INFAMIE DE LA MAUVAISE FOI
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Trois loups avec dix chiens, un Jour, se rencontrèrent.
Les lorps, plus effrontés, aussitôt proposèrent
Une société poux chasser en commun,
“ Et surtout, disait-il, rien de plus opportun
Que de nous garantir une justice évale.
En toutes nos ditlic. 44,
Il faut que les majorités,
Avec une âme impartiale, Et par une entente loyale, Respectent les minorités.”
À ce noble contrat les nobles chiens promirent Le plus complet assentiment.
Avec un tel engagement
Tous les confédérés en campagne se mirent, Tout alla bien, fort bien, dans les occasions Où les chiens généreux, tenaient les rations
Par la force du nombre et le nombre des dents ;
Car s'en tenant à leur promesse,
Ils accordaient avec largesse
La part des amis dépendants,
Revirement complet quand les loups hypocrites, Deux ou trois contre un seul, disposaient des marmites. Car, oublieux de ses mérites, Ils repoussuient le pauvre chien, Qui, pour sa part, n'avait plus rien...
En vain leur montrait-il combien Cette injustice de corsaire Etait odieuse et contraire A l'honneur, aux serments, à la foi des contrats... Les loups, plus acharnés, en riaient aux éclats, Faisant ti de toute justice Et ne cachant plus leur mulice De menteurs et de scélérats,
MORALE
Or, nous n'avons qu'à voir l'humaine politique, Pour être convaincus que cet art satanique De trahir la faiblesse et les minorités, Est aussi bien le fait de nos majorités Que le fait de celles des bêtes.
Ces majorités malhonnêtes.
Usant de leur droit du plus fort, Oubliant le noble support
Que nous donnons à leurs confrères, Nous font les plus stupides guerres Et nous accablent de misères !
Au dire de ce monde étroit, Nous n'avons pas l'ombre d’un droit...
L'unique moyen de leur plaire Est de sacrifier nos plus chers intérêts :
Langue, religion, écoles. ... vains hochets. ... Et même, pour les satisfaire, Nous faudrait-il mourir comme indignes sujets !
Dates
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#Kausats
Chiens se moquant des loups
GRANDEUR DE LA FIDÉLITÉ — nt 4 D de eur —
Les loups, en cherchant à s'instruire Dans les gros livres des savants, Un jour, arrivèrent à lire
Que les chiens étaient leurs parents.
Flairant aussitôt leur affaire, [ls dirent : Voici du renfort !
Et s'avançant vers la clairière, Ils sortent d'un commun accord,
Que cherchent-ils ? Une entrevue Avec messieurs les nobles chiens.
Que veulent-ils ? Ils ont en vue De les Sagner comme soutiens.
“ Bonjour, amis, grande nouvelle !
On lit que nous somines cousins :
Donc notre existence mortelle Doit couler par mêmes chemins.
Pour vous, hélas ! quel esclavage ist le vôtre, er captivité !
Oh! si vous saviez l'avantage De notre chère liberté !
Unissons-nous pur alliance,
Nous aurons les mêmes bienfaits :
Oublions rancune et vengeance, Etc signons un traité de paix.
Votre appui nous est nécessaire Autant que le nôtre à vous tous, En quête de la bonne chere, Unis, qui tiendra contre nous ?
Auprès des brebis grassouillettes Vous nous introduirez d'abord ;
Agneaux, dindons, poules replètes Nous mangerons avec transport !
Nous vous régalerons ensuite Des friandises de nos bois,
Où nous tenons toujours marmite Abondante et douce à la fois,
Car là, les plaisirs de la chasse, Nous les goûtons incessamment :
Est-il un emploi qui surpasse
Un exercice aussi charmant ?
Et sous le rapport militaire,
Songez que nous sommes puissants :
Nous sommes rompus à la guerre, Nous avons de terribles dents !”
Les nobles chiens, à ce langage, Se sentirent tout irrités :
“ Assez, loups, de ce bavardage, Vraiment, nous sommes insultés,.
Si nous avons même origine, Aujourd’hui, c’est tout différent :
Parmi vous, la race canine
Ne connaît plus aucun parent.
Ayant forfait à la nature,
Vous avez forfait à l'honneur :
Monstres, brigands, vile roture, Vous êtes des objets d’horreur !
Maudits soient vos conseils de traitres !
Jamais nous n'irons avec vous, Abandonner, trahir nos maîtres !
Non! Nous ne sommes pas si fous,
On nous choye dans la famille :
Nous aimons, nous sommes aimés !
Qu'importe à nous la pacotille
Des biens dont vous êtes charmés ?
Notre maison, notre apanage, Vaut mieux que votre liberté :
Vous ne vivez que de carnage, Nous ne vivons que de bonté !
Et lu chasse, quoi qu'on en dise, Parait bien rare duns vos bois :
Vos maigres flancs, avec franchise, Admettent qu'ils sont aux abois !
Vous n'aurez pas notre volaille, Ni nos agneaux, ni nos brebis :
S'il le faut, nous sommes de taille À combattre pour nos amis !
Nous faire peur n'est pas facile :
Nous avons des dents, nous aussi !
Race non moins lâche que vile, Allez, retirez-vous d'ici !
Il vous appartient de séduire,
Car c'est là l'œuvre des démons !
Mais jamais vous ne pourrez dire Que le stigmute est sur nos fronts !
Ni stigmate d’upostasie,
Ni stigmate de lâcheté,
Arrière votre hypocrisie !
Vive notre fidélité !”
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MORALE
C'est ainsi que les chiens eux-mêmes Donnent à l'homme des leçons :
Leurs discours sont des anathèmes Contre renégats et poltrons
Comme les chiens, la race humuine Est en butte aux séductions :
L'orgueil, la colère, la haine Causent mille défections,
Honte aux séducteurs qui concertent La bussesse et la trahison !
Honte aux malheureux qui désertent Et patrie et Religion !
DL
SE CHIEN er LE ÊtEVRE SSL S Sr FORCE DU NATUREL
Un lièvre, un jour, fit la folie De voyager en compagnie De maitre chien qui le pria.
De part et d'autre, on se jura Une amitié forte et sincère.
Le chien disait : “ Mon chère confrère, Ne craignez rien, Je saurai bien Vous protéger et vous défendre.” — Et l'autre disait, d'un cœur tendre :
“ Moi si peureux, Je suis heureux De voyager entin sans crainte Qu'on me poursuive et qu'on m'éreinte. ...
Du bruit! Qu'est-ce ?” Un autre mâtin, Sortant du bois, parut soudain. ...
Se croyant perdu sans ressource, Le lièvre, aussitôt prend sa course, Les deux chiens courant après lui !.... Il n'existe plus aujourd’hui, Car il fut pris et mis en pièces.
Vaines promesses !
Qui l'attrappa ?
Qui l'étrangla ?
Le même chien qui, tout à l'heure, Disait : “ À peine que j'en meure, Je vous défendrai contre tous.”
Mes chers amis, que pensez-vous De l'occurrence ?
Pour moi, je pense Que le penchant, le naturel, Est un tyran universel Dont il faut redouter sans cesse L'empire et la scélératesse.
Le poète l'a dit :—on ne le sait que trop — “Chnssez le naturel, il revient au galop."
Cheval qui change de caractère
mme | BÊTISE DE LA BRUTALITÉ Re ne Un homme intelligent, patient, méthodique, Avait un cheval magnifique
Dont il savait tirer un labeur précieux, Par des moyens judicieux.
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La bête, entre ses mains, était irréprochable Et d'un caractère admirable.
Un homme diflérent en tit un jour l'achat, A vant que son maître approchât,
Le cheval, par instinct, fut pris d'inquiétude. Il eut un sort benueoup plus rude.
Nul soin, brutalité, cris, colères, jurons, Et des grêles de horions!
À quelque temps de là, notre propriétaire Honteux, ne sachant plus ne faire,
S'en vint trouver l'ancien possessenr du cheval, “ Venez «once voir cet animal,
Dit-il ; il ne m'est plus, vraiment, d'aucun service : Est-ce le mul ? Est.ce le vice ?"—
“ Le mal assurément, lui dit l'autre aussitôt, Car vous le chargez beaucoup trop ;
Vous ne lui donnez pas assez de nourriture, Et votre manière est trop dure ;
Puis son harnais le blesse, et ses pieds déchirés Sunt à peine à moitié ferrés ”!
Un quidum écoutait. Il se init à sourire.
Et ne put s'empêcher de dire :
“ Vous avez bien touché ce bourreau que voilà :
Rien de plus vrai que tout cela !”
Un parfait serviteur, il faut le reconnaitre, Est souvent gâté par son maitre.
Aussi bien l'on dira: tel maître, tel servant. Qu'on dit : tel père, tel enfant.
Le Coq et l'Oie