DIEU PARLE A MOÏSE ET AU PEUPLE ET DONNE SA LOI SUR LE MONT SINAI
"De tous les biens, pour vous, c'est moi qui suis la
Oubliez l'antique séjour... [source:
Un feu, pendant la nuit, guidera votre course; Un nuage pendant le jour.
L'eau fait-elle défaut ''( — Moïse étends ta verge:
Frappe ces rocs désespérants :
Dans le sol, vers ce point, voici Feau qui converge
Et coule en limpides torrents.
Etes-vous anxieux pour votre nourriture ?
J'enrichirai ces régions :
Manne, tombe de l'air, fortifiante et pure :
Cailles, venez par légions.
Au pied du Sinai, tressaille, foule ingrate :
Voici le moment solennel !
Que la trompette sonne et le tonnerre éclate !
Que les éclairs fendent le ciel !
Moïse, impose au peuple une ligne impassable :
Je ne veux qu'Aaron et toi . . .
Du sein de la fumée, épaisse, impénétrable.
Je vais vous révéler ma Loi î
Je suis le Créateur et le Souverain Maître : Vous m'adorerez seul et de coeur et d'esprit : Gardez-vous des faux dieux que les payens font naître Que tout démon vous soit odieux et proscrit !
Mon nom, dans l'univers, est grand et vénérable : Ne le prononcez pas en vils profanateurs : Par moi ne jurez pas; c'est un vice exécrable : Je maudis le blasphème et les blasphémateurs.
Consacrez au travail six jours de la semaine; Mais le septième jour" vous le sanctifierez : Car ce jour est à moi : libres de toute peine. Vous le ferez servir à des actes sacrés !
Enfants, honorez bien vos pères et vos mères Ils occupent toujours ma place auprès de vous Observez leurs conseils; soulagez leurs misères Et vos jours seront longs sous un joug aussi doux !
Hommes, je vous défends de tuer vos semblables : A moi seul appartient et la vie et la mort : L'un pour l'autre soyez des amis véritables, Et ne brisez jamais ce fraternel accord !
Au sein de la famille évitez l'adultère : Ne vous dégradez point par l'impudicité : Vos âmes sont vraiment des esprits sur la terre. Et le corps, pour l'esprit, doit être respecté !
Vous avez devant vous les richesses du monde; Mais le bien de chaque homme est son bien pereonnel : Ne le ravissez point ; car ma colère gronde Lorsque l'homme devient voleur et criminel.
Etes-vous obligés de rendre témoignage ? Faites connaître, alors, l'exacte vérité : Ne vous parjurez point : un immense dommage, Pourrait être le fruit de votre fausseté.
Je défends le désir, et même la pensée, De tout vice charnel aux fantômes impurs; De nul trait venimeux n'ayez l'âme blessée : 'Car pour toute impudeur, bientôt vous seriez mûrs !
Je défends le désir, et même la pensée, •
De la noire injustice aux instincts menaçants :
De nul trait envieux n'ayez l'âme blessée :
Car bientôt vous seriez de vrais loups ravissants !"
Erudimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole Dont frémit eucor l'univers ?
O langage de Dieu ! . . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admirainini et ohstupescite.
Quelle est cette terreur {\\\\ s'empare du monde ? . . .
On n'entend plus le moindre bruit. ..
Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur l'onde
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout î — c'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux: Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dieens.
(DIEU PARLE A SON PEUPLE ET A MOÏSE ET CHATIE LES ^ ADORATEURS DU VEAU D'OR.)
"Vous tous, fils d'Israël, vous avez vu vous-mêmes
Que le Seigneur vous t parlé :
A moi donc votre amour, vos hommages suprêmes
Devant moi la terre a tremblé !
Car je suis un Dieu fort, d'une force infinie;
Je suis de plus un Dieu jaloux !
N'introduisez jamais, par votre félonie.
Des dieux faux au milieu de vous :
Des dieux choisis parmi les êtres de la terre.
Du ciel ou de l'air ou de l'eau:
Des dieux d'or ou d'argent ou de bronze ou de pierre,
Faits par le moule ou le ciseau.
Au sein des nations que vous allez connaître, Vous rencontrerez ces faux dieux:
Brisez-les sans merci; faites-les disparaître; Ne forniquez pas avec eux.
Vous ferez mes autels sans apprêts, sans richesse,
De simple terre et de gazon :
Vous y sacrifierez avec plus de sagesse,
Avec moins de tentation.
Gardez bien mon Sabbat, jour saint par excellence,
Jour de repos universel; J'en fais au monde entier la suprême ordonnance
Que le Sabbat soit éternel !
Moi-même, Créateur, j'en ai donné l'exemple;
J'ai travaillé pendant six jours:
Et le septième, en paix, j'admire et je contemple
Mes oeuvres qui suivent leurs cours.
Je frapperai de mort le rebelle et l'impie
Qui profaneront ce saint jour:
Pour retremper vos corps et votre âme assoupie,
Le repos doit prendre son tour.
Ecoutez-moi ! . . • Sinon, redoutez ma vengeance
Et craignez ma sévérité :
Des pères dans leurs fils et dans leur descendance
Je poursuivrai l'iniquité.
Avec les vrais enfants qui gardent ma parole
Et qui s'humilient à ma voix.
Je pardonne sans fin, je bénis, je console - Des mille et des milliers de fois î
Si vous m'obéissez, je" vous envoie un ange Pour vous guider dans le chemin,
Pour marcher devant vous dans ce désert étrange, Et vous conduire par la main.
Je serai l'ennemi de tout peuple contraire
Qui se dressera devant vous :
Ces peuples s'enfuiront; vous pourrez les défaire;
Leur empire sera dissous.
Avec les nations qui servent -les idoles
Ne vous liez point d'amitié, N'ayez aucun commerce; à leurs culte frivoles
Jurez toujours inimitié.
Ici sur la montagne, au milieu du nuage,
Toi, Moïse, monte vers moi; Et je te donnerai mon divin témoignage
Avec les Tables de la Loi.
O Moïse, que vois-je ? . . . Hâte-toi de descendre :
Le peuple a déjà succombé !. . .
Un veau d'or sur l'autel !... et sans vouloir t'attendre,
Devant l'idole on est tombé !
O peuple ingrat ! . . . O peuple insoumis et fragile ! . . .
O peuple fou de vanité ! . . .
Quel bien te peut donc faire un dieu d'or ou d'argile?...
O démence ! . . . O stupidité ! . . .
Moïse, laisse-moi, ma colère est trop forte ! . . .
Je veux sévir; je veux frapper !. . . Sur ma clémence enfin la vengeance l'emporte. . .
N'essayez pas de m'échapper.
Tu m'invoques toujours !... Eh ! bien soit ! je pardonne :
Le peuple entier ne mourra pas; Et je veux qu'à jamais l'humanité s'étonne
De ma bonté pour ces ingrats.
Je n'aurai pas en vain sauvé de l'esclavage
Un peuple que j'ai tant aimé !
L'Egypte rirait trop d'un aussi grand carnage :
De tout Israël supprimé !
Abraham, Isaac, vos os dans la poussière Peuvent tressaillir aujourd'hui;
Car si j'exauce enfin Moïse et sa prière, C'est à cause de votre appui.
Oui, ^'e veux envers vous accomplir mes promesses
Oui, comme les astres du ciel Vos fils seront nombreux ; oui, pleine de. richesses
Sera la terre d'Israël !
Moïse, ne crains rien; ne crains pas que j'efface Tout nom du livre des vivants . . .
Pourtant je ne veux pas que s'étende ma grâce Jusqu'au dernier des mécréants !
Tu vas exterminer vingt-trois mille victimes :
Il faut un exemple éclatant !
Il faut mettre en horreur les dieux illégitimes
Au sein de ce peuple inconstant !
C'est fait ! Eh ! bien, partez ! . . Mais avec les coupables
Penses-tu que je vais marcher ?
Car s'ils tombent encore en des fautes semblables,
Je voudrai tous les égorger !
Moïse, que veux-tu ? . . . Ta prière et tes larmes Sont plus fortes que mon courroux:
De tout ressentiment, enfin, tu me désarmes. . . Je marcherai donc avec vous !
Mais comment retenir un peuple si rebelle ? . . .
Je le comblerai de bienfaits, I
De prodiges si grands, que son coeur infidèle . j|
En sera touché pour jamais î
Que veux-tu donc encore ? . . . Espères-tu la grâce
De voir .mon visage éclatant ?
Impossible ici-bas . . . nul ne peut voir ma face
Et ne pas mourir à l'instant !
Je ne te montrerai qu'un rayon de ma gloire ...
Je comble de biens qui je veux; J'accorde les trésors, la grandeur, la victoire . . .
Mais nul ne me voit de ses yeux !
Je vais passer: tiens-toi, debout, sur cett« pierre;
Ma main droite te couvrira . . . , Quand j'ôterai ma main, aussitôt ma lumière
Comme un soleil resplendira !
Elle rejaillira sur ta face elle-même
Comme une auréole de feu :
Le peuple s'écriera, voyant ce diadème :
"O gloire ineffable de Dieu !"
Emidimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole Dont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu !. . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et ohstupescite.
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde ? ... * On n'entend plus le moindre bruit ! . . .
Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur l'onde. Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! . . . C'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
l'^ox de ccelis dicens.
(DIEU PARLE EN MAITRE TERRIBLE POUR PUNIR TOUS CEUX OUI L'ONT OFFENSE.)
**Aaron et Marie, écoutez mes paroles. . .
Pourquoi m'avez-vous offensé \ Vous, mes prophètes { . . . Xon ! . . . Vos prétentions fol-
Et vos murmures m'ont blessé ! [les
Est-ce que je vous parle à vous, comme à Moïse.
Mon noble et chéri serviteur \ . . .
Bouche à bouche avec lui, clairement, sans méprise,
Je converse dans ma splendeur !
Méchante soeur, deviens blanche comme la neige !
Que la lèpre ronge ton corps î Qu'on te chasse du camp î . . . Et pour ton sacrilège.
Honte à toi. chaarrins et remords !
Coré !... Datan !... Biron !... Quelle est cette assemblée?.
Encore des séditieux ? . . .
Ils vont périr ! . . . Je vais les abattre d'emblée ! . .
Faites le désert autour d'eux.
Ils croient, dans leur orgueil, que je les favorise ! . .
Qu'ils prennent donc leurs encensoirs, Eux d'un côté; de l'autre, Aaron et Moïse. . .
On verra quels sont leurs pouvoirs !
Par ma main foudroyante, au fond de ses abîmes,
Le sol béant les engloutit !
Voilà, dans les enfers, la solde de leurs crimes !
Que le monde en reste interdit !
Et toi, peuple méchant, tu murmures toi-même, Après ce que j'ai fait pour toi !
Jusques à quand, ingrats, l'injure et le blasphème S'élèveront-ils contre moi ?
Voulez-vous par vos cris lasser ma patience ? . . .
Faudra-t-il vous exterminer ? . . .
Si je vous laisse vivre, à quelle pénitence
Pourrai-je donc vous condamner ?
Ici, dans ce désert, pendant quarante années,
Vous devrez errer et pleurer !
Vous chercherez en vain les terres fortunées ...
Vous ne pourrez y pénétrer !
Vos os, murmurateurs, blanchiront dans la plaine, Avec les os de vos enfants î . . .
Caleb et Josué, seuls, exempts de la peine. Parmi les hommes de vingt ans !
Car j'aime leur esprit, leur humble confiance :
Ils sont dociles à ma voix.
Mais malheur aux ingrats, remplis de méfiance,
Qui m'ont tenté plusMe dix fois !
Ai-je besoin de vous et d'une immense armée Pour vous rendre victorieux ?...
Aveugle nation, tu seras décimée ...
Il faut que je t'ouvre les yeux !
Vers le serpent d'airain, pour guérir vos blessures, Tournez vos regards suppliants :
Car vous allez mourir des horribles morsures Faites par les serpents brûlants î
Voilà que je vous vois avec les Moabites,
Avec leurs femmes et leurs dieux ! . . .
Oh ! vous regretterez ces liaisons maudites Et ces commerces monstrueux.
Que les princes du peuple à d'ignobles i^otences,
En pleine lumière du ciel.
Meurent donc suspendus ! . . Que des clameurs intenses
Retentissent dans Israël !
Que chacun, sans pitié, dans sa propre famille,
Egorge les fornicateurs ! . . .
Vingt-quatre mille à mort !... frère, soeur, fils ou fille !...
A mort les prévaricateurs !
() fils d'Eléazar, ton courage et ton zèle
Ont écrasé Tiniquité :
A toi mon sacerdoce, — alliance éternelle, —
Honneur à ta postérité !
lOtt
Balaam. où vas-tu { . . . Garde-toi de maudire
Ce peuple, — car il est béni ! . . .
Ecoute; apprends de moi ce qu'il faut faire et dire,
Et ne crains pas d'être j)imi.
Tu diras à Balac : "Ce peuple est invincible :
. Le Seigneur combat avec lui !
Au milieu de ce peuple, avec gloire indicible, L^Etoile'de Jacob a lui î
Voyez- vous se lever le conquérant du monde
A qui tout peuple obéira ?
Sa grâce nous ravit ... Sa clarté nous inonde ! . . .
C'est d'Israël qu'il sortira !
O grande nation, que ses tentes sont belles !
Que ses tabernacles sont beaux !
Elle dévorera les nations rebelles,
Comme un lion fait des troupeaux !"
Aaron et Moïse, il faut que je punisse.
Enfin, votre incrédulité :
Quand j'ai dit: "Que du roc une eau vive jaillisse,"
Pourquoi donc avez-vous douté ?
La pierre est sous ma main, aussi tendre, aussi molle.
Que le plus docile élément :
Que n'avez-vous alors, honoré ma parole
En frappant intrépidement ?
Chefs du peuple, c'était à vous de l'introduire;
Mais un autre l'introduira !
Heureux l'humble croyant que la foi seule inspire ! . . .
Celui qui doute en souffrira !
Vous mourrez donc tous deux sans que vos pieds ne
La terre de promission ! [foulent
Contemplez-la de loin: mais qu'aussitôt s'écroulent Vos voeux et votre mission !
Moïse, il est donc temps que tu cèdes ta place
A Josué ton successeur.
Impose-lui les mains: ta prière et ma grâce
Lui donneront force et <louceur.
Monte ici... Vois là-bas, au-delà des montagnes,
Vois la t€rre de Chanaan:
Vois ces riches cours d'eau, ces fertiles campagnes;
Vois l'excellence de mon plan !
Vers ce ciel embaimié, vers cette heureuse terre.
Ton coeur s'élance; mais en vain; C'est ici que tu dois terminer ta carrière,
Les yeux tournés vers le Jourdain !"'
XXVIIT
Erudimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole Dont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu ! . . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et ohstupescite.
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde ? . . .
On n'entend plus le moindre bruit ! . . . Tout se tait, dans les cieux. sur la terre et sur l'onde,
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! — C'est le temps de vous rendre
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis die en s.
(DIEU PARLE A JOSUE ET LUI FAIT INTRODUIRE LE PEUPLE DANS LA TERRE PROMISE.)
"Josué, te voici le conducteur suprême ;
Sois fort, vaillant et courageux:
Prends Abraham. Jacob et Moïse lui-même
Pour exemples devant tes yeux.
Tu devras avec soin opérer le partage
De la terre entre les tribus :
Donne, suivant le nombre, un exact héritage : •
Aux unes moins, aux autres plus.
La tribu de Lévi, sujette à mon service,
Mérite un spécial égard :
Que les droits de la dîme et ceux du sacrifice
Lui soient donc échus pour sa part.
En avant, Josué !... Voici (|ue je commence
A glorifier Israël :
De passer le Jourdain, donne avec assurance
Au peuple entier l'ordre formel.
Le temps est arrivé de posséder la terre Objet des voeux de quarante ans !
L'on verra de nouveau ce merveilleux mystère Des flots coupés et remontants !
Peuple, à deux mille pas de l'Arche d'Alliance,
Avance en ordre solennel !
Le fleuve, d'un -côté, se retire en silence :
De l'autre il monte vers le ciel !
Tra\ersez à pieds secs; et sur l'autre rivage,
Tombez à genoux devant moi !
Là se termine enfin votre pèlerinage,
Redoublez d'amour et de foi !
Car je suis avec vous; et mon bras va détruire
L'Ethéen, le Chananéen,. . .
Tout peuple qui prétend opposer votre empire. . .
Le Gerséen, l'Aniorrhéen . . .
Attaquez Jéricho: je vous donne la ville
Avec ses soldats et son roi :
Ne livrez pas d'assaut; un siège est inutile;
Car ils succomberont d'effroi !
Faites le tour des murs pendant six jours de suite,
Pour effrayer les habitants :
Les prêtres les premiers, portant l'Arche bénite.
Précéderont les combattants. .
Mais le septième jour, les clairons, les trompettes,
Avec vos cris retentiront : 8e brisant aussitôt comme des aiguillettes.
Les murailles s'écrouleront !
Josué, tu gémis, le front dans la poussière, Voyant tes projets confondus :
Tn crime, parmi vous, excite ma colère : C'est pourquoi vous êtes vaincus !
Fallait-il convoiter un butin d'anathème i
Fallait-il voler et mentir ?
C'est pour ce péché là, d'une injustice extrême."
Que vous devez vous repentir.
Deux cents sicles d'argent, un manteau d'écarlate,
Une règle d'or . . . sont cachés !
Peuple, qu'on tire au sort !... Que le scandale éclate !...
Que les criminels soient cherchés !
Achan, fils de Zaré, voilà le vrai coupable.
Sa maison coupable avec lui :
Lapidez et brûlez tout ce monde exécrable.
Pour vous racheter aujourd'hui !
Maintenant, Josué, va cueillir la victoire
Contre les rois Amorrhéens :
Ils viennent cinq, ligués; mais ce sera ta gloire
De les saisir, eux et leurs biens.
Monte pendant la nuit : attaque à l'improviste :
Egorge-les à leur réveil !
Ils sont épouvantés. . . Aucun d'eux ne résiste. . .
Avec toi combat le soleil !
Je prolonge le jour. . . pour qu'ils soient mis en pièces,
Exterminés jusqu'au dernier !...
Peuple, tout reste à toi : terres, villes, richesses . . .
A toi le pays tout entier !
Xe craignez point : marchez de conquête en conquête !
Prenez Lachis; j^renez Hébron, Béthel, Jérusalem... Que rien ne vous arrête
De Galgala jusqu'à Sidon !
Vous voyez maintenant les nations soumises;
J'ai mis le comble à mes bienfaits:
Il ne manque plus rien de mes grâces promises :
Goûtez le repos et la paix î
Israël, ô mon peuple ! . . . Il en sera toujours de même Si tu n'as d'autres dieux que moi,
Si ton coeur m'appartient, s'il m'adore et s'il m'aime, Si tu marches selon ma Loi !
Mais je m€ vengerai contre les infidèles Par les fléaux les plus affreux,
Aussi durs et cuisants que des verges cruelles Ou des épines dans les yeux !"
Erudimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole Dont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu ! . . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et obstupescite.
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde ? . . .
On n'entend plus le moindre bruit ! . . . Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur l'onde.
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! — C'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dicens.
(DIEU PARLE A JUDA, A GEDEON ET A SON PEUPLE; ENCOURAGEMENTS ET REPRIMANDES.)
"Josué n'est donc plus !. . . A sa place je nomme
Juda, frère de Siméon. . .
Juda, sois intrépide; avance comme un homme
Contre Gaza, contre Ascalon.
Peuple, je Aois sitôt revenir la tempête !
Sitôt vous m'avez outragé !
Eh ! bien, à vous punir ma colère s'apprête :
Israël, sois donc affligé î
Te voilà dans la honte et dans la servitude.
Et je me moque de tes cris !
N'as-tu pas des faux dieux en grande multitude ?
Ton sort les a-t-il attendris ?
Si tu reviens à moi, détruisant tes idoles,
Je puis encor te délivrer. . .
Gédéon, lève-toi. — Te faut-il des symboles ?
Ils vont aussitôt s'opérer.
Vois donc ce feu du ciel qu'aucune main n'allume
Il éclata et brille soudain ; Sur ton offrande il tombe ; il dévore, il consume
A l'instant la chair et le pain !
Etends, pendant la nuit, une toison dans l'aire ;
A l'aurore visite-la :
N'est-elle pas humide? Et pourtant, chose claire.
Sec est tout ce que tu vois là !
Laisse-la, sur le sol, derechef exposée :
Vois demain le revirement :
Autour d'elle, partout, tu peux voir la rosée ;
Seule, elle est sèche entièrement !
Va donc livrer bataille au roi Madianite
Qui retient mon peuple captif.
Mais ne prends avec toi que des guerriers d'élite ;
Eloigne tout homme craintif.
Dix mille hommes ! . , . C'est trop ! En passant près Regarde boire tes soldats : [du fleuve,
Le brave, de sa main, tout en courant, s'abreuve ; Ce que les lâches ne font pas !
Le triage accompli, quelle noble phafange Oii l'on compte à peine trois cents !
Mais mon bras avec vous, et le bras de mon ange, Ne seront-ils pas tout puissants ?
Divise tes héros; fais-en trois corps d'armée;
Mets des trompettes dans leurs mains, Et des cruches de terre avec lampe allumée ...
Du triomphe soyez certains.
Qui pourra résister à ces armes nouvelles ? . . .
Préparez l'attaque de nuit; Jusqu'au milieu du camp, sans peur des sentinelles,
Avancez, glissez-vous sans bruit.
Surgissez tout-à-coup; sonnez de la trompette :
Hurlez, criez, vociférez...
De vos vases rompus que la lumière prête
Aveugle leurs yeux effarés !
Voyez, dans tout le camp, l'horreur et l'épouvante, Les soldats fuyants et troublés...
Où fuir ? ... De toutes parts le glaive se présente Et les frappe à coups redoublés.
Ils s'égorgent entre eux; effroyable carnage;
L'oppresseur est exterminé !
Quel butin glorieux ! . . . Quel immense pillage !
Le camp vous est abandonné !
Mais ®n ne dira pas qu'Israël par lui-même
A rompu sa captivité : C'est moi qui suis toujours, dans ma force suprême^
L'auteur de votre liberté.
Peuple, je garde là, tout prêts pour mon service,
Des ennemis autour de toi; Et tu seras vaincu dans tes jours d'injustice,
Vainqueur dans les jours de ta foi !
Contre les Philistins invoquez- vous mon aide ?
Mettez votre espoir en Samson :
Mon esprit est sur lui; dans son corps il possède
Une force à vaincre un lion !
Par des flambeaux fixés à des bêtes malignes, Pour promener flamme et terreur,
Il consume leurs champs, leurs moissons et leurs vignes Et les frappe ainsi de stupeur !
D'une mâchoire d'âne il en massac.re un mille;
Et, sortant la nuit, de Gaza, Il enlève poteaux et portes de la ville, - Malgré les gardes qui sont là !
Vainement on l'attache : il rompt, d'un coup, ses chaînes
Comme fils d'étoupe ou de lin; Puis il triomphe encore, en terminant ses peines.
En écrasant le Philistin !
Benjamin a péché î... Vous tous, Israélites,
Punissez l'infâme tribu : Qu'elle soit massacrée, et ses villes détruites !
Coupez ce membre corrompu !
A (|uoi vous serviront ces leçons meurtrières ? . .
A marcher dans le droit chemin !
Donnez aux survivants . des femmes étrangères.
Pour ressusciter Benjamin.
Israël, puisses-tu, fidèle à mes doctrines, Etre un peuple selon mon coeur;
Et reconnaître tant de merveilles divines Que j'opère pour ton bonheur !"
XXXTV
* ' Erudimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole Pont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu ! . . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admîramini et ohstupescite.
Quelle ast cette terreur qui s'empare du monde ?.. - On n'entend plus le moindre bruit ! . . .
Tout se tait dans les cieux, sur la terre et sur l'onde, Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! — C'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir ! '
Vox de cœlis dicens.
(DIEU PARLE A SAMUEL; PUNITION d'HELI, SACRE ET REJET DE SAUL; SACRE DE DAVID.-)
"Samuel, Samuel, c'est ma voix qui te crie, La voix de ton Seigneur et Dieu !
Il est une famille, une race flétrie,
Que je veux chasser du Saint-Lieu !
Héli n*a-t-il pas su que, dans le sanctuaire.
Ses fils sont pleins d'iniquité ?
Que ne s'est-il montré plus ferme et plus sévère
Contre tant de malignité ?
Je ne serai fléchi ni par les sacrifices.
Xi par les pleurs, ni par les voeux !
On a, plus de cent fois dérobé mes pémices ! . . . Le grand-prêtre fermait les j^eux !
Un terme à tout cela ! . . . Je vafs punir le père
En faisant mourir ses deux fils; Je vais même frapper la maison tout entière
Qui s'éteindra dans le pays !
A d'autres mon éphod, mes autels et mon temple;
A d'autres la place d'Héli !
Je veux épouvanter, par ce terrible exemple.
Toute la tribu de Lévi !
Révèle donc enfin mon décret de vengeance
Au trop débonnaire vieillard:
Apprends-lui son malheur, sa triste déchéance,
Dis-lui que tu viens de ma part.
Car je glorifierai ceux qui me rendront gloire, Et je les comblerai d'honneurs;
Mais ceux de qui je n'ai qu'un hommage illusoire, N'auront de moi que des rigueurs !
Samuel, Samuel, faudra-t-il donc se rendre Aux voeux de ce peuple insensé ?
Il me demande un roi ! . . Fais lui donc bien compren- Les maux dont il est menacé. [dre.
Un roi prendra leurs fils, leurs filles, leurs servantes, Et leurs moissons ef leurs troupeaux !
Un roi fera ployer leurs épaules tremblantes Sous les plus énormes fardeaux !
Un roi!... crient-ils toujours. Cette clameur t'afflige...
Oh ! Samuel, console-toi :
C'est moi seul qu'un tel cri repousse et désoblige :
Ne suis-je pas leur Divin Roi ?
Il faudra donc enfin que leur voeu s'accomplisse . . .
Assez de supplications !
Un roi pour les combats, un roi pour la justice,
A l'exemple des nations !
Eh ! bien, sans plus tarder, voilà que je t'envoie
L'homme que je leur ai choisi :
Il est fort, il est brave; et le peuple, avec joie.
Mettra sa confiance en lui.
Il cherche, en ce moment, les troupeaux de son père;
Il vient; il s'avance vers toi :
Prends ton huile sacrée imprimant caractère :
Oins-le pour qu'il devienne roi.
— IIG —
Convoque maintenant le peuple en assemblée
A Maspha, puis à Galgala :
Proclame Saûl roi: la chose révélée,
Aussitôt le peuple criera :
"Vive le roi Saiil !... Qu'il règne et qu'il* commande !.
Qu'il s'avance en triomphateur ! . . .
Il est grand !... Comme lui notre espérance est grande.
Voilà notre libérateur !
Samuel! Samuel !... J'ai ressenti l'outrage
Du monarque profanateur :
Lui!... m'offrir l'holocauste !.., Est-ce là son ouvrage?...
Pourquoi s'est-il fait imposteur ?
Et n'a-t-il pas commis une autre faute encore
En épargnant mes ennemis ?
Le sujDrême devoir de celui qui m'honore
N'est-il pas de m'être soumis ?
Il fallait négliger les troupeaux, les victimes
Que je ne lui demandais pas. . .
Trahir pays et Dieu, voilà de tous les crimes
Le plus détestable ici-bas !
Ce foi, ce premier roi que j'ai créé moi-même,
Je me répens de l'avoir oint !
Mes grands projets sur lui, sans égard pour mon chrê-
Je ne les accomplirai point ! [me.
Je n'affermirai point les bases de son trône.
Pour qu'il règne sur Israël :
Qu'il soit donc rejeté !... Ma grâce l'abandonne :
Il n'est plus qu'un simple mortel.
Voilà que dans sa main ton manteau se déchire
Ainsi je le déchirerai Un autre roi. plus digne, obtiendra son empire:
Et comme j'ai dit. je ferai î
Samuel ! Samuel ! . . . Xe verse plus de larmes
Sur ce roi pervers et déchu ; Xe livre plus ton âme à de vaines alarmes :
Car je t'annonce un autre élu.
Remplis ta corne d'huile, et va, sans nulle crainte,
A Bethléem, vers Isaï :
Et tu consacreras, dans cette maison sainte.
Le nouveau roi que j'ai choisi.
Tu diras que tu viens, messager pacifique,
Prier, immoler en ce lieu :
Puis tu discerneras, de ton oeil prophétique,
Entre les fils l'élu de Dieu.
Tu ne dois estimer ni la taille, ni l'âge.
Xi Fétat. ni l'habillement :
Si l'homme juge ainsi, toi, prophète, plus sage.
Tu dois en juger autrement.
Qu'aucune illusion ne trouble donc ta vue :
Rejette les sept premiers fils :
Demande le plus jeune, à simple tenue.
Et gardant aux champs les brebis.
David, voilà le mien, l'enfant que je préfère : Le plus grand est le plus petit î
Il sera glorieux dans la paix et la guerre : En lui repose mon esprit !"
Erudimini.
Qui n'a pas entendu cette grande parole Dont frémit encor l'univers (
O langage de Dieu ! . . . la nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et ohstupescite.
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde ? . . .
On n'entend plus le moindre bruit ! . . . Tout se tait dans les cieux, sur la terre et sur l'onde,
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! — C'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dicens. ' (DIEU PARLE A DAVID; IL L'EXALTE ET L'HUMILIE.)
David, tu dois d'abord t'illustrer par la guerre,
En combattant les Philistins; Ceïla tu devras secourir la première :
Pauvre ville aux tristes destins.
Tu verras Siceleg où les Amalécites
Ont tout pillé, tout ravagé :
Tu les ravageras eux-mêmes sans limites.
Afin qu'Israël soit vengé.
Voilà Saûl qui vient, plein de haine et de rage;
Or, quelqu'un pourrait te trahir :
Entre donc dans le bois; cache toi sous l'ombrage;
Nul ne pourra t'y découvrir.
Il est temps aujourd'hui que ton règne commence ;
Rends-toi dans la ville d'Hébron, Où je t'ai préparé le trône et la puissance
Et l'amour de la nation.
Je t'estime seml)lable à l'éclat de l'aurore
Dans un beau ciel pur et serein; A l'herbe qui fleurit, se parfume et se dore
Aux feux de Tastre souverain.
Un jour, issu de toi, de ta race féconde,
Et brûlant de zèle pour Dieu, Apparaîtra le vrai Libérateur du monde.
Le vrai Sauveur du peuple hébreu !
Il sera proclamé, dans l'honneur et la gloire,
Le Roi de la terre et du Ciel ; Il aura pour tribut de suprême victoire,
L^n sceptre, un royaume éternel !
De ta maison ma face et ma miséricorde
Xe se détourneront jamais :
Ton règne est assuré : voilà que je t'accorde
Ma complaisance avec ma paix.
Que si vous commettez le mal' en ma présence, — Toi-même ou les tiens après toi, —
Vous trouverez toujours, en faisant pénitence. Indulgence et grâce avec moi.
O David !. . . qu'as-tii fait de la iemme d"Urie ?. . .
Qiras-tu fait de ce général ? . . .
Adultère ! . . . Assassin ! . . . Voilà donc la furie
Dont tu t'enivres dans le mal î
"Sur toi, pour te châtier, je verrai que le glaive Frappe ses coups les plus cruels :
Tu n'auras plus de paix, tu n'auras plus de trêve, Dans tes malheurs perpétuels !
Inutiles chagrins ! . . . L'enfant de Bethsabée,
Ce fruit de ton crime, mourra !
Et la mère elle-même, à ton lit dérobée.
Avec ton vainqueur dormira !
Ta passion honteuse était pourtant secrète :
Tu cachais tes actes pervers :
Moi je t'exposerai, par mon bras qui te fouette,
A Toppro'bre de l'univers !
Enfin, dans ton orgueil, tu t'es permis, naguère,
Un coupable dénombrement !
Je t'offre. . . ou la famine, ou la peste, ou la guerre ;
Choisis toi-même un châtiment.
Devant la faim, les massacres, les flammes.
Tu recules, plein de terreurs ! . . . Prends donc la peste !... Il faut.soixante dix mille âmes
Pour tant de péchés et d'erreurs !"
Erudimini.
Qui n'a pas entendu cette grande pïïrole Dont frémit encor l'univers ?
O langage de Dieu î . . . La nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
Admiramini et obstupescite.
Quelle est cette terreur qui s'empare du monde ?...
On n'entend plus le moindre bruit ! . . . Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur Tonde,
Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout ! . . . C'est le temps de vous rendre :
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel ]?vez les yeux: Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dicens.
(DIEU PARLE A SALOMON; CONSTRUCTION DU TEMPLl, GRANDEUR ET DECHEANCE DU ROI.)
"Salomon, que veux-tu que mon amour te donne ?
J'ai rendu ton front rayonnant; Sur ta tête j'ai mis une auguste couronne. . .
Que désires-tu maintenant ?
Veux-tu longue carrière^... opulence et richesse?...
Que j'écrase tes ennemis ?. . .
Tu demandes plutôt les dons de la sagesse ! . . .
Dans ce choix-là. je t'affermis î
Au delà de tes voeux j'exauce ta prière :
Sois donc sage et riche à la fois; Tu resteras toujours, aux regards de la terre.
Le plus brillant de tous les rois !
Ton règne ne sera qu'incessante victoire
Sur tes ennemis dispersés; Et par ton jugement, ta science et ta gloire
Les savants seront éclipsés !
Jamais on n'aura vu dans aucun lieu du monde,
On ne verra non plus jamais, Génie aussi puissant . . . liunière aussi profonde . . .
Tant de splendeurs et de hauts faits.
Tu sauras les secrets de toute la nature,
Depuis le cèdre du Liban, Jusqu'à la mousse et l'herbe où l'insecte murmure^
Et jusqu'au fond de l'océan.
On entendra partout l'écho de tes- paroles;
On viendra de loin pour te voir; On redira toujours tes chants, tes paraboles,
Ces merveilles de ton savoir.
Mais je t'en avertis, ce n'est que dans mes voies Et mes divins commandements,
Que tu pourras goûter les plus suaves joies. Les plus nobles ravissements.
Construis-moi, sans retard, un temple magnifique
Où je puisse enfin résider:
Car sous le tabernacle et la tente rustique
On doit cesser de me garder.
Il me faut, comme au peuple, une demeure stable, Un lieu d'hommage et de respects.
Je suis l'unique Dieu; mon nom est admirable; Tout relève de mes décrets.
Je vous ai délivrés de l'antique esclavage, Et vous ai conduits jusqu'ici;
Je vous ai partagé cet immense héritage : Eh ! bien, je veux ma part aussi !
Voilà mon temple fait !. . . Je m'y plais; j'y demeure,
Grâce à la foi de Salomon :
C'est ici qu'on viendra m'adorer à toute heure.
Comme dans ma propre maison.
Marche donc, ô grand roi, comme a marché ton père,
Dans la simplicité du coeur ; Et tu verras ton règne, aussi long que prospère.
Te conserver sage et vainqueur.
Ne crains pas que ma grâce, à la fin, t'abandonne.
Si tu reconnais mes bienfaits; Car je fortifierai ton trône et ta couronne,
Pour qu'ils ne périssent jamais.
Dans ta race, toujours, resteront mes promesses
Touchant le salut d'Israël :
Il sortira de toi, le Fils de mes tendresses
Et de mon amour éternel !
Mais si tu n'observais ni mes cérémonies,
Ni les préceptes de ma Loi; Les vertus, de ton coeur étant toutes, bannies.
Comment me plairais-je avec toi !
A^ous auriez à souffrir des peines accablantes,
•• De terribles calamités ; Et vous entendriez les insultes sanglantes De vos ennemis ameutés.
Puis je rejetterais, je briserais ce temple : Les peuples le verraient tomber:
P^t Ton crierait partout: "Quel effroyable exemple Israël va donc succomber î
Oh I c'est qu'ils ont trahi, dans leur ingratitude, Leur Dieu, leur Père et leur Sauveur !
Lui qui les délivra, jadis, de servitude. Lui, leur éternel bienfaiteur !
Ils l'ont abandonné pour suivre leurs caprices. Et pour adorer les faux dieux :
Les voilà <lonc enfin victimes de leurs vices, Frappés des maux les plus affreux !''
Salomon ! Salomon ! . . . qu'as-tu fait de mes grâces
Et de mes avertissements ? . . .
As-tu donc oublié promesses et menaces ? . . .
Oublié tes propres serments ?
Est-ce toi que je trouve avili dans la fange, Plus qu'aucun roi ne |ut jamais ?■. . .
Par quel aveuglement, quelle malice étrange, ' As-tu commis tant de forfaits ?
Te fallait-il aimer tant de femmes impures ?...
Avec elles souiller ton coeur ? . . .
De leurs infâmes dieux, ô comble des souillures ! —
Te faire infâme adorateur ? . . .
Je vais donc déchirer, diviser ton royaume.
Le donner à ton serviteur; Il ne restera plus qu'un sinistre fantôme
De ta primitive grandeur !
Erudimini.
Qui nu ])as entendu cette grande parole Dont frémit encor Funivers ?
O langage de Dieu ! . . . La nature frivole N'est plus rien avec ses concerts !
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Admira mini et ohstupescife.
Quelle est cette terreur qui s'emi^are du monde ? . . , On n'entend plus le moindre bruit ! . . .
Tout se tait, dans les cieux, sur la terre et sur l'onde, Même les clameurs de la nuit !
Incrédules, debout !. . . C'est le temps de vous rendre:
Le prodige va s'accomplir !
Au ciel levez les yeux : Dieu va se faire entendre :
Vous allez enfin tressaillir !
Vox de cœlis dicens.