‹ Élévations poétiques (volume 3)Chapitre 110 sur 114 · HYMNE DES LAUDES DE LA PENTECOTE · texte numérisé non relu

HYMNE DES LAUDES DE LA PENTECOTE

Enfin la course de Tannée Nous ramène cet heureux jour, Où l'Esprit de paix et d'amour Confirme notre destinée.

Le Paraclet vient comme un vent Sous forme de langues brûlantes, Au fond des âmes jubilantes Allumer un zèle fervent.

Ouvrant la bouche, les diciples En toute langue sont compris :

Tous les peuples sont là, surpris Devant ces prodiges multiples.

Les merveilles dn Saint-Esprit, — Non les délires de l'ivresse, — Eclatent suivant la promesse Qu'en avait faite Jésus-Christ,

O Dieu plein de miséricorde !

Faites, nous vous en supplions, Que l'Esprit-Saint avec ses dons Remplisse notre âme et déborde !

Par ces dons brillants et vainqueurs, Que notre iniquité s'efface ; Qu'au péché succède la grâce ; Que votre amour biûle nos cœurs!

Rendons gloire à Dieu notre Père, Au Fils Jésus ressuscité, A l'Esprit dont la charité Renouvelle aujourd'hui la terre.

Pureté et beauté de la S^iqte Yierêe

[Le premier couplet de ce cantique est connu ; il n'est pas de moi. Il est très beau comme sentiment et comme poésie Mais les autres couplets étant plus ou moins défectueux, j'ai songé à les remplacer par d'autres rendant meilleure justice au thème annoncé par le premier, — thème éminemment fécond et gracieux, qui consiste à déclarer la pureté et la beauté de Marie supérieures à toutes les puretés et beautés de la création.]

Vous êtes plus pure, ô Marie Que le cristal de l'eau Et le charmant ruisseau Qui coupe la prairie D'un sillon argenté

N'égale pas votre beauté Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie Que perle et diamant Le rubis si charmant L'or que le monde envie D'un désir exalté,

N'égalent pas votre beauté Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie Que l'arbre verdoyant ; Le bocage attrayant, La campagne embellie De gazon velouté,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que la brise du soir ;

Le. printemps plein d'espoir, La terre réjouie Des bonheurs de l'été,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que le parfum des fleurs ; Le lis et ses splendeurs, La rose épanouie, Le fruit le plus vanté,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que l'aurore du jour ; Les matins pleins d'amour, Si prodigues de vie, D'arôme et de santé,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que l'air frais du vallon ; Le brillant papillon, Par son aile fleurie, Sa légère gaité,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que l'oiseau gracieux ; Les chants mélodieux De la grive attendrie, Du serin enchanté,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que l'azur de la mer; Les flammes de l'éclair, La rosée et la pluie, L'arc-en-ciel dilaté,

N'égalent pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que le bleu firmament ; Le monde en mouvement, Dans sa douce harmonie, Dans son immensité,

N'égale pas votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

Vous êtes plus pure ô Marie,

Qne l'étoile des cieux ;

Le soleil radieux, La lune qui varie

En grandeur, en clarté,

N'égalent pas votre beauté

Tendre Marie,

Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie,

Que les saints pleins d'ardeur ;

Des prêtres la grandeur,

Des savants le génie,

Des rois la majesté, N'égalent pas votre beauté,

Tendre Marie,

Mère chérie !

Vous êtes plus pure, ô Marie, Que les anges de Dieu ; Dans ses transports de feu, Le Ciel même s'écrie :

Votre Fils excepté,

Rien n'égale votre beauté, Tendre Marie, Mère chérie !

G^apt de la Sainte Yîeï*ée potip erçdopirçîr l'erçfarçt Jéstis.

[Comme le précédent, ce cantique populaire, quoique sublime dans &a conception, est très imparfait dans sa forme connue. On trouvera, dans le développement que je lui ai donné, un épanchement complet du cœur de la Sainte Vierge, tout-à-fait approprié à la circonstance. Car la Sainte Vierge, endormant l'Enfant Jésus, devait naturellement, dans son cantique, exprimer d'abord la tendresse de son amour, puis son anxiété à l'égard de l'avenir, enfin son union intime avec le Sauveur du monde et sa résignation parfaite à la volonté du Père Suprême.]

Suspendant leurs flots d'harmonie, Les Cieux étonnés se sont tus :

Car la douce voix de Marie Chante pour endormir Jésus.

Dors, mon Eafaut, clos ta paupière, Repose en mes bras tendrement :

Dors, dors sur le sein de ta mère, Enfant si noble et si charmant !

Enfant que j'aime et que j'adore, 0 Fils de Dieu, mon divin Roi !

Ne vois-tu pas le Ciel encore ?

Le Ciel n'est-il pas avec toi ?

Hélas ! je sais ta destinée :

Tu n'est venu que pour souffrir. . . .

Et moi, serai-je condamnée

A te voir souffrir et mourir ?

0 cher Agneau, douce victime, Reste en mes bras toujours petit. . .

Préserve-moi de cet abîme Où mon cœur tombe et s'engloutit !

Restons plutôt dans cette étable Avec les bergers purs et bons :

Oh ! combien serait agréable Notre vie en ces régions !

Vivons toujours loin du Calvaire, Toujours loin de Jérusalem :

Aux bourreaux je puis te soustraire En te cachant à Bethléem !

Mais que dis-je, Enfant adorable ?

L'amour égare mon esprit ! . . . .

De résister suis-je capable A ton sort tel qu'il est écrit ?

Je me résigne à mon partage, A tous les maux que j'entrevois ; Mon cœur s'armera de courage Pour te suivre jusqu'à la croix I

Puisque ta mort est nécessaire Au salut de l'humanité, Verse ton sang sur le Calvaire, Et que l'homme soit racheté.

A tes indicibles souffrances Unissant mes propres douleurs, Je soutiendrai les espérances, Les efforts des pauvres pécheurs.

A la volonté de ton Père Je suis donc soumise avec toi :

O mon cher Fils, aide ta mère :

J'ai besoin de force et de foi !

Gaqtiqlie a §t. Josepfy.

[Le refrain de ce cantique est connu. Il est très bien. Les couplets, au contraire, pouvant être améliorés, je leur ai substitué ceux de ma composition. La même remarque s'applique au refrain et aux couplets du cantique suivant.]

Chantons la grandeur et la gloire De Joseph au plus haut des cieux :

C'est le Juste dont la mémoire Vit toujours en nos cœurs joyeux.

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