ROUERIE DES BRIGANDS
Les loups, depuis longtemps, duns leur malice extrême, Rôdaient autour du clos, cherchaient un stratagème Pour dévorer d'un Coup, le troupeau tout entier : Carcasse de mouton est si tendre à croquer !
Un bon jour, l’un d'entre eux harangua ses confrères : “ Accourez tous ici, venez, mes chers compères,
Je viens de découvrir une brebis galeuse !
Déposons maintenant notre humeur belliqueuse ; Usons de ruse enfin, c'est la ruse qu'il faut ;
Nous allons dénoncer, en bloc, tout le troupeau,
Et gagner le pasteur à faire notre affaire !
Vous demandez comment ? La chose est toute cluire : Qu'il chasse les brebis duns les champs, dans les bois, Soudain, nous voilà tous à des noces de rois ! Atffublons-nous d'abord. pour tromper davantage, Des toisons des agneaux dont nous fimes carnage
Et crions au pasteur contre l'infection !
Pour sauver les petits de la contagion,
Ne chassera-t-il pas ces brebis gangrenées ?"
À ce discours, voilà les bêtes forcenées Au comble de la joie : on gambade et l'on rit -
D'un triomphe certain chacun se réjouit !
Bientôt, les voilà toux, en phalanges serrées
Peaux d'agneaux sur le dos, et les gritles rentrées, Tête basse et dolente, avec pieurs dans les yeux, Les voilà gémissant, criant à qui mieux mieux Que la peste, la gale a gangrené leurs mères,
Que les pauvres agneaux ont horreur des ulcères, Et que, pour les sauver, le pasteur aussitôt
Doit chasser les brebis, bien loin, sans dire mot !
* Holà! dit le pasteur, satanés escogrittes,
Je vois vos yeux brüûlants et vos dents et vos grittes ! Votre voix vous trahit, car au lieu de bêler,
Vous ne faites toujours que gronder, que hurler ! Votre allure, vos traits me révèlent vos crimes.
Et vous cherchez encor de nouvelles victimes !
Vous avez mal posé la laine sur vos dos!
Vous êtes loups! Je vois vos atroces complots !
C'est vous qu'il faut chasser : décampez au plus vite, Ou gare le fusil et mon chien qui s'irrite ! ”
Les loups, désappointés, regagnèrent le bois, Honteux d'avoir encore été si maladroits !
Le pasteur supprimu la hôte malheureuse
Le troupeau fut snuvé Par sn main Ccouragetise, Les AKDEAUX, Fasatirés, suivirent les brebis,
Et l'on chanta bientôt : Paix dans tous les esprits!
Mal d'un particulier n'est pas mal de tont homme, Et quel zèle effrayant de vouloir qu'on assomime, Pour les fautes d'un seul, un état tout entier ! Chrétiens, Iniss % nux loups ect ignoble métier !
Loups avec loups
PODODDOGGAee IMPUDENCE DEs£ COQUINS
Un loup parmi les loups est toujours en faunille, Effanqué, dévorant, comme eux, Traitant comme eux de peccadille Le massacre le plus affreux.
Un rat parmi les rats trouve toujours sa place : Il partage si bien leurs goûts, S'engraissant comme eux de la crasse Et de l'ordure des égoûts,
Toute société montre sun caractère Par les membres qu'elle s'adjoint :
On voit ainsi plus l'un mystère Ne dissiper sur plus d'un point,
Voleur avec voleur. ivrogne avec ivrogne :
Libertin avec libertin :
Car tous les méchants, sains vergogne,
Ont même mœurs et même instinet
Voyez ce criminel rempli de pourriture, Objet d'horreur parmi les siens :
Vous le croyez une souillure,
Un rebut pour tous les chrétiens :
Hélas ! c'est une erreur :—lui seront favorables Grand nombre de sociétés Pour lesquelles ces misérables N'ont jamais trop d'iniquités
On lui pardonnera toutes ses forfaitures, Les blasphèmes qu'il a vomis, Ses scandales, ses Hétrissures,
Tous les crimes quil a commis.
On Île regardera comme un grand personnage ; On célébrern ses exploits ; On l'élévera comme un sage,
Dans les faveurs et les emplois.
Quand même on sentirait, Pour un te
dans le tin fond de l'âne, — l'inonstre —du mépris,
On chérirait toujours l'infâme,
Aflectant des nirs
attendris,
Méme on ñffectera de pleurer sur sn tombe Quand la mort l'aurn terrassé :
“ Faut-il qu'un tel homme succombe ! ”—
Diront-ils d'un ton
convulsé,
La raison d'un tel fait se devine sans peine : Le point commun est évident :
C’est la méchanceté, la haine, Ou le déshonneur impudent,
lus un but est mauvais, plus on afte Avec soi des gens dépravés :
On prendrait le diable en personne, L'Enfer avec ses réprouvés |
ctionne
Voulons-nous exprimer tout ce dévergondage Par un seul terme clair et net ?
Ce terme est dans le vieil adage :
Similis simili gaurlet,
Chiens et Loups en société