‹ Elévations poétiquesChapitre 7 sur 58 · DIEU PARLE A MOÏSE ET LUI FAIT CONNAITRE SA MISSION · texte numérisé non relu

DIEU PARLE A MOÏSE ET LUI FAIT CONNAITRE SA MISSION

'•Moïse, reste-là : cette terre est sacrée ;

Car je suis le Dieu d'Israël:

Enlève ta chaussure : et la face atterrée,

Prête l'oreille à l'Eternel.

De mon peuple j'ai vu la dure servitude;

J'entends tous les jours ses clameurs; Voici que je descends; je viens, d'une main rude,

L'arracher à ses oppresseurs.

Il me faut un prophète, un chef pour le conduire Sous d'autres cieux, bien loin d'ici. . .

Au pays d'Abraham tu devras l'introduire : C'est toi le chef que j'ai choisi.

Tu lui montreras donc cette terre promise

Où coule le lait et le miel; Et tu le sauveras, de peur qu'il n'agonise

Dans cet esclavage cruel.

J'ordonne que ton frère Aaron t'accompagne.

Ainsi que toi l'homme de Dieu; Vous marcherez trois jours, jusque sur la montagne

Vous sacrifierez en ce lieu.

Je suis celui qui suis: voilà ce qu'il faut dire

A tout le peuple de ma part.

Allez, parlez, criez . . . C'est- moi qui vous inspire :

Que mon nom soit votre étendard !

Tu demandes un signe : eh ! bien jette par terre

Cette verge que tient ta main :

Tu vois, c'est un reptile. . . Attrappe la vipère,

Et la voilà verge soudain !

\'n autre signe: mets ta main sur ta jpoitrine.

Et la lèpre Tenvahira : Cache-la de nouveau: par ma vertu divine.

La lèpre aussitôt s'en ira.

Un autre signe encor: puise de l'eau du fleuve :

Tu la vois se changer en sang :

Que le peuple, effrayé par cette horrible épreuve,

Reconnaisse le Tout-Puissant î

Du tyran Phajaon l'âme est opiniâtre,

Le coeur est dur comme un rocher :

Avec grande puissance il faudra le combattre, Pour qu'il ^■euille vous relâcher.

Il se rendra pourtant; — car sans merci ni trèvé,

Ma vengeance le poursuivra ; Je frapperai si fort, de mon bras, de mon glaive.

Qu'à la fin il s'humiliera.

Puis, vous emprunterez de l'Egj'^pte insolente

Tout son or et tout son argent :

Ces biens, je vous les donne: et la race opulente

Sera comme un peuple indigent.

Tu te plains de ta langue !... Eh ! l'auteur de la bouche, De tout verbe, n'est-ce pas moi ?

Ta langue est éloquente : elle émeut, elle touche ; Car mon Esprit parle avec toi !

Et maintenant, debout, courage et confiance.!

Marche avec ton frère Aaron.

Car l'heure sonne au Ciel pour votre délivrance . . .

Allez vers le roi Praraon."

XYI

Ei^udimini.

Qui n'a pas entendu cette grande parole

Dont frémit encor l'univers ?

O langage de Dieu!... la nature frivole

N'est plus rien avec ses concerts !

Admirajnini et ohniiipescite.

Quelle est cette terreur qui s'empare du monde t . . .

On n'entend plus le moindre bruit . . . Tout se tait, dans les cieux. sur la terre et sur l'onde,

Même les clameurs de la nuit !

Incrédules, debout ! — c'est le temps de vous rendre :

Le prodige va s'accomplir !

Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :

Vous allez enfin tressaillir !

Yo-e de cœlis dicens.

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