CONTEMPLATION DE L'UNIVERS
En rêve je voguais, transporté dans l'espace, Non comme un être vain, comme un sylphe qui passe, Et qui, l'instant d'après, n'a plus rien de réel, Mais comme un esprit pur, oeil intellectuel; Adorant Dieu; trouvant dans l'essence divine, De moi, du temps, de tout, l'éternelle origine; Observant l'univers dans son immensité; M'arrêtant sur le globe où vit l'hmnanité; Y voyant des erreurs, des misères profondes Qu'une race déchue expose à tous les mondes.
L'univers à mon oeil, par la raison de Dieu Etait comme éclairé par un souverain feu. Soleil éblouissant, lune mélancolique.
Légions d'astres d'or à la voûte sphérique, Terre du genre humain, genre humain tout entier. Dominé par lé Christ que l'on va crucifier, Longue suite de saints de l'Eden au Calvaire, Du Calvaire sanglant jusqu'à l'heure dernière : Tout est production de ce Père Eternel Qui se fait avec lui des élus dans son Ciel.
Il sème à l'infini la vie et l'existence.
Mais des êtres, surtout, doués d'intelligence,
Capables de le voir, l'adorer et l'aimer. . . .
Et comment les élus pourront-ils le charmer
Si ce n'est par son Verbe imprégnant la nature,
Divinisant le cœur de toute créature ?
Qu'est-ce" que le Calvaire ? Un phare lumineux, Haut placé, vers lequel convergent tous les yeux. Pendant quatre mille ans il a brillé d'avance; Et depuis le Christ mort, son éclat plus intense Invite les himiains à regarder vers lui. Le Pilote sauveur," c'est le Pape aujourd'hui : Jusqu'au Pape c'est Dieu qui dirige lui-même. De bouche et d'action, l'humanité qu'il aime.
L'Eglise destinée à sauver les élus Date du jour funeste où nous fûmes exclus De ce jardin béni qui vit notre naissance. Du Christ, c'était déjà l'Eglise en espérance. Mais quand vint le Seigneur dans son autorité. Sur le roc immuable, avec stabilité.
Il bâtit son Eglise et visible et divine, La douant aussitôt d'immortelle doctrine. D'un Pontife infaillible et de sacrements vrais Qui nous donnent la grâce et le Ciel à jamais.
DIEU
Douterais-je de Dieu ?
Non. non, c'est impossible.
L'univers a-t-il pu, dans cet ordre indicible. S'arranger de lui-même en sortant du néant ? Tout est l'eflt'et voulu d'un génie effrayant. Quel mécanisme humain peut être comparable
Au jeu de la nature, étonnant, admirable, C^ui frappe nos regards et confond notre esprit ? Tous les astres s'en vont dans un chemin prescrit. Tout le globe terrestre est un chef d'oeuvre unique Où l'on ne voit qu'ensemble et tendance harmonique. Chefs-d'oeuvre que le roc, le sable et le métal; Chef -d'oeuvre que la sève au sein du végétal; Chefs-d'oeuvre que les mers et les hautes montagnes; Chefs-d'oeuvre que les bois et les vertes campagnes; Chefs-d'oeuvre les poissons; cliefs-d'oeuvre les oiseaux; Chefs-d'oeuvre les instincts de tous les animaux; Chef-d'oeuvre l'âme humaine et son intelligence; Chef-d'oeuvre le vouloir avec la conscience; Chef -d'oeuvre les élans sans fin de notre coeur Vers un final repos, un éternel bonheur; Lui-même notre corps offre mille merveilles : Les os, les nerfs, les yeux, les poumons, les oreilles — Oui oui, mon Dieu, tout est votre création, Tout est plein de vous-piême et de perfection.
■ JESUS-CHRIST
Douterais-je du Christ ?
Autre chose impossible.
Jfe ne puis voir d'un oeil et d'un coeur insensible Les miracles sans nombre opérés par Jésus. N'a-t-il pas redressé les boiteux, les perclus ? Dans les tympans durcis fait vibrer l'atmosphère ? Tantôt donné le verbe? et tantôt la lumière ? Subitement guéri les immondes lépreux ? Apaisé l'ouragan, les flots tumultueux ? Marché même sûr l'eau comme une ombre légère ? Subjugué les démons et dompté leur colère ? Multiplié le pain à son peuple jeûneur ? Fait revivre les morts à la fétide odeur ? Et, descendu sans vie en la fosse profonde. Ne s'est-il pas enfin, à la stupeur du monde,
Ressuscité lui-même? — O prodige exaltant Qui met le comble à tout ce qu'il fit d'éclatant ! Ses apôtres l'ont vu maintes fois reparaître. Il les a confirmés. Il leur a fait connaître Les avenirs secrets. Tout ce qu'il a prSvu Arrive chaque jour selon l'ordre voulu.
Sur la pierre, en effet, son Eglise repose ; Et jamais le démon ne pourra, quoi qu'il ose, Contre elle prévaloir et la faire crouler, Xe pouvant même pas tant soit peu l'ébranler.
LE PAPE
Douterais-je du Pape ?
Oh ! non, pas davantage.
Si l'Eglise du Christ a vécu d'âge en âge ;
Si les persécuteurs ont usé leurs efforts, —
Par le glaive et le feu, par les coups les plus forts.
Par les griffes, les dents des carnassiers féroces.
Par les crocs acérés des chevalets atroces, —
A tuer des Chrétiens les saintes légions ;
Si le sang des martyrs dans mille régions.
Fut de martyrs nouveaux un germe inépuisable ;
Si FEglise a vaincu dans sa lutte ineffable,
Tant d'assauts répétés de tant de faux docteurs,
Hérétiques méchants, philosophes menteurs ;
Si l'Eglise, au milieu de toutes les souillures
De siècles corrompus, a préservé bien pures
Les lois du Golgotha, du Sinaï tonnant ;
Si l'Eglise a donné le spectacle étonnant
De la stabilité dans un monde qui passe :
Stabilité de plan, de doctrine, de grâce,
D'angélique vertu, d'apostolique foi:
Oh! c'est grâce au Eocher, c'est grâce au Pape-Roi,
Au Vicaire du Christ, au Pontife de Rome,
Conducteur de tout j^euple, ainsi que de tout homme,
A qui le Maître a dit : "Je bâtirai sur toi".
Et dit toujours: "Commande et gouverne avec moi."