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STUPIDITÉ DE LA VAINE GLOIRE

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aitres dindons, un jour, avec force réclame

En gros caractères de flamme,

P@ Annoncèrent partout un spectacle nouveau

Par eux-mémes donné, spectacle le plus beau

Qu'on ait jamais vu sur la terre !

Alléchés par un tel mystère, Les animaux des bois, des airs, des basses-coura, Vinrent de toutes parts. —T1 fallut plusieurs jours Pour installer en ordre une foule si grande.

Entin la troupe actrice apparait et Commande

Le silence et l'attention,

Hélas ! quelle exhibition

De sottise, de pédantisme.

De ; iine gloire et d'égoisme !

Le projet des dindons était de se montrer, D'éblouir tous les yeux; de se faire admirer. Leur Corps se dilata, leurs plumes se renflèrent, Appendices charnus à lunr cou se gonflèrent ; La queue en éventail, lu tête sur le dos, Tournant, pirouettant, se croyant des héros,

Et jusqu'à terre trainont l'aile,

Dans leur posture la pius belle.

Is éclataient bientôt en glouglous etfrayants, Et, dans leur majesté, dans leurs airs triomphants,

Montraient avec quelle allégresse

Ils opéraient cette pronesse !

Spectacle ridicule. — Au lieu de admirer, L'auditoire, aussitôt, ne Fit que l'exécrer.

Il s'éleva dans l'air une clameur immense, Dégoûtés, irrités d’une telle insolence, Faisant éclater leur dépit, D'un même cœur, d’un même esprit, Tous les spectateurs se levèrent, Contre l'orgueil se récrièrent, Et siffèrent enfin les dindons confondus.

Leur indignation grandit de plus en plus.

C'est depuis ce jour-là que la re «9: dindes, Sur la terre, partout, jusqu'au. contins des ‘ndes,

Est, pour su vaine gloire, un ec de mépr 2.

Voilà l'antique fait.— Maintenant, chers amis,

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