DEUXIEME PARTIE
EPOPEE DE LA RÉDEMPTION DU MONDE Par Jésus-Christ Fils de Dieu fait Homme
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Quld feeistis ?
Adam, père sublime ; Eve, mère iidmirable ; Où donc sont les transports de joie inénarrable Qui, naguères, faisaient tressaillir vos esprits, Alors'que, souverains de votre paradis, Vous voyiez devant vous tant de magnificences, Des charmes infinis, des richesses immenses ? Pourquoi donc, en pleurant, abandonner ces lieux, Laisser là vos trésors, vos fruits délicieux ? N'apercevez- vous point, hors de votre domaine, Les ronces, les buissons dont cette terre est pleine ? Je A^ois déjà le ^ng rui^eler sur vos pieds,
La sueur inonder vos fronts humiliés
Quel effroi ! Quel chagrin ! Quelle fuite émouvante !... QiV donc vous traite ainsi? Quoi donc vohs épouvante? Les regards effarés et les pas chancelants. Où courez-vous ainsi, malheureux et tremblants ?
Ergo erravimus.
"Nous fuyons en pleurant les vengeances divines Pires que les épines !
O lamentable erreur !— nous nous sommes trompés. Et nous voilà frappés !
Le serpent infernal ne fit que nous séduire Au lieu de nous instruire !
Hélas ! tout est fini ; nous avons tout perdu Par le fruit défendu !
Fallait-il écouter Tennemi de nos âmes Et ses discours infâmes ?
Fallait-il oublier notre Dieu ? . . . le trahir ? Et lui désobéir ?
Comment avons-nous pu jusque-là méconnaître Xotre souverain Maître ?
Il nous est apparu justement irrité De notre iniquité.
Il nous a dit : "Fuyez, rebelles que vous êtes, Ma foudre est sur vos têtes !" • -=»
Nous nous sommes enfuis, accabTés de douleur Et frappés de terreur.
Un ange, armé d'un glaive, à l'endroit de la porte, Nous a dit, de voix forte :
"En ce jardin rempli des célestes bienfaits Ne venez plus jamais !"
Hœc dicii Dominus.
\yà. sentence de Dieu, comme un écho sonore. Du fond de l'univers retentissait encore :
"Que le péché vous soit de l'absinthe et du fiel : Je vous chasse d'ici, je vous ferme le ciel; Je vous retire, ingrats, tous les dons de ma grâce Les misères viendront sillopner votre face ; Vous ne me verrez plus prévenir votre faim ; Les sueurs et les pleurs tremperont votre pain ; Les champs ne seront plus spontanément fertiles : Les bêtes à vos voix ne seront plus dociles. . . . Homme, tu gémiras dans les plus durs labeurs, Femme, tu seras mère au milieu des douleurs. . . Je retire à votre âme et lumière et puissance ; Votre corps maladif séchera de souffrance: Vos membres se tordront dans les infirmités: L'extrême profondeur de vos calamités Sera: mourir de mort et rentrer dans la terre' ! Votre poussière, alors, redeviendra poussière ! . . . Allez donc, maintenant, vous revêtir de peaux Pour cacher votre honte et commencer vos maux.*'
L'ange cria: ''Seigneur, votre juste colère Frappe-t-elle d'Adam la race tout entière ?"' Le Seigneur répondit : "'Les prévaricateurs Transmettent les péchés dont ils sont les auteurs ; Tous les ruisseaux coulant de source empoisonnée Portent jusqu'à la mer leur eau contaminée : La disgrâce d'un père affecte ses enfants. Les enfants de ses fils: et tous leurs descendants,"
C'onsiwinuftum est.
Depuis l'Eden jusqu'aux jours du déluge. Depuis Noé jusqu'à l'Emmanuel :
Depuis le Christ jusqu'au temps actuel.
Jusqu'au retour du redoutable Juge.
Le genre humain, tout entier malheureux, Est un spectacle, horrible et douloureux.
D'iniquité, de honte et de misère ....
On ne voit plus de paradis sur terre,
Comme une image, un avant-goût du Ciel;
Nous ne vivons que d'absinthe et de fiel;
Tout est souillé du péché d'origine;
L'enfant paraît, sans la grâce divine,
Impur jusqu'à la moelle des os;
On ne connaît ni trêve ni repos
Dans les combats entre la conscience
Et les écarts de la concupiscence ;
Dieu ne vient plus prévenir notre faim ;
Sueurs et pleurs détrempent notre pain;
Le sol n'est plus spontanément fertile;
La bête, aux bois, n'est plus himible et docile;
L'homme gémit dans d'arides labeurs;
La pauvre mère enfante avec douleurs...
Que sommes-nous? — Maladive impuissance !
Nos pauvres corps .sèchent dans la souffrance :
Nous nous tordons dans. les infirmités ;
Et pour finir tant de calamités,
La mort arrive, et nous rentrons sous terre. . .
Notre poussière est encore poussière. . . .
La pourpre, enfin, pas plus que les haillons,
Ne peut cacher l'opprobre de nos fronts !
Mttvt tî S^surrrrttnn
Le roi dit à la moi-t : "Va-t-en vilain fantôme ! Viendras-tu m'ordonner de quitter mon royaume ? Vois donc tous mes travaux si grands et si nombreux : Affermir ma maison, rendre mon peuple heureux. Consolider la paix, organiser la guerre, Lancer flottes sur Tonde, armer troupes sur terre. Vigilance au dehors, vigilance au dedans, Lois, traités, bals, banquets, discours. . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage,"— Lui dit soudain la mort,— "dépose ton fardeau". . Voilà ses jours comptés. . Il expire avant l'âge. . On le couche dans le tombeau !
Stipendium peccati mors.
Vous demandez pourquoi, de son bras implacable, La mort fauche ainsi les vivants;
Et moi. je te demande. Humanité coupable. Si la mort n'est pas dans tes flancs !
Pouniuoi donc, méprisant l'injonction formelle
De Dieu, ton Maître et Créateur, As-tu commis jadis la faute originelle
De manger le fruit séducteur ?
Pourquoi, malgré le Ciel, malgré ta conscience,
Malgré tous les divins bienfaits.
As-tu fait sur la terre un océan immense
De tes innombrables forfaits ?
Oh î tu n'es que péché ! . . . Ton horrible souilhire
Appelle un châtiment nouveau :
Lfci dissolution, l'infecte jDOurriture, La poussière et la cendre et l'horreur du tombeau !
Le conquérant superbe à la mort ose dire : "Est-ce que je te crains? Avec un doux sourire Je t'alîronte sans cesse au milieu -des combats ! Mais il faut que je vive: oh ! ne me touche pas : Car voilà mon armée: à moi de la conduire: Et l'armée ennemie: à moi de la détruire: Pourrais-je abandonner mes braves combattants ( Je respire victoire et gloire. . . est-ce le temps De songer à mourir ?.." "Assez de verbiage,"' -^- Lui dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tonibeau !
Aniwam i^ro anima
N'était-ce pas assez de gémir sur la terre Dans les plus pénibles travaux ?
De pleurer, d'endurer misère sur misère Avec d'interminables maux ?
Après tant de doulejirs dont notre vie est pleine,
Eallait-il nous anéantir ? . . .
Fallait-il donc encore, — inexorable peine. —
Dans la tombe nous engloutir ? —
Pécheur, ne vois-tu pas la malice infinie De ton coeur criant contre Dieu :
"Qu'il soit exterminé !... sa présence bannie Du Ciel, d'ici-bas, de tout lieu !"
A mort le déicide ! . . . Et ce n'est qus justice !
Il faut dent pour dent, oeil pour oeil. . . Vive Dieu !... le tombeau n"est qu'un juste supplice A Fhomme révolté, pour châtier son orgueil !
Le ministre de Dieu, brûlant de saintes flammes. Repoussera la mort au nom des chères âmes : ''Tant de brebis, dit-il, encor loin du bercail ! Oh ! que ce soit ma vie, à force de travail. D'arracher à Tenfer des milliers de victimes ! Heureux de les sauver au milieu des abîmes. J'ouvre le ciel tout vaste aux pécheurs pénitents ; Et mon oeuvre commence à peine . . . est-ce le temps De songer à mourir ?''... ''Assez de verbiage,"— Lui dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . On le couche dans le tombeau !
Viveyis mortiui est.
Ton âme paraît vivre, et pourtant elle est morte
O pécheur séparé de Dieu ! . . .
Morte comme le corps que le cercueil emporte !.
Adieu, saintes vertus, adieu !
Car l'âme de notre âme est la grâce divine Qui fait sa gloire et sa beauté :
Avec Dieu l'âme vit, s'anime et s'illumine: Sans Dieu mort et stérilité !
A.me vivant sans Dieu, voilà donc ton emblème Le cadavre qui sent mauvais !
Et toi-même tu sens, et cadavre toi-même Te voilà perdue à jamais !
Oui. perdue à jamais si tu ne ressuscites
Et ne sors du péché mortel ; Car Dieu, miséricorde et bonté sans limites. Xe t'ouvre le tombeau que pour t'ouvrir le Ciel !
••O mort, dit le savant, la science est ma vie : Xe me trouble donc pas; laisse-moi, je t'en prie. Etudier à fond les problèmes divers Que je trouve partout au sein de l'univers : Origine des cieux, physique, astronomie.
Fossiles, m!inéraux, mécanique, chimie, Plantes, règne animal, primitifs habitants. Dieu, rhonmie. la nature entière. . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage," — Lui dit soudain la mort, - — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tombeau î
In stagnum ignîs.
Il est une autre mort mille fois plus fatale
Que le péché, que le trépas :
C'est la mort des méchants dans la flamme infernale;
Rien d'aussi terrible ici-bas.
Satan, comme un éclair qui traverse la nue.
Y tombe englouti le premier; Et que de malheureux épouvantent ma vue
Dans cet effroyable brasier !
Ils sont morts à l'amour, et morts à l'espérance.
Et morts à la félicité !
Consommés dans le mal et dans l'impénitence,
IJs sont morts pour l'éternité !
Pécheur^ médite sur cette mort affreuse :
Libre à toi de t'en garantir :
Car Dieu dans sa bonté miséricordieuse, Ne te montre FEnfer que pour te convertir
Le vieillard imposant, à longue barbe blanche, Ne veut pas que la mort sur lui-même se penche: "Car ma vie a passé, dit-il, comme un éclair; Je veux jouir, au moins, de ma saison d'hiver: Au soleil de l'étude et de l'expérience. Plus forte et plus vivace est mon intelligence ! Ne pourrais-je pas vivre au delà de cent ans ? Je travaille, je lis, j'écris. . . est-ce le temps De songer à mourir ?" — ^." Assez de verbiage," — Lui dit soudain la mort. — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avanf l'âge. . . On le couche dans le tombeau î
Christus pro nohh mortims est.
L'outrage du péché semblait irréparal)le
Dans son caractère infini; Toute expiation, toute amende honorable.
N'offrait qu'un hommage terni.
Dieu dans la ceijclre humaine et nos vaines tristesses.
Ne voyait rien de précieux:
Et de l'indigne Enfer les peines vengeresses
Etaient chose vile à ses yeux. ^
Comment donc délivrer, ressusciter nos âmes
De tout esclavage de mort ? — Alors, brillant de zèle et d'amoureuses flammes,
Le Christ épousa notre sort.
Voyez couler un sang d'un infini mérite ! . . .
Voyez le Calvaire et la Croix !...
L'outrag^e a disparu,. . . notre dette s'acquitte,. L'Univers est sauvé par ces divins exploits !
*'0 mort, dira le père, en regardant le monde Où l'orgueil est sans fin, la misère profonde. Il me faut vivre encor pour établir mes fils; Leur avenir me plonge en de sombres soucis; Pourrais-] e les quitter sans un noble héritage, Avec d'hmnbles emplois pour imique partage ? Non, non, je veux pour eux des biens plus importants; Je veux terres, châte-aux, fortune. . . est-ce le temps De songer à mourir ?*' — "Assez de verbiage," — Lui dit soudain la mort. — '■'dé]:)0se ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tombeau !
Resurrexit sicut dixit.
Le monde gémissait dans un triple servage :
L'Enfer, la mort et le péché ; Jésus-Christ ressuscita et détruit l'esclavage :
L'homme captif est relâché !
Jésus-Christ du péché subjugue la malice,
Car il brille de, sainteté, Et nous dit: "Après moi, marchez dans la justice.
Libres de toute iniquité !"
Jésus-Christ de la mort brise la tyrannie,
Car il sort vivant du tombeau,* Et nous dit : '"Comme moi, vous qui perdrez la vie,
L"n jour vous vivrez de nouveau !"
Jésus-Christ de l'Enfer enchaîne \a puissance.
Car il pénètre dans le Ciel, Et nous dit: "Suivez-moi, remplis de confiance, Et venez partager mon royaume éternel !"
"O mort, dira la mère, au sein de sa famille, De l'oeil couvrant ses fils, du bras serrant sa fille. Ces enfants peuvent-ils se passer de mes soins ? Qui connaît mieux que moi leurs multiples besoins ? Je leur enseigne Dieu, la vertu, la prière ; J'éloigne de leur coeur l'atteinte meurtrière Du vice, du péché, des méfaits attristants ; Je dirige partout leurs pas. . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage," — Lu.i dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours compté». . . Elle expire avant l'âge. . . On la couche dans le tombeau !
Omne^ resio-r/emus.
lie Christ ressuscité, pourquoi douter encore
De notre résurrection ?
Aujourd'hui le tombeau, le ver qui nous dévore.
Demain la transformation !
Le Christ est devant nous. . . Comme un aigle qui plane
Appelant à lui ses petits.
Il nous appelle en Haut, loin du cercueil profane
Où nos corps sont ensevelis.
Xos corps, de corrompus seront incorruptibles:
D'obscurs, ils seront lumineux :
De mortels, immortels; de souffrants, impassibles:
De lourds, légers et glorieux !
Ils seront transformés par la beauté divine
Dont notre âme resplendira; Mais le corps du méchant, que rien ne prédestine. Avec horreur et honte à tous apparaîtra.
"O mort, n'approche pas. dira la jeune fille Au visage charmant, à la mine gentille, N'approche pas de moi, car je sens dans mon^coeur Des élans. deS transports, des frissons de bonheur: Je porte dans mon âme urte mer de tendresse Qui s'élance et déborde en torrents d'allégresse: Le monde entier sourit à mes dix-huit j^rintemps: Je rêve d'aimer, d'être aimée. . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . ''Assez de verbiage," — Lui dit soudain la mort. — "dépose ton fardeau", . . Voilà ses jours comptés. . . Elle expire avant l'âge. On la couche dans le tombeau !
l^iltiis m i-',ri lit ossii t.stii f
Des ossements flétris, des poussières arides.
Partout à la fin s'offriront :
Pro])hèt'e, pensez-vous que ces restes putriilcs
A l'a))pel de Dieu revivront l
J'entends avec etl'i'oi les trompettes (lui sonnent...
Tous les êtres sont alarmés !. . .
J'entends les voix, les cris, les échos qui résonnent :
Levez-vous, morts, vous qui dormez !
Et la terre frémit, et les tombes s'agitent.
Et les os s'adjoignent aux os, Et la chair se ranime, et les morts ressuscitent
De cet ineffable chaos !
Du Ciel et de l'Enfer les âmes sont venues
S'unir à leurs corps d'autrefois; Et la foule, en tremblant, regarde dans les nues. Pour voir si Jésus-Christ paraît avec sa croix !
L'enfant 'joyeux, vermeil, plein de force et de vie. Semble dire à la mort : "Frappe, je t'en défie ! Inutile pour toi d'épier tous mes pas. . . Si jeune ! assurément tu me respecteras: Tu me pennettras bien de fournir ma carrière. Commune ou glorieuse, indigente ou princière : L'espérance, l'amour, les projets éclatants, Tout m'invite. . . j'y crois, j'y rêve. . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage," — Lui dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tombeau !
Uhi est. ?nors. cictoria tua ? -
Or. dans sa majesté, sa grandeur, sa puissance.
Le Christ est descendu des Cieux :
Sur les ressuscites, foule innombrable, immense.
Il abaisse s^es. divins yeux.
Il parle ! . . . En un clin d'oeil dans les brûlants abîmes
Les réprouvés sont engloutis ! . . .
Puis il adresse aux siens ces mots doux et sublimes :
"O mes enfants chers et petits !
O vous, mes bien aimés, les Elus de mon Père.
Venez avec moi dans le Ciel !". . .
Et la sainte cité, resplendissante et fière.
Eclate en un chant solennel :
"O mort, n'es-tu pas morte L . . Où donc est ta victoire
Et ton aiguillon venimeux ?
Viendras-tu nous troubler dans la céleste gloire ? . . . . Xon, non, tu né i^eux rien contre les Bienheureux !"
L'homme riche à la mort dira d'un ton terrible : "Je souffre d'une soif ardente, inextinguible : Il me faut à tout prix, amasser des trésors; Tel a toujours été l'objet de mes efforts; Je compte pour des riens mes épargnes passées; Les richesses du monde exaltent mes pensées: De l'or ! de l'or ! de For ! dis-jc à tous les instants, Pour y plonger mon coeur, mes mains . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage,'' — Lui dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tombeau ,!
Mors ultra pon erif.
O mort, c'est bien assez que tu deifieures reine
Dans le royaume des Enfers :
Hors du Ciel à jamais les adieux et la peine.
Les deuils et les chagrins amers !
Le Seigneur à jamais ravira de ses charmes Tous les coeurs et tous les esprits,
Et, de sa main divine, étanchera les larmes Sur tous les visages flétris !
Le Seigneur à jamais répandra sa lumière
Eclipsant les feux du soleil ; Et pour les saints, plongés en Dieu qui les éclaire,
Plus de nuits et plus de sommeil !
Le Sei<2:neur à jamais nourrira de lui-même
Les Elus nageant dans l'amour, Dans la félicité, dans la gloire suprême, -^ Océans infinis de l'immortel séjour !
L'homme pauvre, à son tour, d"une voix lamentable, lieprésente à la mort le chagrin qui l'accable : "Je n'ai fait jusqu'ici que peiner et souffrir : Me faudrait-il déjà me coucher pour mourir ? Pourtant, j'avais l'espoir de goûter quelque joie, Avant de m'en aller. . . Faut-il donc que je voie. Moi seul infortuné, tous les autres contents ? N'importe, j'aime encore à vivre. . . est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage," — Lui dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau". . . Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tombeau !
Resurrectio prima.
Pécheurs, désirez-vous que le Souverain Juge,
Un jour, illumine vos fronts ?
Voulez-vous à la droite avoir votre refuge.
Votre place parmi les bons ?
Désirez-vous enfin goûter les allégresses Dont s'enivrent les bienheureux ?•
Voulez-vous avoir part aux divines largesses Qui coulent à flots dans les Cieux ?
Eh ! bien, ressuscitez, revenez à la vie.
A la grâce de \'otre Dieu !
A tout sentier d'erreur où votre âme dévie
Dites un éternel adieu !
Revenez aux vertus de votre heureuse enfance,
Revenez à la sainteté !
Déposez dans vos coeurs, par votre pénitence. Des germes de salut et d'immortalité !
"O mort, dira la voix stridente de l'impie, Je n'ai jamais connu les bienfaits de la vie: Je ne m'en irai pas dans un tel désespoir: Le ciel est-il partout si lugubre et si noir ? Je me suis enivré des voluptés du monde : Rien ne m'a satisfait: mon coeur gémit et gronde; Irrité, fatigué, tous mes sens palpitants^ Je cherche des plaisirs nouveaux... est-ce le temps De songer à mourir ?". . . "Assez de verbiage,'' — Lui dit soudain la mort, — "dépose ton fardeau'"... Voilà ses jours comptés. . . Il expire avant l'âge. . . On le couche dans le tombeau !
Estote parati.
Puisque l'humanité meurt toujours avant l'âge
Oii l'on s'attendrait à partir, Xe serait-il donc pas infiniment plus sage
D'être toujours prêt à mourir ?*
Vous avez des trésors, des idoles chéries. Des travaux doux à votre coeur :
Substituez, de grâce, à vos idolâtries
Le seul amour d'un Dieu vaincpiêur !
Vous dites: "Ma famille, objet de ma, tendresse. Moi mort, qui s'en occupera ?". . .
Chassez de votre esprit cette amère tristesse : Dieu lui-même s'en chargera !
Vous tous qui gémissez, n'ayant trouvé sur terre
Qu'ennuis, chagrins, déceptions.
Vous trouverez- au Ciel, près de Dieu, votre Père, Des torrents infinis de consolations !
Slr^matr^ Snmatn
l'immacclep: coxception
HYMNE DES VEPRES :
Are, maris stella.
Salut, Etoile de la mer.
De Dieu la Mère souveraine.
Des Vierges le type et la Reine, Des cieux le portail doux et cher !
Du Très-Haut servante soumise Au doux A ne de Gabriel, Changeant d'Eva le nom mortel, Fixez-nous dans la paix promise.
Des coupables brisez les fers, Aux aA'eugles rendez la vue.
Enrichissez notre âme nue Et délivrez-nous des enfers.
Montrez- vous bonne et tendre mère A Celui qui. venant pour nous.
A bien voulu naître de vous Offrez nos voeux, notre prière.
O Viergre unique et sans courroux.
O vous, la plus douce des femmes.
Du péché préservez nos âmes:
Rendez nos cœurs chastes et doux.
Que notre conduite soit pure...
Pour être heureux avec Jésus.
Vers le royaume des élus Dirigez-nous par route sûre.
HYMNE DES MATINES
Prœclara custos virginum.
Des vierges la protection.
De Dieu la Mère immaculée.
Espoir et consolation.
Porte de la voûte étoilée:
Splendide lis épanoui.
Unique parmi les épines.
Colombe où toute grâce a liii, Tige aux salutaires racines;
Chassez la ténébreuse erreur:
Et remettez-nous, ô Marie, En dépit de l'écueil trompeur, Dans le vrai chemin de la vie.
Dieu par une Vierge enfanté.
A vous. Jésus, soit la gloire:
Au Père, à l'Esprit la victoire.
Dans le temps et l'éternité.
HYMNE DES LAUDES
O gloAosa virginmn.
O Vierge brillante de gloire. Elevée au-dessus des cieux, V(ms qui d'un lait si méritoire Avez nourri le Dieu des dieux :
Grâce à vos entrailles fécondes Xous recouvrons nos biens perdus:
A travers l'espace et les mondes, Xous montons au ciel par Jésus:
Vous êtes la porte roj'ale Qui conduit au palais de Dieu.
Chantons la Mère virginale Qui donne la vie en tout lieu.
A vous, ô Jésus, soit la gloire.
Dieu par une Vierge enfanté; Au Père, à l'Esprit la victoire.
Dans le temps et l'éternité.