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Or, j'étais là, pleurant, à ge
noux sur la tombe ; Et ma VOIX, COmn::
‘un bruit qui s'élève et qui tombe, Montuit pour red cendre et se perdre en sanglots,
Je voulais que mes cris éveillassent ma mère ;
Je voulais que mes pleurs, à travers la poussière, Allassent ranimer ses os!
Tout à COUP, je plis, je tre Puis il me semble voir Remuer, s'agiter J'entenduis
mble, je frissonne :
tout ce qui m'environne
» Partager ma frayeur...
sûrement une voix dans les ombres :
Le ciel se remplissait
de nuages plus sombres ; Et la voix in'allait Jusqu'au cœur !
“ Le Seigneur, disait-elle, Un regard mena( Contre les insen
a jeté vers le monde ant où sa colère gronde
sés qui ne l’adorent pas.
Il les supporte encore ; et vo Mais bientôt irrité de
ilà sa clémence s leur impertinence, Illes frappera de son bras,
Il à créé les cieux... il a créé la terre...
L'univers tout entier Je reconnait pour Père...
Mais s'il est grand et bon, n'est-il Pas juste aussi ?
Hé quoi ! si l'homme souffre, et si la mère expire, Si l'enfant reste seul et si le cœur soupire N'est-ce pas qu'il le veut ain::
Sa justice est terrible et sn volonté unte!.,, Malheur à qui, sans droit, fait retentir su piainte Quand In main du Seigneur se plait à l'éprouver Malheur à qui, la nuit, au sein du cimetière, Vient profaner ln tombe, insulter à sn nère,
Lui demander de se lever !
À celui qui murmure, à celni qui blasphème,
À celui qui s'irrite, à celui qui va mêue Jusqu'à vouloir le sort de la brute des champs ; À celui qui n'a point de vertus dans son âme... À cet ingrat, malheur !-—Malheur à cet infâme !,
Il aura le sort des méchants.
Il se tourmenterà dans sa désespérance, Et ne boira toujours qu'amertume et souffrance. En vain l'air sera pur et le ciel sera beau,
On le verra frémir et s'agiter encore ;
Muis le mal en son cœur, Come un ver qui dévore, Le rongera jusqu’au tombeau !”
La voix, c'était ma mère, ou bien mn conscience, Réprouvant les erreurs de mon intelligence,
Et changeant à l'instant le cours de mes transports.
Mes yeux s'ouvraient enfin ; J'apercevais mon crime :
Et je sentais mon cœur, comme un immense abime, S'emplir de honte et de remords.
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La sueur, de mon front, découlait goutte à goutte... Hélas ! j'avais horreur du blasphème et du doute, Et la grâce de Dieu se faisait jour en moi.
Au milieu de la nuit, quand l'azur se dévoile, Le matelot, joyeux, découvre son étoile ;
Ainsi je découvris la foi,
Alors, je me souvins des vertus de ma mère,
De ses soupirs vers Dieu, de sa douce prière,
De son dernier regard au moment de partir...
Tout cela m'accablait, me brisait à cette heure : |
Et je pleurai longtemps comme un coupable pleure Quand il se livre au repentir.
C'était la paix, la Joie, après une tempôte ; Et reprenant Courage, et relevant la tête, Avec un long sanglot, je m'écriai : “ Seigneur !
Seigneur, pardonnez-moi ; je reviens ; je vous aime! Mes regrets sont amers, ma douleur est extrême... Ah ! je reconnais mon erreur !
C'en est fait, 5 mon Dieu, c'en est fait de ma vie :
Si mes égarements l'ont déjà tant flétrie,
Pour mes égarements je suis prêt à mourir !
Mourir!.. Ou plutôt non. Laissez-moi vivre encore, —
O le Dieu de ma mère ! 6 le Dieu que j'implore !— Pour expier et pour souffrir.
Tourmentez-moi, Seigneur, comme la feuille aride Que les vents déchaînés, dans leur course rapide, Font voler dans les airs et rejettent soudain... Comme un esquif battu par la vague et l'orage,.... Comme ces champs de blé que l’aquilon ravage.... Car de souffrir J'ai soif et faim !
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Vous ne me verrez plus demander à la terre Un bonheur mensonger, un plaisir délétère, Qui, toujours, à la fin désenchante et flétrit.... C'est en vous seul, Seigneur, c'est dans votre service, Que j'espère trouver, toujours pure et propice,
La paix du cœur et de l'esprit,
Dans la tranquille nuit de sa tombe sacrée,
Je laisserai, Seigneur, ma mère vénérée Dormir de son sommeil innocent et pieux ; Car vous avez bien fait, à divine sagesse !
De l’arracher sitôt à ma folle tendresse Et de l'enlever dans les Cieux.
O Maître de la mort I—O Maître de la vie!
Que votre volonté soit donc toujours bénie. ... À vous seul de fixer le jour, l'heure, l'instant Où chacun des mortels doit quitter cette terre, Vous fallût-il produire, —insondable mystère, — L'abandon le plus attristant.
À vous seul de Juger quelles sont les épreuves Où nous devons Passer, pour vous donner des preuves
D'amour, d'obéissance et de soumission...
Fussions-nous écrasés par les croix les plus dures, À nous de conserver nos âmes toujours pures
Dans l'humble résignation.”
Je dis, et je jurai de retremper mon âme, De consacrer ma vie avec zèle, avec flamme, Au Dieu puissant et bon qui m'avait rappelé.
Depuis, j'ai rencontré de nouvelles alarmes, Et j'ai souffert encore, et j'ai versé des larmes. Mais toujours Dieu m'a consolé.
Ur.
Et Dieu consolera mon existence entière !...
Quand je vais, maintenant. ln nuit, au cimetière, Ce n'est plus pour gémir, lâchement soupirer : De ma mère et de Dieu l'amour seul m'y dirige... La douleur sans la foi n'est qu'un sombre vertige. . J'y vais prier et non pleurer.
Car je vois clairement l’heureuse destinée Que le Seigneur prépare à l'âme infortunée Victime, en cet exil, des affres du malheur... Un jour, laissant la terre, et dépouillant sa fange. Au ciel je m'en irai, sur les s de mon anve, »
Rejoindre ma mère et ma sœur !