LE SACRE-COEUE DE JESUS
HYMNE DÏS VEPRES : .
Audor béate scecuU.
O Père béni du siècle et du monde, O Christ Rédempteur de tous les élus, O doux Saint-Esprit, lumière féconde.
Vrai Dieu de vrai Dieu vivant en Jésus;
C'est par charité que tu vins sur terre. Que tu revêtis notre corps mortel ; Que, du viel Adam ôtant la misère, Toi, l'Adam nouveau, tu donnes le ciel.
Amour, tu créas l'univers immense.
Les astres, les cieux, la terre et les mers ; Tu pris en pitié l'antique démence.
Tu nous pardonnas, tu rompis nos fers.
Ah ! que cet amour incommensurable.
Jésus, de ton coeur ne sorte jamais !
Que tout malheureux, tout homme coupable Vienne à cette source y boire à longs traits !
Car si ton coeur fut percé par la lance, Si ton corps entier fut mis en lambeaux, C'est bien pour laver notre conscience.
Dans l'onde et le sang guérir tous nos maux.
Au Sauveur Jésus, au Père suprême, A l'Esprit de feu la gloire et l'amour ! A la Trinité même diadème Et même pouvoir au ciel sans retour !
HYMXE DES MATINES :
En ut superha eriminum.
Voilà comment de nos crimes sans nombre
L'orgueilleuse férocité A lacéré, — mémoire triste et sombre, —
Le Dieu de toute sainteté, Le coeur qui pareil sort n'avait point mérité.
Péché mortel, c'est toi qui de la lance *
Aiguisas le fer pénétrant; C'est toi, pécheur, quand le soldat s'élance
Pour donner le coup déchirant, Qui diriges .son bras vers le Coeur expirant.
De Jésus-Christ l'Eglise épouse et fille Naquit de son coeur déchiré.
Car le salut de l'hiunaine famille.
Surnageait dans le Coeur sacré.
Comme Noé jadis dans l'Arche retiré.
C'est de ce coeur que la grâce divine.
Sous forme d'un fleuve à sept lits.
Coula sur nous pour former la piscine
Où tous les hommes convertis Peuvent laver leur âme et blanchir leurs habits.
Loin de nous donc cette infamie honteuse
De retomber dans le péché, Blessure à Dieu toujours si douloureuse !
Ah ! que plutôt soit rattaché, Par la foi, notre coeur, à ce coeur écorché !
Exaucez-nous, ô Dieu Christ, ô Dieu Père, O Saint-Esprit flamme d'amour.
Vous à qui soit louange sur la terre, La gloire au céleste séjour,
La puissance et l'empire à jamais sans retour.
HYMNE DES LAUDES
Cor^ arca legem contînens.
O coeur sacré, nouvelle Arche divine.
Tu ne renfermes plus les lois De l'esclavage d'autrefois,
Mais seulement la suave doctrine
De l'indulgence et du pardon Et des grâces dont tu fais don.
O Coeur sacré, d'Alliance nouvelle Sanctuaire non profané.
Voile non fractionné,
Temple béni dont la grandeur excelle Du temple ancien la sainteté, La richesse et la majesté.
O Coeur sacré que ton amour immense A permis à la lance d'ouvrir.
Tu voulus, par là, nous offrir
Un aperçu de ta magnificence.
Pour que nous la vénérions De toutes nos affections.
O Coeur sacré, mystérieux symbole Sous lequel Dieu voulut aimer, Se dévouer, se consimier.
Par toi le Christ au Calvaire s'immole Et subit toujours à l'autel Son Golgotha spirituel.
O Coeur sacré, dévoré par la flamme.
Ah ! qui donc ne t'aimerait pas ! Quel est donc le monstre, ici-bas.
Qui ne voudrait te consacrer son âme Pour demeurer en toi toujours, O le plus charmant des séjours !
A Jésus-Christ comme au Père suprême, Comme à l'Esprit de charité, A l'adorable Trinité
Même pouvoir et même diadème, Même gloire et divinité Dans le temps et l'éternité !