DOULEUR ET CONSOLATION
Poëme composé en IN70, enseignant la résignation à In volonté
de Dieu, au milieu des plux dures épreuves, [faut
faire un peu large la part de l'ima:
Hination dans les sentiments d' amertume caunés
par la douleur et allant ne 4 Une sorte de vague désespoir, Ce
manque de pondération est le défaut habituel des jeunes gens qui
versent dans la poésie sentimentale, Mais Le
contraste, entre un tel état de sombre dé ‘pression et
l'état de résignation pérfalie qui vient après, d'en est que plus éditinnt,
Un tertre... un monument... c’est ici, je m'arrûte ; Je ne vois pas le nom; mais je me sens frémir. ,
C'est ici qu'est ma mère!... Oh! absent tête. J'ai besoin de pleurer... de crier... de gémir.
Ma mère, je te cherche , et je viens sur ta Libé C'est moi ; je suis ton fils : et je souffre ici-bas. . Comme un oiseau blessé, voilà que je succombe. .
O ma mère, c'est moi..., ne tr'entendras-tu pas ? ?
Que le ciel est obscur !... Comme la nuit est sombre!., Le vent siflle, en passant, de funèbres accords
Tout st lugubre ici... tont soupire dans l'ombre :
Le deuil règne en ces Se c'est la terre des RE Eh! bien, moi, je m'y plais: je suis près de ma mère, Ma mère !.... L'écho seul a retenti Ià- -bas..
C'est en vain que j'appelle en frappant sur 7 trie, O ma mère, pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Reconnais :lone ma voix; c'est encore la même : C'est la voix de ton fils que tu chérissais tant, Enfant, je te nommais et ton amour extrême M'attiruit sur ton cœur, sur ton sein palpitant
Eh! bien, je t'aime encore, encore davantage...
Que ne puis-je te voir !,.,, m'élancer dans tes bras ! Car je meurs .. je perds force. . espérance. ,courage, , O ma mère, pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Hélas ! qu'ils étaient beaux les Jours de mon enfance! Qu'ils étaient beaux, les jours où j'étuis avec toi !
Tu lisais dans mes yeux la joie et l'innocence :
Tu bénissais le Ciel et tu vivais pour moi... Pourquoi m'a-t-il fallu, dans un Âge si tendre, Connaître, par ta mort, les horreurs du trépus ?
le fallait-il sitôt duns In tombe descendre ?,...
O ma mère, pourquoi ne tre réponds-tu pas ?
Un jour, tu fus frappée, à ma mère chérie!
Pouvais-je concevoir que la mort étuit là ?
Ton âme vit s'ouvrir la céleste patrie...
Mais moi, j'avais dix ans... et mon cœur se troubla. Inutiles regrets... inutiles prières, ..,
Tu mourus. ;: Cu partis... tu nous abandonnas. Que de gémissements!.... Que de larmes amères!.. O ma mère, pourquoi ne me réponds-tu pas ?
On respirait à peine... On pPriait en silence...
Le ministre de Dieu t'entretennit du Ciel...
Une lampe blafarde éciairait ta soutfrance...
O moment d'agonie!..,, O spectacle cruel! ..,
Un regard... un soupir....ettes yeux se fermèrent.…. Je voulus m'avancer. mais je ne fis qu'un pas...
J'étais anéanti!.... Mes sanglots éclatèrent.. .. O ma mère, pourquoi ne me réponds-tu pus ?
th
Et le troisième jour, un funèbre cortège Suivait, sur le chemin, le chariot des morts
On voyait onduler, aussi blanc que In neige,
Un drap sur le cercueil qui renfermait ton corps. .., Le sol était creusé... ln fosse étuit béante. .…. En vain je suppliais et je tendais les bras.
Tout fut enses eli sous la terre glunnte.
O ma mère Pourquoi ne me réponds-tu pas ?
Bien des jours sont passés depuis cs jour funeste ;
Voilà bientôt dix ans que je marche sans toi... Le temps fuit, non ma peine ; il est toujours un reste D'indicible douleur qui se retrouve en moi...
Je te cherche, à ma mère, et je viens sur ta tombe : C'est moi, je suis ton fils; et je souffre ici-bas.. , Comme un oiseau blessé, voilà que je succombe
O ms mère, c'est moi: ne m'entendras-tu pus ?
Pour me soutenir dans la vie,
Que n'ai-je pu garder ma sœur ?
Mais elle aussi me fut ravie
Plus rien qui console mon cœur !
Elle était bonne, elle était tendre ; Ah! qu'il m'aurait plu de l'entendre Me parler d'amour et de foi !
Son âme aurait compris inon âme ; Sa parole, coinme un dictame, Aurait guéri le mal en moi !
Je traine ma douleur intense ; Je languis la nuit et le jour ;
Et pour soulager ma souffrance, Nulle affection, nul - nour !
Aux chagrins qui font mon supplice, Au tiel qui remplit mon calice,
Nul cœur ne preud part avec moi...
Je suis seul, hélas! sur In terre:
C'est pour cela qu'au cimetière,
O ma mère, je viens à toi,
Les bois, les ruisseaux, les prairies, Ont su me plaire et m'égayer ; Mais les campagnes sont flétries , Je vois les arbres s'effouiller....
Je n'ai plus qu'à verser des larmes :
La nature a perdu ses charmes, Ainsi que moi tout mon »onheur,
Les vents sifflent : voici l'automne ; Et la douleur qui m'environne Augmente encore ma douleur.
J'ai dit: que m'importe le monde ?
Le monde est cruel à mes yeux !
Il n'est personne qui réponde
Au cœur affigé, malheureux. ...
De tous côtés règne le vice, L'orgueil, le plaisir, l'avarice. . ..
On ne connait plus la pitié,
On reste sourd à l'indigence,
On se moque de l'innocence
Et l'on se rit de l'amitié,
J'ai dit: que m'importe la terre ?
La terre est livrée au malheur,
Tout est rêve, tout est mystère,
Tout est chagrin, tout est douleur !
Je m'en vais comme une ombre vaine,
Et je porte partout la chaine De mes noires déceptions... .
Mes jours se comptent par des songes la ne sont pleins que de ietisonges
Et d'amères dérision
J'ai dit: que m'importe la vie ?
La vie est la coupe du mal!
Faut.il vider jusqu'à ln lie
Ce calice niner et fatal ?
Le cœur broyé par la soufirance Ainera-t-il une existence
Triste et froide comme un tombeau ?
Je tremble, l'hesite et je doute,
Et la nuit se fuit sur ma route...
Je murche déjà sans tlambeau !
N'est-ce pans assez d'infortune ?
Assez d'inutiles désirs 2...
Le monde joyeux m'importune ;
À d'autres que moi les plaisirs!..., Je veux être cendre et poussière ; Mon œil se ferme à ln lumière ; Mon âme se ferme à l'amour,
Voilà jusqu'où va mon délire :
O mort, c'est à toi que j'aspire ; Qu: lu tombe soit mon séjour !
O ma mère, je t'en conjure,
Viens sauver ton malheureux fils ; Viens me guérir de ma blessure :
Entends ma prière et mes cris...
Reviens à moi, reviens sur terre... ,
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Si je reste ainsi solitaire,
Je crains d'outrager le Seigneur..., Depuis que tu me fus ravie 6
Le fiel empoisonne ma vie ;
La mort atfreuse est dans mon cœur !