‹ Élévations poétiques [microforme]Chapitre 12 sur 63 · IL FAUT SOUFFRIR · texte numérisé non relu

IL FAUT SOUFFRIR

La fleur s'épanouit et l'étoile est brillante ;

Le papillon voltige et le rossignol chante

Mais dans le eur humain je cherche en vain la paix Trouvez-vous le repos ?.,, Trouvez vous quelque chose De stable en cet exil’... Non. La plus belle rose,

Hélas! ne se garde jamais !

Aujourd'hui l'espérance et demain l'umertume :

Un mal mystérieux nous ronge et nous consume ;

J'entends l'humanité se plaindre tous les jours ;

Dans les son res chagrins notre âne qui s'abime,

De mille ennuis divers tour-à-tour est victime... Quoi donc! soutffrirons-nous toujours ?

Oui, toujours ici-bas ; car c'est Dieu qui l'ordonne. Oserez-vous combattre un sort qui vous étonne ? Plus cruels deviendront vos désappointements. Résignez-vous plutôt; le Seigneur est un Père ; Aïmez, priez, souffrez : l'amour et la prière

Seront un bauime à vos tourments,.

Pourquoi l'afliction ? Et pourqtuot la tristesse ?

Ah! c'est que, malheureux, du fond de sn détresse

Le cœur humain s'élance et boudit vers le Ciel !

Dieu ranime du fouet les ardeurs de notre âne :

La croix porte ses fruits : désir, appel et flamme, Cris déchirants vers l'Eternel !

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L'homme altéré méprise une source tarie :

L'homme atfumé rejette une éeuree flétrie :

L'homme avare se meurt sur des coffres suns or ;

Et moi, je ne ressens qu'une pitié n onde, Î

Un souverain dégoût pour leinpire du monde

Où je ne vois pas mon trésor.

Périssent les plaisirs, les faux biens de ln terre!,,., L'or qui nous enrichit, l'enu qui nous désaltère,

Le pain qui nous soutient, tout se trouve là-haut. Nous convoitons vraiment les trésors de Dieu même ; Nous avons soif et faim de ln Bonté suprême :

Voilà, voilà ce qu'il nous faut,

Eussions-nous l'univers et toutes ses richesses,

Toutes ses voluptés, toutes ses nllégresses ;

Comme des rois, des dieux, fussions-nous encensés : Nos misérables cœurs crieraient toujours “ Encore ! Encore ! "—Pour guérir le mal qui nous dévore,

Tout cela n'est donc pas assez !

Eh! bien, courage ! amis: le vallon des souffrances ”

Est l'unique chemin vers les magnificences,

Vers l'infini bonheur que Dieu seul peut donner, Si de pleurs et de fiel Dieu veut que l'on s'abreuve, Sans cesse à notre force il mesure l'épreuve

Sans jamais nous abandonner

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Courage ! la douleur équivant au martyre...

A l'exilé qui souffre et gémit et soupire,

Dieu réserve la joie et l’extase des Saints.

Courage ! dans Sion, dans la gloire éternelle,

D'une couronne vraie, éclatante, immortelle, Nos fronts radieux seront ceints.

Qu'arriverait-il donc si le dard de la peine

N'aiguillonnait nos flancs ?... Si notre coupe pleine

A nos lèvres n'offrait qu'un vin délicieux ?....

Si nos cœurs s'enivraient des plus suaves choses ?,...

Si nous n'avions qu'à vivre et dormir dans les roses ! Malheur !,,,, nous oublierions les Cieux !

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