‹ Élévations poétiques [microforme]Chapitre 32 sur 63 · CRE · texte numérisé non relu

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il reporte son esprit vers ces

jours d'autrefois où nos pères luttaient pour la défense de leurs Droits et de leur Religion ;

; OÙ ils ne craignaient ni l'exil, ni la mort même, pourvu que cet exil e

t cette mort rapportassent à leurs fils une con

lition meilleure, Et quand nous avons Une romance qui nous rappelle tant de hauts faits et de grandeur d'âme, on voudrait Ja moditier en ce qu'elle à de plus essentiel ? Et l’on amènerait le patriotisme à l'appui de ce changement ? Eh bien! moi, je dis

que non seulement par patriotisme, mais encore par re-

Connaissance pour ce qu'ont fait les héros de cette romance, nous devons ln conserver telle qu'elle a été écri-

te ; et c'est avec les larmes de 37 au'elle n été écrite, Û l

Nous montrerons du patriotisme en ln conservant ainsi : Car ce qui touche à l'histoire de notre pays est sacré, l'on peut dire que dans ce seul chant du Cunudien er-

rant est renfermée une page, toute de dévouement, de

notre héroïque histoire ; du patriotisme encre, cur ce seul chant nous mettra devant les yeux les luttes de nos pères, et nous exhortera à ne pas craindre de tout sacrifier quand il s'agit de Langue, Droits, Religion. Malheureusement, nous sommes encore duns des jours

où nous avons besoin de ces exemples.

Nous montrerons ensuite de la reconnnissnnce :Car si l'on continue à chanter le Cunwdien errant tel que composé par Gérin, ce sera une preuve que l'on n'aura pas oublié le dévouement des bunnis de 37. Quand on chantera :

Un Canadien errant

** Banni ” de ses foyers,

Parcourait en pleurant, Des pays étrangers,

on sera porté à se dire : “ C'est pour nous qu'ils ont été bannis, c'est pour nous qu'ils ont pleuré ; merci, oh! merci, généreux défenseurs de nos droits ! ”

Et voilà comment j'entends le patriotisme ; surtout quand on peut fort bien se dispenser de défigurer une œuvre.

ss . CRE DS DUSE RE PANNE DEC UE à .…..

Liissons donc intact notre chant suave du Cunudien

errant et si le besoin de roimances se fait sentir, que

l'on en fasse de nouvelles, Il ne manque pas de plumes :

M. Burque nous l'a prouvé, Les strophes qu'il a déjà

PERLE: serons serons pans ur opens

faites, qu'il les détache du « ajoute de nouvelles à cell le dis en toute sincérité,

"inadien errant, qu'il en os-lù, que je prise beaucoup, je et nous nous flatterons d'avoir deux jolies romances, l'une pour les Canadiens bunnis l'autre pour les Canadiens qui s'érilent volontaire. ment,”

SO tetO<S

A cette phase de la discussion, il n y'avait plus, évi. demment, qu'un simple mulente

nu à dissiper, c'est ce que je fis dans une derni

re Correspondance,

* Mon honoralile Contradice

teur se récrie comme s'il était Question de faire

dispuitre de ln littérature cennadienne lu chanson L'n Canadien er

posée par (iérin-Lajoie, En vérité, cela, Mr Germain Beaulieu aurait Je me soulève

runt, telle que coms'il étuit question de raison «le se soulever,

rais moi-même un des premiers, Vouloir anéantir une de nos plus bell

que tout le monde sait par « tout dans les fustes de notre lement un acte de folie,

gandage. Ces paroles de Mr Beaulieu que je

es chansons canadiennes eur et qui est écrite purhistoire, ce serait non seumais Ce serait encore du brima part doivent convaincre partage tous ses sentiments à l'égard de la conservation jalouse de toutes nos perles littéraires, et que, Par conséquent, il fait fausse route en m'accusant de vouloir anéantir une d'entre elles, Alors, qu'est-ce que je veux donc ?

Pour le faire comprendre, je rappe grande distinction à faire entre Consignée dans l'histoire chanson telle qu’on là re

Herai qu'il yYaune une chanson telle que d'une littérature, et la méme

trouve dans la bouche de tout un peuple. Autant la première est fixe,

stable et iné-

branlable, autant in seconde est mobile #1 sijette à toute espèce de variations.

[Il ous est facile, messicurs les éeri vains, d'assurer La Conservation de vos œuvres dans toute leur intégrité : vous n'avez qu'à les coucher dans les annales de not: « histoire. Et vous savez fort bien que si Ces mêmes œuvres étaient seulement confiées À ln mémoire du peuple, il ne s'écoulernit pas dix ans avant qu'elles fussent entièrement détigurées et méconnaissables

Quoi done ! le peuple est-il fulsiticenteur des Œuvres littéraires ? Oui, certes, il l'est cininetmment, pour toutes les œuvres contiées À sn mémoire, comme les roinances et les chansons. C'est son droit, C'est dnne en nature, comme peuple, Vous n'y pouvez rien, Il est lui-même si inconstant et si varinble ! Il moditie ses chansons suivant son enractère, Tel jour, vous lui livrez une romance qui devient populaire : et dix ans, ou vingt ans après, vous ne trouvez plus nulle part le texte original, Au lieu d'une chanson, vous en aurez peut-être une quinzaine, suivant la diversité des personnes et des endroits,

Ici, je crois énoncer une vérité qui est de notoriété publique. Je n'en donnerai qu'une preuve : Hiymns of all ages, volume de 1616 pages, contenant plus de trente mille hymnes annotées, Un des chapitres les plus curieux dans l'histoire les cantiques est l'exposé des modifications qu'ils ont subies pour diverses raisons. La première stance de l'hyinne Jesus, lover of ny soul, par Charles Wesley, se lit de vingt différentes muünières !

L'hymne de M. Lyte, À bide wit! me, se trouve également sous plusieurs formes, L'hymne exquise du Cardinal Newman, Leu Kindly Light, n'a pas méêine été épargnée ! Règle générale, le peuple modifie done ses

chants, profanes et religieux,

selon son caractère, ses goûts et ses besoins.

J'en viens maintenant à mon Cas particulier, En Proposant une modification à ln complainte du Canadien errant je n'ai pas voulu porter atteinte À la chanson de Uérin-Lajoie, telle que consignée dans les fastes de l'histoire ; j'ai voulu toucher seulement à la chanson publi-

que, du domaine publie, telle que trouvée dans la bouche «lu peuple,

Je sais que la première est sacrée et qu'on n'y touche pas. L'œuvre littéraire d'un homme «loit se conserver tout à fait identique à elle-même dans l’histoire de la littérature, Aussi longtemps que la littérature vivra, quand quelqu'un demandera à voir l'œuvre de tel ou tel homme, il faut qu'on puisse lui montrer non pas une fulsification de l'œuvre, mais l'œuvre même, dans toute son originalité.

Je sais cela. Mais je sais aussi que la deuxième chanson, la chanson populaire, a perdu ses droits à l'originalité, par le fait même qu'elle est tombée dans le domaine public. Ce n’est plus la chanson de tel ou tel auteur, C’est la chanson du peuple. Le peuple l'a chanté sans se demander d'où elle vient, sans s'inquiéter si elle est conforme ou non au texte original, Illa chante parce qu'il l’aime, Et quand une occasion se présente de la modifier plus où moins pour l'adapter aux circonstances, aux besoins du pré chanson d'actualité, Je voudrais sance au monde qui e moditication !

sent et en faire une bien connaître ln puisimpêchera le peuple de faire cette

Voilà mon cas. Et voilà mon excuse,

On dira: mais vous défigurez l'œuvre de l’auteur ! — Pardon, il n'y a pas de‘danger pour cela, La mémoire du peuple n'est pas un répertoire d'œuvres littéraires ; la légende n'est pas un criterium d'originalité Soyez tranquille, dans cinquante ans, duns cent ans, si vous le voulez, on ne consultera pas lt tradition popuinire pour connaitre la chanson originale de Gérin-Lajoie ; on ira tout droit aux annales de In littérature: c’est là qu'est le répertoire et le criterium.

On dira: mais vous n'êtes pas le peuple, pour proposer une telle modification. — Non, sans doute, je ne suis pas le peuple. Aucun individu n'est le peuple Et avec cette raison-là, jamais personne, parmi le peuple, n° tait le droit de prendre l'initiative, C’est absurde, Il suffit de savoir que l’on répond à un besoin, à une aspiration du plus grand nombre. Et la preuve que je ne me suis pas trompé à cet égard, c’est que partout où J'ai introduit ma modification du Canadien errant, elle à été accueillie avec approbation et avec louange. Il était réservé à mon honorable contradicteur de faire entendre la première, et heureusement, la seule note discordante.

On dira: mais quand mille autres chansons auraient varié avec le temps, au moins celle-ci: ln Canadien errant n'a jamais varié, même dans la bouche du peuple : et c'est mai fait que de ne pas la laisser ainsi, toujours conforme au texte original. Jamais varié / En êtes-vous bien sûr ? Informez-vous, et vous trouverez vite la preuve du contraire. Je soutiens qu'il s'est déjà glissé des modifications, antérieures à la mienne, dans le texte, voire même dans l'air de cette complainte. Elle a eu le sort de toutes les chansons

Populaires, La que

stion est donc de faire prévaloir les modifications le

s plus heureuses, celles qui répondent le mieux aux besoins du présent, et aux aspirations du peuple,

Quant aux raisons qui m'ont inspiré dans ma propre modification, je les ai suffisamment exposées dans ma dernière Correspondance, J'ai cru faire acte de patriotisme en appliquant cette chanson à tous nos Canadiens errants d'aujourd'hui qui sont des exilés volontaires, et aux oreilles desquels il est toujours bon de faire son-

ner la note du retour, le rappel de la patrie, Et j'estime ‘que ce patriotisme-là doit bien en valoir un autre qui

consiste à s'extasier, à.se pâmer d’admiration de les nobles folies de nos grands imprudents de 1837.

Par bonheur, il n'y à pas d'opposition sur ce point, Mr Germain Beaulieu déclare lui même que

vant

ce sernit

romance pour les exilés de 1537 et une autre romance pour les

actuels,

Dans mon idée, lu complainte de Gérin-Lajoie répond parfaitement à ce double besoin, et il es sible de mieux faire.

Voulez-vous chanter pour les exilés de 1837:

Chantez, dans le texte même de Gérin Lajoie :

bien d'avoir une

exilés volontaires des temps

t impos-

Un canadien errant Banni de ses foyers...

Voulez-vous chanter pour les exilés nos jours? Chantez la mé modifiée par moi :

volontaires de me complainte, telle que

Un canadien errant Loin de ses doux foyers ”

HOPCCGESECEG Ge

Ces dernières explications eurent plus que l'effet désiré; car non seulement elies donnèrent satisfaction à mon ami, mais elles l'engagèrent même à déposer les armes et à baisser pavillon de la façon la plus chevaleresque par ce gentil morceau de poésie :

Fin de Polemique

SP

(À MR L'ABBÉ BURQUE)

Notre lutte ressemble un peu Aux combats pleins de courtoisie, Quand le champion, plein de feu, De l'antique chevalerie,

Mourait pour sa dame et pour Dieu.

Nous avons, d’estoc et de taille, Frappé bravement plus d’un coup, Et, dans mainte et mainte bataille, Montré qu'on s’amusuit beaucoup

A cette sorte de mitraille.

La plume fut notre canon; Notre champ fut “ L'Illustre Monde?

Et sans trompette ni clairon

Loin de tous les fracas du monde Vous n'avez demandé raison. ...

Et vous m'avez vaincu !.... Victoire Profitable aux deux combattants, Sans larmes tu donnes la gloire :

Aussi je le jure, longtemps

Tu fleuriras dans ma mémoire!....

Un jour

Mais, à Vainqueur, sur vos lauriers

Ne vous endormez pas: la bri

se

Dépouille à la tin les rosiers. .., Faut-il que je vous contredise Toujours, Pour que vous écriviez ?

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