Elévations poétiques
Le peintre et le dessinateur; L'artiste m'apparaît quand j'entends l'harmonie; En voyant un château, j'aperçois l'ouvrier; L^ne horloge, à son tour, me montre l'horloger. . . Or l'univers, tout plein de sagesse infinie.
Proclame, de même, avec feu
La main créatrice de Dieu !
©abbau ht la (Kréatinn
Quel être assez puissant gravite dans les cieux Avec les astres radieux.
Brille avec le soleil, rayonne avec la lune. S'enveloppe dans la nuit brune.
Scintille avec l'étoile, éclaire avec le feu.
Anime et réchauffe tout lien.
Embrasse l'univers, voyage dans l'espace Avec le nuage qui'passe,
Fait avec la comète un orbe de vermeil
Allant de soleil à soleil, Gronde avec le tonnerre, éclate avec la foudre.
Fend le rocher, le met en poudre.
Tremble quand le sol tremble, embrase le xolcan.
Rugit, mugit dans l'ouragan.
Se répand sur la terre avec rosée et pluie.
Avec graines se multiplie.
Verdit dans le gazon, fleurit avec les fleurs
Paré de leurs vives couleurs, Plxliale des parfums, ou de lis ou de rose.
Exquis par-dessus toute chose,
Murmure avec le vent, gazouille avec l'oiseau,
Coule et chante avec le ruisseau.
Habite Toasis, les forêts, les bocages.
Se rafraîchit dans les ombrages,
^'^ous sourit dans 1-aurore et dans les arcs-en-ciel,
Se fait douceur avec le miel.
De nos fruits la saveur, de nos champs les prémices.
De notre table les délices.
Vole avec le condor, nage avec le i)oisson.
Voltige avec le papillon.
Se grandit dans les mers, dans les vastes montagnes,
Dans les vallons et les campagnes.
Ondule avec les blés, vibre dans Jes pins verts. Mêle sa voix dans leurs concerts ? . . .
Quel est donc le vrai nom de cet Etre Suprême Qui renferme tout en lui-même ?
Je le connais, cet Etre infiniment puissant
Qui tire tout de son essence, A qui l'être mortel, humble et reconnaissant,
Rend hommage pour sa naissance.
11 voit tout, connaît tout, et tient tout dans sa main
Comme étant l'âme universelle; L'univers n'est pas lui, car hii, le souverain.
Est la force immatérielle.
Force qui créa tout dans rimmense univers,
Substance éternelle et féconde, Et dont sont imprégnés tous les êtres divers
Qui viennent composer le monde.
Il se met tout en tout pour donner de son coeur,
De son bonheur et de sa vie :
Avec chaque existence, homme, animal ou fleur.
On dirait qu'il s'identifie.
En lui nous avons l'être, avec lui nous vivons, ^
Par lui notre force est active; Sans lui dans le néant à l'instant nous tombons.
Plus frêles que la sensitive.
Il marche avec nos pieds, il voit avec nos yeux,
Il entend avec nos oreilles; Il sent, goûte avec nous les produits merveilleux
De nos vignes, de nos abeilles.
Vous nous dites, savants, qu"un impalpable éther
Contient la matière et l'espace; Mais dans l'éther lui-même, oh ! vraiment j'en suir fier,
Mon Etre infini vous surpasse !
Je le connais, cet Etre infiniment puissant Qui d'abord engendre son Verbe;
Avec son Verbe, l'un l'autre se connaissant. Vient FEsprit-Saint, flamme superbe.
Et selon les concepts de ce Verbe d'amour
Il se met à créer les mondes: Les anges, purs esprits, paraissent tour-à-tour;
Enfin les matières secondes:
Tout ce qui brille en haut an milieu de l'azur, Tout ce que nous voyons sur la terre :
Végétaiix, animaux, respirant dans Fair pur, Ou dans l'eau viye et salutaire.
Le genre humain commence aif paradis fameux.
Adam regarde, admire, adore...
Quelle sublimité pour son coeur et ses yeux
Dans le jour, la nuit et l'aurore !
Vous tous, êtres du globe, astres du firmament.
Voici le roi qui vous domine :
L'animal obéit à son commandement;
Le lion lui-même s'incline.
Adam et sa compagne ont pris goût à leur sort Ils en ont compris le m^ystère :
N'ont-ils pas sur-le-champ reconnu sans effort Les lois du ciel et de la terre ?
L'univers est pour eux et leur postérité
Un lieu d'épreuve et de passage. . .
Mais eux, pour qui sont-ils? Quel Etre redouté Les aura donc pour apanage ?
Je le connais, cet Etre infiniment puissant Qui ne souffre pas qu'on l'offense . . .
Il avait dit: "A vous tout ce monde naissant ! Le ciel pour votre obéissance !"
Des coupables honteux n'a-t-il pas vu le tort ?.
Après la chute Originelle, N'a-t-il pas fulminé la sentence de mort :
"Allez, race ingrate et rebelle !"
Sommes-nous à jamais condamnés et perdus ?
Xon ! Ecoutez cette promesse :
"Pour vous que j'ai frappés, que je vois éperdus.
J'éprouve encor de la tendresse.
Un Sauveur vous est né'. Bien qu'A<>:neau le plus doux,
Du serpent il broyé la tête :
Votre dette il acquitte, il se fait l'un <le vous:
A vous relever il s'apprête".
Le Sauveur est venu ... Le monde racheté
Fait suite à son char de victoire:
Vive le Sang du Christ, plein de divinité.
Sublime offrande expiatoire !
"Mon Père, avait-il dit, rien n'est digne de vous.
Ni l'encens, ni le sacrifice :
Ne i30urrai-je pas. moi, calmer votre courroux,
Satisfaire votre iu.stice ?"
A ce grand conquérant l'Etre Suprême a dit :
"Tous les royaumes de la terre • Et du ciel sont à toi ; je lève l'interdit. Grâce à ta mort sur le Calvaire".
Je le connais, cet Etre infiniment puissant Pour qui l'univers est indigne :
A tout être créé, devant lui paraissant. Il faut une noblesse insigne.
Jésus-Christ la confère à toute nation : Emmanuel, Verbe fait homme.
Réparateur, Sauveur de la création :
Voilà comment chacun le nomme.
L'Etre Suprême a dit à son Fils bien-aimé : •'Maintenant mon oeuvre est parfaite :
Je te vois créature, enfin je suis charmé. Car ma grandeur est satisfaite.
Voilîi donc expiés les péchés des humains,
Le péché des anges rebelles; Voilà donc restaurés tous les êtres vilains,
Toutes les substances mortelles.
Voilà donc ennoblis, même divinisés,
Tous les compagnons de ta gloire :
Viennent donc mes enfants, dans mes Cieux pavoises, Chanter à jamais ta victoire !
vSi le monde est à riiomme. et si Thomme est à toi
Avec tous les anges fidèles, - Toi qui me donnes tout, tu m'appartiens, à moi.
Dans les ères perpétuelles.
Je te dois, à toi seul, ô mon bien-aimé Fils,
Le partage de mon royaume Avec tous' mes élus, mes saints, grands et petits.
Parce que. Dieu, tu te fis homme".
Je le connais, cet Etre infiniment puissant Qui créa l'homme pour le monde,
Pour rhomme fit le Christ, et dit en l'embrassant •'Pour toi mon amour surabonde''.
Je le connais: c'est Dieu, Jéhova, Roi des rois.
Cause première et nécessaire.
Produisant à son gré, soumettant à ses lois
Les composants de toute sphère.
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Le monde est donc créé par le Père Eternel: L'honune est sauvé par le Messie;
Et pour le rendre heureux, bienheureux, immortel, Le Saint-Esprit le sanctifie.
Gloire à la Trinité, gloire au plus haut des cieux,
Faut-il chanter avec les anges:
Saint, Saint, Saint est le nom de ce Dieu glorieux.
Digne d'amour et de louanges.
Gloire au Père qui crée, au Fils Képarateiir.
A l'Esprit-Saint qui divinise:
Gloire au Pape, ici-bas, à qui le Kédempteur
Confia pour nous son P^glise.
Gloire aux autels, aux croix, aux divins sacrements
Par qui l'âme est régénérée ; Soumission, respect, pour les commandements,
Pour toute parole sacrée.
Dans son royaume Dieu nous veut tous avec lui.
Mais son bras n'y force personne :
Allons donc librement, convertis aujourd'hui,
Cueillir au ciel notre couronne î
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