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COMMENT ON DEVIENT DES ENFANTS DE DIEU

« Ils ne sont pas nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu ^. » Quoiqu'il nous ait donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, et que nous concourions à notre génération parla foi, dans le fond pourtant elle vient de Dieu, qui met en nous cette céleste semence de sa parole, non de celle qui frappe les oreilles, mais de celle qui s'insinue secrètement dans les cœurs. Ou»"^ns-nous donc à cette parole, dès qu'elle commence à se faire sentir: dès qu'une suavité, une vérité, un goût, un instinct céleste commence en

1 Luc, XX, 3G. — 2 Pelr,^ iv, 15, 16. — 3 n Tiowth., in, 12. — * Philip., IV, 13. — ^ Jo:m., i, 13.

nous; el que nous son Ions quelque chose qui veut <Mre supérieur au monde et nous inspirer tout ensemble et le dégoût de ce qui passer et qui n'est pas, et le goût de ce qui ne passe point et qui est toujours. Laissons-nous conduire: secondons ce doux eflet que Dieu l'ait en nous pour nous attirer à lui.

Ce n'est point en suivant la chair et le sang que nous concevrons ces chastes désirs : ce n'est point par le mélange du sang, par le commerce de la chair, par sa volonté et par ses désirs, ni par la volonté de l'homme, que nous devenons enfants de Dieu: notre naissance est une naissance virginale, et Dieu seul nous lait naître de nouveau comme ses enfants.

Disons donc avec saint Paul « que quand il a plu à celui qui m'a séparé du monde, incontinent je n'ai plus acquiescé à la chair et au sang ^ : » je me suis détaché des sens et de la nature incontinent. » Incontinent : la grâce ne peut souffrir de retardement : elle se retire des âmes languissantes et paresseuses : l'épouse fait la sourde à sa voix, et tarde à se lever pour lui ouvrir : elle court pourtant à la fin ' : » il n'est plus temps, il s'est retiré rapide dans sa fuite autant qu'il était vif dans sa poursuite. « Tirez-moi, et nous courrons ^ : » dès la première touche, il faut courir et ne languir jamais dans notre course.

XV^ ÉLÉVATION

SUR CES paroles: le verbe a été fait chair, le verbe fait chair

EST la cause de LA RENAISSANCE QUI NOUS FAIT EiNFANTS DE DIEU.

Après avoir proposé toutes ces grâces des nouveaux enfants que la foi en Jésus-Christ donne à Dieu, saint Jean retourne à la source d'un si grand bienfait : « Et le Verbe a été fait chair, et ii a habité parmi nous, et y a fait sa demeure, et nous avons vu sa gloire comme la gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité *. » Pour nous faire devenir enfants de Dieu, il a fallu que son Fils unique se fît homme : c'est par le « Fils unique » et naturel que nous devions recevoir l'esprit d'adoption: cette nouvelle filiation qui nous est venue n'a pu être qu'un écoulement et une participation de la filiation véritable et naturelle. Le Fils

1 Galat., I, 15, 16. — « Cant., v, 2, 3, 5, 6. — « Ihid., i, 3. — » Joan.^ I, 14.

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