DE LA CROIX
Ph $ 4e eme DÉSOLATION ET CONSOLATION
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Le mendiant criait en parcourant le monde, Essuyant refus sur refus :
Que je suis malheureux dans ma peine profonde ! Nnpossible de l'être plus.
Venant à rencontrer l'amputé misérable Qui n'a que des moignons pour bras,
Il se console et dit : quel état pitoy able ! J'ai mes deux mains, lui n'en a pas.
L'homme sans bras crinit en parcourant le monde : Essuyant refus sur refus ;
Que je suis malheureux dans ma peine profonde Pnpossible de l'être plus.
Venant à rencontrer l'estropié sans jambes Qui se voiture de ses bras,
Il se console et dit : moi parmi les ingambes Les ]
Je marche, lui ne le peut pas.
Criait le eul-de-jatte en parcourant le monde Essuyant refus sur refus :
Que je suis malheureux dans inn peine profonde !
limpossible de l'être plus,
Venant à rencontrer l'infirime né sans vue
Qu'un enfant conduit par le bras, Il se console et dit : au milieu de la rue Moi j'ai mes yeux, lui ne voit pas.
L'aveugle s'écrinit en parcourant le monde, Essuyant refus sur refus :
Que je suis malheureux dans mu peine profonde !
Enpossible de l'être plus.
Venant à rencontrer le s urd-muet à l'tue Toujours solitaire ici-bas,
Il se console et dit : inon bonheur je proclame :
Lui ne parle pas, n'entend pus.
Le sourd-muet criait en parcourant le monde,
Essuyant refus sur refus :
Que je suis malheureux ans ma peine profonde !
Impossible de lecre plus.
Venant à rencontrer le pauvre épileptique
Qui bave et se tourmente à bas,
Il se console et dit : de ce mul satanique
Moi, du moins, je ne souffre pas.
Criait l'épileptique en parcourant le monde, Essuyant refus sur refus ;
Que je suis malheureux dans ma peine profonde ! Impossible de l'être plus.
Venant à rencontrer l'infecte pourriture Du lépreux sur son galetas,
Il se console et dit : quelle affreuse torture ! Pourri vivant je ne suis pas.
Et le lépreux criait en parcourant le monde, Essuyant refus sur refus :
Que je suis malheureux dans ma peine profonde ! Impossible de l'être plus.
Venant à rencontrer, sur la Croix du Calvaire, Dieu suspendu par les deux bras,
Il se console et dit : O Sauveur de la terre, Sur un tel lit je ne suis pas!
Et tous ces malheureux s2 disaient en eux-mémes “ Quelque grand que soit notre mal,
Nous n'atteignons jamais les martyre: suprêmes ; Le nôtre n'est-1l pas banal ? ”....
Sur le lit de sa Croix le Rédempteur des âmes, Crispé par d’horribles douleurs,
Nous invite sans cesse, avec cris, avec flammes, D'aller à lui dans nos malheurs :
“Venez À moi, dit-il vous que la peine accable, Venez, je vous soulagerai ;
Vous tous pour qui ln vie est triste et lamentable, Venez, je vous consolerai,
Bienheureux les cœurs purs! Bienheureux ceux
(qui pleurent !
Bienheureux lea pauvres souffrants !
Ceux qui dans la justice inflexibles demeurent Du Ciel seront les conquérants ! ”
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