‹ Elévations sur les mystèresChapitre 128 sur 229 · EST DONNÉ · texte numérisé non relu

EST DONNÉ

« Le huitième jour on vint circoncire l'enfant; et ils lui donnaient le nom de son père, Zacharie; mais Elisabeth répondit que son nom était Jean. On lui remontrait que personne n'avait ce nom dans leur parenté, et en môme temps ils demandèrent par signes à son père quel nom il lui voulait donner; et il écrivit sur des tablettes que Jean était son nom 2. » On connut donc par le concours du père et de la mère à lui donner ce nom extraordinaire dans la famille, qu'il était venu d'en haut, « et tout le monde était étonné. » Le nom de Jean signifie grâcey piété j miséricorde ; et Dieu avait destiné ce nom au précurseur de sa grâce et de sa miséricorde.

11 paraît que Zacharie, à qui on ne parlait que « par signes ^, » n'était pas seulement devenu muet par son incrédulité, mais que l'ange l'avait encore frappé de surdité : mais l'ouïe lui fut tout à coup rendue avec la parole, quand il eut obéi à l'ange, en donnant à son fils le nom de Jean. L'obéissance guérit le mal que l'incrédulité avait causé : à l'instant celui qui n'entendait rien que par signes et ne parlait qu'en écrivant, « eut la bouch« ouverte » et entonna ce divin cantique.

» Luc, I, 65, 66. — 2 ibid., 59-63. — ^ Ibid., 62, G4.

LE CANTIQUE DE ZACIIARIiî : PRPZMIÈRE PARTIE I QUELS SONT LES ENNE- MIS DONT JÉSUS-CHRIST NOUS DÉLIVRE ET QUELLE EST LA JUSTIGB qu'il NOUS DONNE.

« Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël *. » C'esl après ôtre denneuré longtemps muet, une soudaine exclamation pour exprimer les merveilles qu'il avait été contraint de resserrer en luimême, louchant le règne du Christ qui était.venu et qui bientôt allait paraître. C'est ce qu'il voit dans son transport, et voit en même temps la part qu'aura son fils à ce grand ouvrage, qui sont les deux parties de cet admirable cantique.

C'est pour la gloire de Jésus-Christ le témoignage d'un prêtre célèbre parmi le peuple, et aussi savant que pieux. C'est pourquoi toutes les paroles de son cantique ont de doctes et secrets rapports aux promesses faites à nos pères, et aux anciennes prophéties.

Il commence donc par bénir ce Dieu, « parce qu'il a visité son peuple, et en a opéré la rédemption, » en lui envoyant son Fils, en qui « il nous a élevé un puissant Sauveur dans la maison de David son serviteur 2. » Voilà comme tout le monde connaissait que le Fils de Marie par elle sortait de David et en héritait la royauté.

Le mot de corne dont il se sert est un mot de magnificence et de terreur, qui dans le style de l'Écriture signifie la gloire, et en même temps une force incomparable pour dissiper nos ennemis. C'est ce que devait faire le Sauveur, sorti de David, pour la rédemption du genre humain.

Le saint prêtre nous fait voir deux choses dans cette rédemption : la première sont les maux dont elle nous affranchit, et la seconde sont les grâces qu'elle nous apporte.

Premièrement donc « il avait promis par la bouche de ses prophètes qu'il nous délivrerait de nos ennemis '^. » Quels sont les ennemis dont nous devons être délivrés ? Ce sont avant toutes choses les ennemis invisibles, qui nous tenaient captifs par le

1 Luc.y 1, 68. — 2 Ibid., 68, 69. — 3 Ibid., 70, 7L

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