EXCLAMATIONS DE HAIXE, DE FUREUR ET DE REBELLIOX
Que je fus consolé par ces grands témoiofnages Et préparé surtout pour les clameurs sauvages Qui vinrent aus-sitôt noyer ce doux concert. Comme les ouragans, hurlant dans le désert, Etouffent des oiseaux la charmante harmonie
J'entendis ces clameurs, vibrantes d'ironie, Me dire effrontément :
"Qu'est-il besoin d'un Dieu, Pour expliquer le monde en progrès dans tout lieu ? C'est l'évolution d'une vapeur première Qui donne le secret de ce simple mystère. La matière a formé les globes résistants ; La vie ensuite vint les peupler d'habitants. Les plus humbles d'abord, après quoi les sublimes: Tous les grands animaux après les vêts infimes: Tous les arbres géants après mousse et lichen : Et l'homme fut enfin. La terre c'est l'Eden."
Les clameurs me disaient :
"Qu'est-il besoin encore D'un Homme-Dieu, d'un Christ, pour expliquer l'auro- Le midi, le plein jour, du système chrétien? [re.
Par la simplicité, tout se conçoit très bien.
On a cru sottement aux prétendus miracles
Du grand Visionnaire; on a pris ses oracles
Pour des verbes divins: cet homme, on l'a fait Dieu.
Les siècles, tour à tour, ont donné dans ce jeu.
De votre chrétienté, voilà donc la genèse.
Toute cette imposture est une oeuvre mauvaise."
Les clameurs me disaient :
''Qu'est-il besoin d'un roc Soi-disant immuable, invulnérable au choc, Pour expliquer le Pape et ses mille injustices ? Tous les chrétiens tremblants en face des supplices Etaient encouragés par l'Evéque puissant, Résultat de la peur, du délire et du sang, A Rome, on le fit Christ. Et s'érigeant lui-même En oracle infaillible, en Pontife Suprême, C'est lui, seul, qui, dès lors, chef de ce mouvement, Sut donner à la foi son développement."