DIEU PARLE A MOÏSE ET LUI FAIT CONNAITRE SA MISSION
'•Moïse, reste-là : cette terre est sacrée ;
Car je suis le Dieu d'Israël:
Enlève ta chaussure : et la face atterrée,
Prête l'oreille à l'Eternel.
De mon peuple j'ai vu la dure servitude;
J'entends tous les jours ses clameurs; Voici que je descends; je viens, d'une main rude,
L'arracher à ses oppresseurs.
Il me faut un prophète, un chef pour le conduire Sous d'autres cieux, bien loin d'ici. . .
Au pays d'Abraham tu devras l'introduire : C'est toi le chef que j'ai choisi.
Tu lui montreras donc cette terre promise
Où coule le lait et le miel; Et tu le sauveras, de peur qu'il n'agonise
Dans cet esclavage cruel.
J'ordonne que ton frère Aaron t'accompagne.
Ainsi que toi l'homme de Dieu; Vous marcherez trois jours, jusque sur la montagne
Vous sacrifierez en ce lieu.
Je suis celui qui suis: voilà ce qu'il faut dire
A tout le peuple de ma part.
Allez, parlez, criez . . . C'est- moi qui vous inspire :
Que mon nom soit votre étendard !
Tu demandes un signe : eh ! bien jette par terre
Cette verge que tient ta main :
Tu vois, c'est un reptile. . . Attrappe la vipère,
Et la voilà verge soudain !
\'n autre signe: mets ta main sur ta jpoitrine.
Et la lèpre Tenvahira : Cache-la de nouveau: par ma vertu divine.
La lèpre aussitôt s'en ira.
Un autre signe encor: puise de l'eau du fleuve :
Tu la vois se changer en sang :
Que le peuple, effrayé par cette horrible épreuve,
Reconnaisse le Tout-Puissant î
Du tyran Phajaon l'âme est opiniâtre,
Le coeur est dur comme un rocher :
Avec grande puissance il faudra le combattre, Pour qu'il ^■euille vous relâcher.
Il se rendra pourtant; — car sans merci ni trèvé,
Ma vengeance le poursuivra ; Je frapperai si fort, de mon bras, de mon glaive.
Qu'à la fin il s'humiliera.
Puis, vous emprunterez de l'Egj'^pte insolente
Tout son or et tout son argent :
Ces biens, je vous les donne: et la race opulente
Sera comme un peuple indigent.
Tu te plains de ta langue !... Eh ! l'auteur de la bouche, De tout verbe, n'est-ce pas moi ?
Ta langue est éloquente : elle émeut, elle touche ; Car mon Esprit parle avec toi !
Et maintenant, debout, courage et confiance.!
Marche avec ton frère Aaron.
Car l'heure sonne au Ciel pour votre délivrance . . .
Allez vers le roi Praraon."
XYI
Ei^udimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole
Dont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu!... la nature frivole
N'est plus rien avec ses concerts !
Admirajnini et ohniiipescite.
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde t . . .
On n'entend plus le moindre bruit . . . Tout se tait, dans les cieux. sur la terre et sur l'onde,
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! — c'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Yo-e de cœlis dicens.