surtout qui persiste. Car on sait que les mots, à part ceux du premier couplet, ne valent absolument rien.
Et c'est la raison, sans doute, lo pourquoi on ne la chante jamais quoiqu'on la joue sur tous les instruments de musique avec le plus bel enthousiasme, et 2o pourquoi la chanson O Can^ada du juge Eouthier (qui se chante ! ! !) a paru la supplanter depuis l'année 1884 et s'accréditer plus ou moins, dans les hautes sphères, comme notre vrai chant national.
Toutefois (ad hue suh judice Ih est), le peuple réclame toujours son ancienne chanson Vive la Canadienne. Fa à celle-ci il ne manque évi^xlemment que des mots propres et convenables pour prendre sa revanche et garder sa noble position à la tête de toutes nos chansons populaires dans le genre patriotique et national. On peut même conjecturer que si, en 1884, on eût pu chanter la Canadienne avec de tels mots propres et convenables, le Comité de la Saint-Jean-Baptiste n'aurait pas cherché mieux.
C'est pour répondre aux aspirations d'une telle mentalité que l'auteur, tout en conservant intact le premier couplet, a composé une chanson toute nouvelle sur le vieux thème de Vive la Canadiemie. Cest une chanson qui peut se chanter ! ! ! Elle est ein partie sérieuse et en partie gaie, mais noble toujours.
On trouvera, peut-être, im peu longue cette chanson de 20 couplets. Rien n'oblige de la chanter d'un bout à l'autre. Qui peut plus peut moins. On peut se borner à un petit nombre de strophes.
Comme chanson nationale, dans les circonstances nobles et solennelles, on ferait bien de la limiter aux six
l^remiers couplets. Le reste peut être chanté à loisir, quand on a du temps et que la note plus enjouée, un peu comique même, convient da^-antage à l'exubérance des esprits et des cœurs.