SALVETE, CHRISTI VULNERA
O Christ, honneur à aos blessures !
Salut, gages d'immense amour, D'où le sang ruisselle en ce jour Pour le salut des créatures.
Vous éclipsez les feux du ciel.
Le parfum du baume et des roses.
L'éclat des joyaux grandioses, Et la suavité du miel.
Vous êtes le plus siir asile De nos esprits et de nos coeurs; Impossible à l'enfer hostile D'y faire régner ses fureurs.
Ah ! que de blessures saïiglantes Sur le divin Corps flagellé !
Combien de gouttes rutilantes Sur Ih peau divine ont coulé !
Voj'ez la couroime épineuse Torturer son front radieux; Les clous hideux, à pointe affreuse.
Dans ses mains, ses pieds glorieux.
Ayant sur la croix rendu Tâme, Il ouvre son cœur au bourreau :
Sous le coup d'une pique infâme Voyez jaillir le sang et l'eau.
Pour que son oeuvre soit complète.
Il est moulu sous le pressoir, Pour le genre humain qu'il rachète Il a fait tout en son pouvoir.
Venez à lui, pécheurs coupables :
Si souillé que soit votre coeur.
Dans ce bain de flots secourables " Vous reprendrez votre splendeur.
Au Christ assis près de son Père.
Confirmant Toeuvre de son Sang.
A PEsprit de sainte lumière.
Rendons un hommage incessant.
La- terre tremble. Elle est plongée Pans une affreuse obscurité.
Enfin la Victime égorgée Pousse un cri dans l'immensité.
Le voile du temple se déchire.
En deux le. Calvaire se fend :
Maint sujet du funèbre empire Sort de terre et paraît vivant.
Dans l'épouvante universelle Jésus-Christ a rendu l'esprit.
Dans un sépulcre que l'on scelle On le porte, on l'ensevelit.
. Ah ! quelles plaintes déchirantes Il adresse à chacun de nous !
Les mots, de ses lèvres brûlantes.
Sont à la fois amers et doux.
"Jérusalem, vigne choisie, Que ma propre main cultiva, D'où vient donc cette frénésie Qui contre moi se souleva ?
J'ai livré mon corps et mon âme A des monstres de cruauté; Comme un lion,* la gueule en flamme, Mon peuple sur moi s'est jeté.
Dans un désert de solitude
Ils m'ont accablé de tourments ; ,
Et nul. parmi la multitude,
Xe m'offre de soulagements.
A force de verser des larmes, Obscurs sont devenus mes yeux.
Si grandes furent mes alarmes Que je doutai même des cieux.
Ils m'ont mis, comme un mort vulgaire Dans la profondeur d'un caveau.
Emprisonné par une pierre.
Une garde autour du tombeau.
Vous qui passez par cette voie.
Connaissez-vous une douleur.
Devant laciuelle on s'apitoie.
Semblable à celle de mon coeur ?"
Le Christ s'est fait pour les coupables Obéissant jusqu'à la mort,. . . .
Jusqu'aux tourments épouvantables De la croix.. . . lui. le Dieu fort !
Pleurez comme une jeune fille, Pleurez, pauvres pécheurs, pleurez !.
Mais que votre oeil, oh ! se dessille : Ce Dieu mort, vous Tadorerez !
Il frémit déjà dans sa tombe; Déjà nous l'entendons crier :
"O mort, ô mort, ton pouvoir tombe Ma gloire, demain, va briller !"