PROBLEME DE LA CREATION
Alors tout disparut dans une nuit obscure. . . . Frappé par des éclairs du plus sinistre augure, Je me laissai tomber, désireux de mourir Pour ne plus voir le monde à tel point se flétrir^
Abîmé sur le sol, dans ma douleur amère, Au Seigneur j'adressai ma suprême prière.
"Mon Dieu, pardonnez-moi : votre création Me paraît comme un arbre à vaste floraison, Objet perpétuel de vos soins les plus tendres, Mais dont les fruits, hélas! vont se réduire en cendres; Car je les vois tomber si fort, tomber si drus, Que votre main. Seigneur, n'en trouve pres(iue plus. Pour vos propres festins, sur vos tables divines. Pourquoi donc, ô mon Dieu, ces immenses rapines Du braconnier Satan qui récolte vos biens Jusqu'à les dérober aux branches des chrétiens ?"