‹ Elévations poétiquesChapitre 31 sur 58 · PAS CHEZ LES CATHOLIQUES LIBERAUX · texte numérisé non relu

PAS CHEZ LES CATHOLIQUES LIBERAUX

De tout peuple sans Dieu, je détournai ma vue. Demandant aux croyants, de ma voix ingénue : "Pourquoi donc, parmi vous, tant d'infidélité. Tant de relâchement et de stérilité ?*'

Des millions disaient : "Xotre libéralisme X'est pas du tout, oh ! non, de Findifférentisme. Nous pratiquons fort mal. nous péchons fort souvent Mais si la chair est faible et l'esprit peu fervent. De croyance et de fait, nous restons catholiques."

Ainsi parlent gaîmeut tant de farceurs tragiques Dont la foi chancelante, en terreur d'action, Xon moins que de principe et de conviction. Voudrait en servant Dieu, servir aussi le diable.

Et rendre avec le Ciel l'enfer conciliable.

Eevêtant le manteau du céleste idéal,

Ils se livrent quand même aux bassesses du mal :

Trop heureux s'ils n'ont pas la honteuse faiblesse,

Devant nos ennemis pleins de scélératesse.

Quand ceux-ci, les tyrans, frappent de tous côtés,

De ne pas se sentir irrités, dégoûtés:

S'ils né sont pas toujours les échos sympathiques

Des loges du secret, des clubs de fanatiques:

S'ils n'appartiennent pas à des sociétés

Oii nos droits de chrétiens ne sont pas respectés,

A des sociétés d'indigTies singeries.

Calquant des francs-maçons les viles momeries.

S'ils n'ont pas connivence avec des malfaiteurs:

S'ils ne restent pas froids devant les insulteurs

De l'auguste captif des corsaires de Rome:

Et s'ils ne poussent pas l'inconséquence, en somme,

Jusqu'à traiter de sots, d'imprudents, d'exaltés.

Ceux qui n'ont pas, comme eux. de basses lâchetés:

Jusqu'à vilipender les preux du journalisme

Qui luttent vaillamment pour le catholicisme;

Jusqu'à blâmer l'Eglise, en mainte occasion,

Pour son devoir sacré, taxé d'intrusion;

Jusqu'à discréditer le mérite et la gloire

D'un enseignement fort dont la base est de x^roire ;

Jusqu'à prendre le faux pour le réel progrès:

Jusqu'à même tremper dans les vilains excès

De l'évolution, de la haute critique,

Par laquelle, aujourd'hui, le moderniste explique

Monde et religion, l'univers tout entier.

Et le Pape et T'Eglise et le Dieu charpentier.

Que n'ont-ils des vertus plus fières, plus ardentes !

PAS CHEZ LES SCHIS^MATIQUES D'ORIENT J'écoutai les crovants d'Eglises dissidentes.

Des millions disaient: "Le Christ est avec nous; Car le Pape exoej^té, nous croyons comme vous"".

Ainsi parlent les Grecs, les peuples de Russie.

Qui font sonner bien haut leur fausse orthodoxie.

Oubliant que le Christ, parmi ses dons divins,

A promis de ne pas nous laisser orphelins.

Ah ! pourquoi se sont-ils séparés d'avec Pierre,

Faisant mentir le Christ ? — Car ils n'ont plus de Père.

Et s'ils ont un semblant de catholicité.

Ils n'en restent pas moins un corps décapité.

Au gré du despotisme et des civiles chartes.

Leur Eglise est toujours comme un château de cartes

Qu'un souffle, tout d'un coup, peut disperser dans l'air.

Ils sont comme enlacés dans des griffes de fer.

Ils se repaissent moins d'honneur que d'avanie.

Ils sont pétrifiés dans leur ignominie.

La véritable foi ne consiste, pour eux.

Qu'à vénérer l'icône et paraître pieux.

Encore est-il bien sûr qu'aucune divergence.

Hors le Pape, n'atteint la commune croyance ?

Non, car d'autres sujets de profond désaccord

Offrent des traits patents d'hérésie et de mort.

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