SUPREME DENOUEMENT
Je me représentai, dans un coup d'oeil immense, Tous les peuples tombés, punis pour la démence ' Qui leur fit outrager le Roi de tous les rois. Défier son pouvoir, méconnaître ses lois. Témoins: l'affreux déluge, et Gomorrhe et Sodome, Et l'infâme Israël proscrit.de tout royaume, Les empires païens tour à tour écrasés. Et les fiers potentats, un jour favorisés. Tant que leur bras servit à défendre l'Eglise, Mais que Dieu terrassa, comme un vase qu'on brise. Dès que répudiant les saints droits des autels. Ils ne jouèrent plus que des rôles mortels.
Un ange du Seigneur aussitôt vint me dire : •'Ecoute les grands maux que je vais te décrire.
Lorsque sonnera l'heure à l'horloge du temps. L'heure des derniers jours et des dernier instants. Tu me verras verser, bouillantes sur la terre. Sept coupes débordant de divine colère.
Tu verras. iDlein d'effroi, tous les cieux ébranlés, Dans leurs chemins perdus tous les astres troublés.
Le soleil rougira: disparaîtra la luné;
Le sang, à pleines mers, sera l'onde commune.
L'Antéchrist passera comme un vil séducteur, Un conquérant farouche, un lion destructeur.
Tu verras des fléaux, des famines horribles, Des pestes, des éclairs et des guerres terribles. A peine les élus pourront se maintenir. Dans ces calamités où tout semble finir.
La fin, ah ! la voilà. Tout est mort sur la terre. Tu vois se consommer le suprême mystère.
La trompette a soudain retenti dans les cieux. Les tombeaux ont frémi: les morts silencieux Ont repris l'existence; et la vaste assemblée Attend le jugement dans la sainte vallée.
Jésus-Christ apparaît, puissant, majestueux,
Avec croix dans sa main, et le feu dans les yeux :
Aux bons, feu de tendresse: aux méchants, feu de haine.
Il juge. . . .
Il a jugé....
Que vois-tu dans la plaine ?
Les damnés s'engloutir dans l'.abîme éternel Les élus s'envoler vers la gloire du ciel.
îinu0t à son tmtnrnre
Archevêque de Québec.
C'est en vain, Eminence. en si noble entourage Dévot pour Dieu, le Pape et Jésus Rédempteur, Que j'oserais chercher un autre personnage Plus dévot que vous-même et de plus sainte ardeur.
Souffrez donc bonnement que l'auteur vous dédie Ce poème d'amour pour l'Eglise et pour Dieu : Pardonnez lui vers vous son envolée hardie Pleine de foi, sinon de poétique feu.
Le vent de mort qui souffle aujourd'hui sur la terre, Oh! c'est le vent brûlant de l'incrédulité : Le microbe du doute, infect et délétère. Détruit le sens chrétien dans la société.
Et les peuples s'en vont, faisant honte à l'Eglise, P\-outer les hâbleurs, ennemis de la foi . . . Comment donc mettre un terme à pareille hantise ? Comment sauver le monde en un tel désarroi ?
Ne faut-il pas crier? démasquer les impies Confondre les pervers et les rendre impuissants ? Eanimer par des chocs les âmes assoupies ? Et remettre du coeur dans les coeurs languissants?
La raison, la vertu, le progrès, la science. Montrons que tous ces biens sont de notre côté. Faisons briller, dans sa pleine magnificence. Notre divin Soleil de toute vérité.
Tel est le but fervent de cet humble opuscule. Peut-être, Cardinal, si vous le bénissez, Aura-t-il, au milieu du monde qui recule. Un peu de ces effets par vous-même tracés.